‹ Nécropoles puniques de CarthageChapitre 192 sur 220 · liull. archéol, <lu Comité ^ 1004, cxciy-cxcvn · texte numérisé non relu

liull. archéol, <lu Comité ^ 1004, cxciy-cxcvn

brisée en haut. Elle mesure 0 m. 012 dans sa plus grande longueur.

D'autre part, M. Ghavannes vient de me remettre un lot de quelques monnaies romaines de l'époque impériale, provenant d'une trouvaille unique faite aux environs de Tunis, et remontant toutes au temps des Antonins ; une monnaie d'argent du roi des Thraces Odrysès Gotys, et une pièce de la République romaine.

2° M. Isaac Bessis, propriétaire à Tunis, a offert au Musée un très beau scarabée en cornaline rouge sang, monté sur or, long de Om.013 et large de Om.008. Cette gemme formait le chaton mobile d'un grand anneau sigillaire d'argent, trouvé sans doute dans un tombeau punique de Garthage, sans que j'aie pu savoir ni quand ni comment.

La face plate du scarabée est décorée d'un motif d'ornement très original, accosté de deux griffons, qui permet de le dater du ive siècle au plus tard.

Le même donateur avait précédemment offert au Musée quatre aurez byzantins provenant de Garthage et un intéressant fragment de statuette minuscule, un buste de Saturne, tel qu'il est figuré sur les stèles votives du Bou Kournéïn, la tête, très barbue, recouverte d'un voile.

3° M. le sergent Icard, du 4e régiment de tirailleurs, à Sousse, a bien voulu me remettre treize monnaies de l'ancienne Afrique, provenant d'un lot considérable de pièces analogues, recueillies par lui aux environs de Téboursouk. Toutes ces pièces étaient groupées sur un espace de quelques mètres carrés, situé à un kilomètre

environ de la ville, sur le bord de la route de Tunis, à l'endroit où celle-ci traverse en tranchée une colline rocheuse que couronne un marabout.

Au nombre d'un millier environ, elles étaient éparpillées sur le sol, à 0 m. 30 à peine de profondeur. La plupart sont frustes, ou paraissent même n'avoir jamais été frappées. D'autres, au contraire, ont été non seulement frappées, mais en outre poinçonnées à nouveau après la frappe.

Presque toutes ces pièces sont en bronze, de moyenne ou de petite dimension, et revêtues souvent d'une jolie patine verte. Elles présentent différents types, se rapportant pour la plupart à Carthage, quelques-unes à la Numidie autonome.

4° M. le lieutenant Jouanne, du 4e tirailleurs, m'a apporté pour le Musée du Bardo une très précieuse monnaie de bronze, recueillie en 1902 par un tirailleur de sa compagnie dans le jardin potager du régiment, à Sousse. Mesurant 0 m. 017 de diamètre, elle présente, à l'avers, une tête d'homme barbu et, selon toute apparence, cornue, vue de face ; au revers, une inscription koufîque.

L'effigie de l'avers présente une très grande ressemblance avec la tête barbue de Baal, qui figure au revers de certaines monnaies punico-latines frappées à Tingis sous Auguste j.

Quant à l'inscription du revers, elle a été déchiffrée d'une manière certaine par M. Roy, secrétaire général du Gouvernement tunisien, qui la lit ainsi :

^LJj;: ^>j*> frappé à Tlemcen .

1. Cf. Millier, Numismatique de V ancienne Afrique, t. III, p. 146, a™ 231-232, et suppl., pi, III, n<> :;.

Cette monnaie, unique en son genre, a donc été frappée dans les premiers temps de la domination arabe. Il est curieux d'avoir à constater que les nouveaux maîtres de l'Afrique, contrairement à leur habitude et aux prescriptions de la loi musulmane, ont conservé sur cette monnaie une effigie, et qu'ils l'ont empruntée, non pas au Panthéon gréco-romain, mais à la religion punique.

(Plusieurs membres de la Commission élèvent des doutes sur l'authenticité de cette pièce, dont communication sera demandée à M. Gauckler.)

M. le lieutenant Jouanne a offert, d'autre part, au Musée du Bardo un fort joli petit moule en terre cuite, représentant un masque de jeune fille de style hellénistique, qui rappelle beaucoup pour le caractère certaines terres cuites de Sicile du ne et du Ier siècle avant notre ère. Ce moule servait sans doute à la décoration en pastillage d'amphores ou d'aiguières en argile, imitant les formes des vases de bronze : les mascarons que le potier obtenait à l'aide de cet outil, lui servaient à orner et à dissimuler en même temps l'attache de l'anse avec le vase ] .

L'objet a été découvert dans une carrière aux portes de Bizerte ; il était renfermé dans un tombeau cubique creusé en plein tuf, et accompagné de plusieurs monnaies du premier siècle de notre ère, complètement frustes, et de quelques fragments de calcédoine à demi polis et grossièrement arrondis.

Dans d'autres tombeaux du même genre, découverts

1. Des croquis du moule et de la monnaie ont été publiés dans le Bulletin de la. Société archéologique de Sousse, 2e sem. 1904, p. 212 et

dans la même carrière, ont été recueillies quelques poteries communes et des monnaies de l'empereur Tibère, le tout sans grande valeur.

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