‹ Nécropoles puniques de CarthageChapitre 21 sur 220 · VERRERIES · texte numérisé non relu

VERRERIES

Les verreries sont une des principales richesses du musée de Constantine

La série la plus précieuse est celle des verres dits phéni-

1. Voir la pi. XII, nos 1, 2, 3. Pour les vases analogues, cf. Rayet et Collignon, Hist. delà céramique grecque, p. 6-16. Perrot, Hist. de l'Art, III, p. 695-697.

ciens l. Ils proviennent de la nécropole du Coudiat Aty, ou des tombeaux creusés dans le roc à Sidi-Mecid : ceuxci paraissent bien appartenir à une nécropole punique. Le dernier verre acquis par le musée est un alabastre, trouvé en 1891 à Collo, dans un éboulis. L'émail qui recouvre ces objets a résisté victorieusement à toutes les causes d'altération et garde la fraîcheur de tons qu'il devait avoir au sortir de l'atelier. Nous reproduisons (Planche CGXXXIX) les vases les mieux conservés ; mais plusieurs débris, très détériorés, ne sont pas moins intéressants. Quelques parcelles d'une belle matière rouge ou vert clair, lourde et dure, ayant l'aspect velouté de certaines laques anciennes, sont de précieux échantillons de ce verre complètement opaque , dont le secret s'est perdu depuis les Phéniciens. D'autres fragments polychromes rappellent les verres à baguette et les millefiori de Venise. Un fragment de bracelet émaillé, portant de gros chatons en relief sur un anneau circulaire, semble orné de gemmes artificielles jaunes, rouges et vertes. Aucun de ces débris n'est à dédaigner.

Enfin une boîte cylindrique, émaillée, mérite également un coup d'œil, bien qu'il en manque un fragment, et que l'émail blanc, appliqué sur le verre transparent, ait presque entièrement disparu : en haut, un filet circulaire fait saillie; il était peut-être destiné à maintenir un couvercle; tout autour du vase, court un gracieux motif en relief, formé de rinceaux et de palmettes.

i. Catal. ms., 113, 114, 115, 116, 207. Comparez aux deux vases eu verre émaillé que nous avons découverts en 1891-92 dans la nécropole punique de Gunugus, près de Goura ya. — Cf. d'autre part, Perrot, Hkt. do VArt, p. 737 sqq. et pi. VII, VIII, IX.

Page 1