Bull, archéol. <hi Comité, IX'.iT, p. i
2. D'autres recherches ont élé entreprises, à la demande de la Direction des Antiquités, par M. Novak dans les Nécropoles puniques de Salakta, d'El-Alia el de Mahdia. (Compte rendu de la marche du service en 1896.
gile, ou simplement de pierres sèches, qui ont laissé la terre filtrer par leurs interstices. Deux porles seulement étaient fermées par de grandes dalles, appliquées contre la paroi extérieure.
Les chambres sonl de simples caveaux rectangulaires, ayant les dimensions habituelles, larges de 1 m. 80 à 2 mètres, profondes de 2 mètres à 2 m. 20, hautes de
1 m. 60 environ. Une seule chambre présente une niche pour la lampe.
Les squelettes sont déposés sur le sol ; les os des bras et des jambes sont réunis quatre par quatre. Beaucoup sont teints en rouge. Il en est de même d'un crâne assez bien conservé, recueilli par M. Novak. Il semble donc qu'il y ait eu incinération, ou, tout au moins, décharnement, avant la mise au tombeau.
Le mobilier funéraire est généralement très pauvre. Les poteries présentent des formes archaïques ; elles se rapprochent beaucoup, comme façon el comme couleur, des poteries trouvées dans les tumuli qui abondent aux environs d'El-Alia. Les lampes sont du type protopu-
nique, écuelle à bords relevés, ou du type rhodien, en terre grise, à couverte noire, vernissée, sans ornements; parmi ces dernières, il en est qui atteignent de très grandes dimensions. Une douzaine d'amphores présentent des estampilles ou marques de fabrique ; les plus simples se composent de un ou plusieurs cercles ou rectangles ; d'autres offrent une ou deux lettres puniques en relief; les estampilles les plus curieuses, dont je donne ci-dessus les dessins, calqués sur les originaux, reproduisent chacun en petit la forme d'une jarre. C'est là une série unique, dont je ne connais pas, jusqu'ici, d'analogue en Afrique.
D'autres amphores cinéraires, découvertes dans des caveaux, portent, sur le col et sur l'épaule, les marques suivantes, tracées au pinceau :
1° col : F ; épaule : A.
2° col : |0.
M. Novak a découvert, en outre, dans la nécropole qu'il a fouillée, quatre stèles puniques sur tuf, du type le plus barbare, ornées de dessins qui figurent :
1° Dans un encadrement rectangulaire, un homme nu, les bras abaissés, en relief sur le fond évidé ;
2° Une femme, figurée dans la même attitude, vêtue d'une longue tunique tombant jusqu'aux pieds ;
3° La figure symbolique divine, entre un caducée, à droite, et une hache (?), à gauche; au-dessus, le croissant montant. Largeur du fragment, 0 m. 18 ; hauteur, 0 m. 20 ;
1° La figure divine, entre un caducée et une haste verticale. La tête de limage est un disque radié, ce qui prouve bien son caractère de pur symbole.
Enfin, dans un tombeau assez riche, donl le mobilier complet est exposé aujourd'hui dans une vitrine du musée du Bardo, M, Novak a découvert une curieuse idole en tuf, haute de 0 m. 15. C'est une pierre conique, représentant un buste de divinité féminine, sans les bras, dont les traits grossièrement figurés sont cependant très reconnaissables.
M. Novak a découvert aussi, à El-Alia, un grand souterrain creusé dans le rocher, et qui semble aller de la mer à la citadelle. La coupe de ce conduit est, à peu près, celle d'une carafe. La hauteur, à la voûte, est de 1 m. 65; la largeur, à la base, de 1 m. 65 également. Il est éclairé, de 5 en 5 mètres, par des regards percés à travers la couche supérieure de rocher, qui a une épaisseur de 1 m. 20 environ.