‹ Neige et glaciersChapitre 17 sur 29 · Partie moyenne du glacier · texte numérisé non relu

Partie moyenne du glacier

Alignement n° 2.

Rive droite du glacier : Distance du point de repère A

au glacier . 38m,50, soit recul de. . . 0m,95

le n° 1 a descendu de lm,10, len°2 d° 1®,50.

Les numéros 1 et 2 ci-dessus sontrestés stationnaires en 1893, ils ne se sont déplacés qu’en 1894.

le n° 3 a descendu de llm,60, donc, depuis l’automne 1893, de 5ra,00

le n° 4 d° 8m,00 . 3m,34

le n° 5 d° 8ra,50 . 4m,50

le n° 6 d« 9®, 00 . 4™, 00

le n° 7 d° 12», 20 . 6m,20

Rive gauche du glacier : Distance du point de repère B au glacier : 37m,50 (soit recul de lm,70 depuis 1893).

Il résulte de ces observations que le glacier du Chardon a subi en 1893 une décrue estivale.

De 1893 à 1894, la décrue a été notable, mais plus forte sur la rive droite. Cette décrue s’est manifestée aussi dans le sens transversal.

Le mouvement de descente paraît assez régulier, sauf sur le bord droit (nos 1 et 2 de l’alignement n° 2) où il est presque nul.

Nos confrères, MM. A. Chabrand et Fr. Perrin, ont bien voulu examiner les travaux exécutés aux environs de la Bérarde et de Yallouise par J. -B. Bodier fils, P. Estienne et A. Barnéoud. Depuis lors, la Société a fait remettre à ces guides de nouvelles chaînes d'arpenteur pour faciliter leurs mensurations, ét à J. -B. Rodier, une mire qui doit lui servir pour l’observation et le placement des repères.

Observations sur l’état des glaciers, faites par M. Pierre Gaillard, guide de laSociété, à la Chapelle-en-Valjouffrey.

(12 août.)

État du glacier de l'Aiguille d'Olan : Il s’est retiré de 500 m ; il est exposé au Sud, présente un certain nombre de grandes crevasses ; quelque peu de verglas au centre ; en pente douce. Son altitude est de 3,300 m. Sur la droite du glacier, passage du col d’Olan, neigeux, glacé complètement. Un petit lac à 3,050 m d’altitude.

État du glacier des Sellettes: Pente assez droite jusqu’au Bergschrund qui aune profondeur de 12m ; deux autres crevasses mesurent 15m, exposées au Nord du pic d’Olan ; à l’Ouest, quelques petites cascades et rochers qui n’existaient pas autrefois, une grande partie à plat. Le torrent s’est réduit de lm,50. Après, on rencontre de grandes moraines, puis des pâturages de bergers et la descente par la Lavey.

(23 août.)

Col de la Haute -Pisse : Grand éboulement avant d’arriver au glacier exposé au Sud-Ouest. Grande crête de neige dans le haut du glacier ; dans le bas, il est assez pierreux et s’est réduit de 2,020 m au moins. A l’Est, le col de la Haute-Pisse, à 3,150m d’altitude; en face, au Nord, la Brèche de l’Enchâtra. Descente dans la Mariande, de grandes pentes de neige exposées à l’Est sont fondues; il n’y a plus que du verglas et de grandes moraines dans le bas. Dans la vallée, un chalet de bergers.

Haute-Ubaye.

(Y. Neiges et Glaciers, 3e article, p. 36.)

Le Glacier de Marinet.

Aiguilles de Chambeyron

Nous nous sommes rendu en août 1893 dans la haute vallée de l’Ubaye où nous avons visité, en compagnie de M. André Antoine, de Maurin, le glacier de Marinet, situé près de la frontière italienne, sur le versant septentrional des Aiguilles de Chambeyron (3400m). Il nous paraît intéressant de consigner ici les quelques observations que nous avons faites sur ce glacier peu visité et placé en dehors de la région classique de l’Oisans.

Notons tout d’abord que toute cette région, située à l’Est de l’Ubaye, porte les traces d’une extension des glaciers beaucoup plus considérable et qui semble ne pas remonter à une période très ancienne1. Dans le creux du col de Marinet, sur le versant italien, il y a de belles moraines très fraîches, mais le bassin de cet ancien glacier ne contient plus actuellement que quelques névés insignifiants. Il en est de même au col de Roure, et on a l’impression d’une contrée que les glaces viennent à peine d’abandonner.

Le vallon de Marinet lui-même (sur le versant français) est encombré par les moraines du glacier de Marinet, qui devait avoir anciennement une extension beaucoup plus grande, mais qui a subi, depuis 1860, une nouvelle crue ; car, sur les trois lacs que porte la carte de l’État-Major français, levée en 1855 (Y. notre

1 Ces vestiges sont ici beaucoup plus frais encore que ceux qui, par exemple, dans le Massif du JBrévent et des Aiguilles- Rouges, en face du Mont-Blanc, semblent cependant si récents et montrent encore intacts les bassins de réception, les couloirs, les cônes de déjections d’anciens glaciers aujourd’hui disparus.

troisième article, page 36, renseignements de M. André Antoine sur le même sujet), un seul subsiste en son entier, un autre est actuellement à moitié comblé par la moraine frontale, et le troisième, le plus près du glacier, a déjà disparu sous le front progressant de ce dernier.

Toutefois aujourd’hui, le glacier de Marinet, autrefois unique, commence à se diviser en deux branches. Il est, dans sa partie inférieure, couvert d’une épaisse couche morainique ( moraine superficielle) qui n’empêche pas, cependant, les crevasses d’être visibles. Remarquons aussi que la carte de l’État-major français (type 1889) n’est pas conforme à la réalité ; elle attribue au glacier une étendue qu’il n’a pas.

De superbes tables de glaciers formés de blocs de calcaire rouge (marbre de Guillestre) se présentent en de nombreux points avec une netteté et une fréquence peu communes. La surface du glacier (dont la fig. 6 donne le profil) offre toutes les particularités classiques : ailes d’insectes, papillons et petits cailloux enfoncés dans la glace ; crevasses multiples, ruisseaux superficiels et moulins.

En dessous des névés et du Bergschrund existe un plateau doucement incliné où la traversée du glacier est facile, puis, après un léger renflement, la pente s’accentue. Vers le front du glacier, on remarque une contre-pente, puis la moraine frontale buttant contre un seuil rocheux de quartzites que le glacier devait franchir jadis en cascade et qu’il contourne actuellement par la gauche.

Le front du glacier est à une altitude d’environ 2,750m.

05 OX tes»

Les éléments de la moraine sont : des calcaires gris triasiques, des calcaires phylliteux et des blocs de calcaire rouge amygdaloïde (dit « calcaire ou marbre de Guillestre ») appartenant au Jurassique supérieur et provenant des Aiguilles de Chambeyron (côté ouest). Ces blocs rouges existent seulement sur les moraines latérales de gauche (Ouest), sur les moraines du côté droit, les calcaires noirâtres du Trias existent seuls, par suite de la constitution même du bassin de réception. Grâce à cette différence de couleur des matériaux de droite et de gauche, il est facile à constater qu’ils ne se mélangent pas dans la moraine frontale et que, là encore, les blocs rouges occupent la partie ouest, et les noirs, la partie est.

M. Antoine a placé, d’après nos indications, une série de repères à la couleur verte et aux initiales de la Société. Enfin, nous nous sommes procuré des photographies représentant Y état actuel du glacier de Marinet.

Les renseignements qui précèdent peuvent être résumés de la façon suivante :

Glaciers observés.

Page 1