‹ Némésis et la jalousie des dieuxChapitre 104 sur 181 · Voir particulièrement les chœurs des tragiques · texte numérisé non relu

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172 i;iDÉE DE NÉMÉSIS

che un sens sérieux (jirii n'iiurail pas clans la nôtre. Il voulail n'occuper qu'un rang médiocre dans la cité'. Quant aux autres, il souhaitait qu'on les mît à leur place : et tel était à ses yeux le propre d'un bon gouvernement ^. Il approuvait l'ostiacisme ^, trouvant bon que l'Etat fut jaloux puisque les dieux l'étaient, et ne se souciant pas d'ailleurs d'habitei' la même ville qu'un homme trop heureux. II haïssait la tyrannie par

I. no).).à (J.£<j&t(7iv àût(7Ta" (jiao; 6é/w èv TtôÀei slvat (Pliocylide). 1. Plat., Repub., p. 432.

3. M. Giinther, dans iin programme public à Helmstadt en 1824 {Explanatw loci Jlerodotei de 6£{u cpOovepôj), a très-bien indiqué le rajjport de l'idée que nous étudions, avec cette institution prolectrice de la démocratie qui s'appelait os/racisme à Athènes, pétalisme à Syracuse. L'une et l'autre dérivent en effet du même principe, ce sentiment ombrageux que les Grecs désignaient selon les ca-; , et parfois indifféremment, par le mot de véasat; ou par celui de cpOô/oç. La diversité des lieux et le hasard des révolutions donnaient d'ailleurs à ce sentiment des formes différentes. A Athène.s, c'éliiit une défiance de l'Rtat vis-à-vis de toute élévation périlleuse pour son équilibre. Chez le Mégarien Tbéognis, juge d'ailleurs partial d'une rcivolution qui l'avait dépouillé, c'est la haine d'une tyrannie collective, et d autant plus brutale qu'elle est anonyme, celle de la foule. Il serait intéressant d étudier en détail ce qu'on peut nommer le rôle politique joué dans les républiques de la Grèce par les deux sentiments que nous avons considérés seulement chez les dieux. On ferait voir, par exemple, qu'Aristide fut banni par le ç66vo;, tandis que c'est la néniésis qui fit justice d'Hyperbolus. L'histoire connue de Phidias montrerait comment il suffisait parlois d'un nom propre pour choquer la déliîatcssfe des oreilles athénieinies. La némésis i)opulaiie rendrait compte des précautions infinies emjjloyées par les orateurs, lorsipi'un besoin d'apologie les condui.'îait a faire eux-mêmes leur éloge (voir, par exemple, Plat., Apolog. .Soc;-., pagg. 20 L el 21 A : M?i Oop'j6r,<îr,-î . . . [xr, Oof-ySâte), et de certains murmures dont leurs discours, tels qu'ils nous sont parvenus, portent encore témoignage. Tout un cbaiiitre des rliétoriques, à rr.rticle dis Mœurs oratoires, s'éilainrait, guke à cette recherche, d'une lumière empruntée à l'histoire des mœurs {grecques.

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liaine de l'Excès, qui, disail-il. en est le père' : In même raison lui faisait sans doute aimei' la Loi, dont le nom' pouvait lui révéiei' d'ailleurs une vraie sœur de INémésis. En sfénérai, c'est à l'excès qu'il attribuait les révolutions des Etats, aussi bien que celles (jui surviennent dans le cours des saisons el dans la santé des èlies vivants ^. l'^t comme Toigueil en est souvent le principe, il blâmait sévèrement les orateurs (jui ne craignaient pas de faire brillei-, en toute occasion, aux yeux du peuple ébloui, les glorieux souvenirs de la délivrance nationale. Selon lui, la Grèce n'avait été dans ces journées de salut que l'instruuient des dieux, iriités contre une nation impie et des monarques orgueilleux ou trop puissants 4, « L'excès, » ajoutait- il, «a perdu « les Cen tau l'es, les Magnèles, Smyine et Colo- « pbon : il perdra notre république^. »

Consei-vait-ii ces piéjugés contre les efforts du génie liumain, dont témoignent les plus anciennes traditions de la Grèce? L'a\eu en était difficile à faire devant les chefs-d'œuvre d'Iclinus et de Pbidias. On est du moins tenté d'attiibuer à la même inspiration (jui dictait sa conduite certains règlements qui mettaient des bornes aux complaisances de la statuaire pour

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