‹ Némésis et la jalousie des dieuxChapitre 106 sur 181 · Plat., Tim , 47 D · texte numérisé non relu

Plat., Tim , 47 D

UAISS LA Vlbi. 175

gesse'. Rester à la place (|in nous est assignée ici-bas, ne pas contrevenir aux lois de la nature, garder la conscience de notre humanité, adorer dans les dieux un pouvoir qui dépasse infiniment le nôtre, et dont l'assistance nous est indispensable, c'est encore la sagesse sous le nom de piété ^. Enfin, respecter les barrières que la loi tant divine qu'humaine élève entre notre droit et le droit des autres, voir en eux des semblables et des égaux, en tant qu'assujettis, ni plus ni moins que nous-mêmes, à la nécessité de la mort et aux chances contraires de la fortune ^, obéir aux lois et à leurs gardiens, user nous-mêmes avec modération de la part d'autorité qui peut nous être dévolue, tout cela rentre dans la justice ou s'y rattache : et la justice n'est elle-même qu'une troisième forme de la sagesse 4.

Père de famille, il s'occupait avec un soin particulier de faire régner ces idées dans sa maison. Car, bien qu'il regardât la sagesse comme uni-

1. Xenoph., Mem., 1\, 5,7; cf. Plat., Phœdr., 237 E; Tragic. fragm., Anonyin. fragm., CLXVI , éd. Didot; Plat., Repub., 389 D et 430 E; Arist., Ethic. Nicom., II, 7, 3; ib. IV, 10, ib., ib., 11 (5 et 8).

2. V. Xenoph., Memorab., rv, 3, 'i; Soph., Aj., v.132; cf. Esch., Pers., V. 808.

3. V. Herodot., I, 86; Eurip. ap. Stob., FloriL, V, 17. Cf. Lucian., Imagg., 21.

4. V. Theogn., v. 377; Demosth., Olynth., II, 18 ; cf. Plat., Legg.^ 691 C; Archiloch. ap. Stob., Ed., I, pag. 124, éd. Heeren; Plat., Repub., 389 D et 432.

176 L'IDEE DE xNÉMÉSIS

verselleuieiil et absolument nécessaire, il lui attribuait pouitant une relation spéciale à la nature de la femme et à Tâge de Fenfanl '. Selon lui, toute l'éducation devait tendre à inculquer cette vertu fondamentale, que d'ailleurs il faisait consistei- principalement, pour le premier âge, dans l'obéissance et le lespect des parents^. En ce qui concerne les femmes, il la réduisait à l'observation de cinc] préceptes, dont le premier, qui dominait tous les autres, regardait la cbasteté, le second, la décence et la simplicité de la toilette, le troisième, les sorties hors de la maison conjugale; le quatrième interdisait d'y célébrer les mystères de la Mère des dieux et de Bacclius; le cinquième prescrivait l'économie dans les sacrifices ^. A l'occasion, il en ajoutait un sixième emprunté à ce vers d'Euiipide* : « Ce qu'il y a de j)lus beau pour une femme, « c'est de se taire, d'être sage, et de rester tran- « quille au logis. »

Telle était sa moiale : en l'appelant morale ^recr/ue^ il eût ciu, quant à lui, la défuiir assez. 11 considérait le culte mental de Némésis, et les dieux jaloux eux-mêmes^, comme inconnus outre-mer, et la sagesse, comme un fruit de son

1. V. Jainlilidi., l'ijthag. V., vill, M. Cf. Hyperid., Oral. /uneb., éd. Cobft, lin. 41; Aristopli., A'wè., v. 961 sqq.

5. S«)|)ii(i(l. ap. Stob., Floiileg., XLllI, 11; Plat., Legg., 717 D. .{. Phinljs ap. Slob., Floht., LXXIV, 60, 61.

Page 1