‹ Némésis et la jalousie des dieuxChapitre 135 sur 181 · I. Plat., PhcTdr., 2il A. Cf. Theœt., 151 C · texte numérisé non relu

I. Plat., PhcTdr., 2il A. Cf. Theœt., 151 C

'.>.. Plat., Tivi., 29 F.. CI', id., Epinom. !)88 B. De ce dernier passage, («1 est rélulé le prcjuni' (pii Taisait de la science un des objets de la jalousie divine, on peut rapprocher le discours pnHt^ à Moinusdans un traf^rncnt hermétique évidenunent empreint de platonisme, et où la croyance populaire est exposée néanmoins avec beaucoup de force et de clarté, (Hermès ap. Stob., Eclog. pliysic, pagg. 9fi2 sqq., édit. Heeren.)

popiilaiie l'idée de Socrate, ou plulôtla docirine (|ui en découle : ' Il élait bon; et celui qui est « ])on ne peut jamais à aucun sujet concevoir « aucune jalousie. Étant sans jalousie, il voulut '< que tout fût le plus possil)le seuiblable à hii- « même. Tel est le vrai principe de la génération « et du monde, selon des sages que l'on fera bien « d'en croire. Dieu donc, voulant que tout fût « bon, et que rien ne fût mauvais autant que « cela est possible, et trouvant toutes les cîioses « visibles dans une agitation sans règle et sans « loi, les fit passer du désordre à l'ordre, parce « qu'il pensait que l'ordre est absolument meil- (( leur. Or l'être souverainement bon n'a pu et <( ne peut rien faire qui ne soit beau par-dessus fc tout : il réflécbit donc et jugea que les choses « visibles ne pourraient jamais fournir la matière '( d'un ouvrage plus beau sans intelligence que « n'est l'être intelligent; et que l'intelligence, '< d'autre part, ne saurait exister sans âme. En « conséquence, plaçant l'intelligence dans l'àme, « l'âme dans le corps, il organisa l'univers de a manière qu'il fût, par sa constitution même,

Remarquons, par manière d'acquit, (|uo Platon lui-même lait invoquer une fois Adrastée ()ar Socrate Repub., 4.)1A.); «(u'il parle ailleurs (Phsedr., 248 C) d'une certaine loi d'Adraslre, dont il sera question plus loin ; que le discours d'Aristophane, dans le Banquet, renferme une allusion à la jalousie des dieux {Sijmpos., l'JO C; cf. Legg., 801 E), et celui d'Agathon, dans le même dialogue ( 193 A), une mention de la némésis. Voir encore Pfiscdr., 95 B, et Legg., 717 C, passage on Platon fait de Némésis la messagère de Dicé , et la vengeresse des parents outragés par l'irrévérence de leurs enfants.

« le pins beau et le meilleur des ouvrages, » Les sages auxfjuels Platon renvoie l'honneur de celte belle théorie, avec une franchise qui auiait dû le sauver de l'imputation dilTamatoire dirigée contre lui par Timon, ne peuvent guère êlre que ces pythagoriciens auxquels nous avons laltaché plus haut le maître même de Pylhagore, Phérécyde. On retrouve en effet ici, outre la hauteur de vues qui était propre à cette école, outre une doctrine qu'elle a certainement professée, une erreur qu'elle fut peut-être la première à répandre dans la Grèce. Cette hypothèse d'un chaos piimiiif, cette distinction entre les lois de la nature et les volontés du Dieu qui l'organise, double méprise, qui a pour effet de réduire le rôle de la Providence à une sorte d'intervention, et de faire des causes finales un simple amendement à la rigueur des lois primitives, constituent un véritable dualisme qui nuit à la pureté de l'optimisme platonicien. Ce dualisme même, comme on peut le voir dans le Tintée et dans le mythe du Politique ", n'est point accessoire dans le système de Platon, qui paraît, au moins dans ces deux dialogues, l'avoir cru nécessaire à la confirmation du dogme de la Providence, Que le Dcniitiri^e, en (|ui sont réunies toute la justice et toute la bonté imaginables, ait laissé échapper de ses mains une œuvre impnr-

Page 1