MAGIE ET DIVINATION
elle. Et telle paraît être encore la pensée de Platon, qui, par la bouche de Diotime, fait procéder les incantations et la magie des démons, êtres interme'diaires chargés de mettre les hommes en rappoit avec la divinité^. La magie ainsi entendue n'avait rien de contraire à la religion, puisqu'elle empruntait aux dieux mêmes tout son pouvoir, et ne portait atteinte à l'ordre établi par eux dans le monde qu'avec leur aveu et grâce à leur concours.
Il n'en était pas ainsi d'autres piatiques également propres à la magie, dont l'usage se répandit plus tard en Grèce : je veux parler des maléfices, placés plus spécialement sous le patronage des divinités infernales. L'opinion les réprouvait; la loi les punissait ^ : et Platon imite cette rigueur dans le plus réalisable de ses plans de législation ^. Ce genre de sorcellerie, partout flétri et condamné , n'avait donc rien de commun avec la religion. On racontait même que les sorcières thessaliennes, dont le pouvoir uier-
1. P\&1., s y )npos., 203 A. Dans ce passage, la goëde est assimilée complètement à la magie, contrairement à la distinction empruntée aux philosophes de l'école d'Alexandrie par Boiiamy {Mémoire sïir le rapport de la magie avec la théologie païenne, dans VHist. de l'Acad. des Inscript., toni. VU, pag. 23 sqq.). La conclusion de ce mémoire est aussi trop absolue : « Tout contribuait donc à faire regarder « la magie comme une extension du culte religieux. La magie n'avait « rien cliangé dans les idées que la tiiéologie païenne donnait des « dieux; et l'une et l'autre se servaient des mêmes rites pour produire '< les mômes eil'eis. »