‹ Némésis et la jalousie des dieuxChapitre 164 sur 181 · I.A NE.MESIS DE RHAMNUNTE. 5fi · texte numérisé non relu

I.A NE.MESIS DE RHAMNUNTE. 5fi

on a vu d'où procède toujours ce cliâtimenl quand il est infligé par les dieux. Ainsi l'abus de la divination excitait la jalousie divine comme l'abus de la magie; l'extension surnaturelle de la science de l'houime et celle de sa puissance étaient assujetties à la même mesure : et, en fait de divination , comme en fait de magie, la ncnicsis des dieux punissait tout ce qui s'opérait sans leur peimission ou même sans leur assistance.

ïf. Sur la ISémésis de Rhamnunte. (Y. pp. 36 et 96.)

On a retrouvé à Rbamnunte les restes de deux temples, qui paraissent avoir servi l'un et l'autre au culte de Némésis. Un siège placé à l'entrée du plus petit des deux est consacié à cette divinité^; quant au plus grand, sa gran-

1. De l'autre côté est un second siège consacré àThémi? par une inscription datée, d'ailleurs, d'un autre nom de prêtresse (voir Brrckh, Corp. inscript. Grxc, tom. I, p. 4f)2). Théniis et Némésis peuvent être considérées comme des personnifications corrélatives. GO ôéfit;, chez Homère et partout, est exactement le contraire, quant au sens, de l'expression où v£jji£(j'.; (voyez, |)ar exemple, Theogn., v. 688; Kurip., ilippol., vv. 1396, 1437 ; Plat., Sijmpos., 195 A : Eî Ôc'fi'Ç '''■"^^ àvEjxécr,Tov £Î7t£îv\ "Quant à la déesse Tiiéinis, si, chez Homère, elle ne joue guère que le rôle d'un héraut céleste; si, pour Hésiode [Theogon., v. 901 sqq.), elle paraît être avant tout la législatrice do l'huinaiiité; si enfin, dans l'hymne orphique qui lui est coiisacn* [Orphie, LXXIX), elle est donnée particulièrement pour la fondatrice des in^tilntions religieuses, des oracles, des mystères, chez Pindare, elle se rapproche de Némésis, d'ahord commf dépositaire des dcstin<'fs (fsf/nn., Vlll, 66),

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deiir même et sa Ijeauté "^ ne perniellent pas d'y voir un monument inconnu à l'histoire^, plutôt que ce temple de Némésis dont les Anciens font si souvent mention. Ces deux édifices paraissent donc avoir eu la même destination : et comme le plus grand est évidemment beaucoup moins ancien que l'autre, il est probable qu'il fut construit pour le remplacer.

Oi', vers le commencementde la période dont le style se reconnaît dans l'aspect général^ de ce grand temple, le dernier en date, plusieurs sanctuaires, livrés sans défense à la fureur d'un peuple iconoclaste 'î, avaient jonché de leurs débris le sol de l'Attique. Les Athéniens, comptant sur le spectacle de ces dévastations pour entretenir leur ressentiment, les avaient laissés en luines^ et s'étaient mis ainsi dans l'obligation

puis, en second lieu, comme déesse de l'équité, comme mère de Dicé {Olymp., III, 10; VIII, 20). On a vu plus haut (n" I du présent appendice) quelle fonction, voisine de celles de Némésis, lui assigne raiitique lét^ende relative au sanctuaire de Delphes. Enfin Hésycliius, au mol 'AyaO/; tûy;/;, assimile la Bonne Fortune à la fois à Némésis et à Tliémis.

1. Anliquitcs inédites de l'Attique, tradnct. Hiltort, cliap. VI.

2. Le temple d'Amphiaraiis dont Pomponius Mêla fait mention , comme d'un autre titre de Rhainnuiite à la céléhritc (II, ;i), est sans doute le même que des auteurs mieux informés placent à Psopliis, sur le territoire d'Orope ( Strah., 399; Pausan., I, .'i4, 2).

3. Olfried Millier juge, à certaines traces d'un style relativement récent, que ce temple, commencé sans doute au siècle de Pcriclés, ne fut achevé que |)lustard {Archxol. d. Kunsf, § 109, note (')).

4. Sauf les réserves ap|)orlées à ro|)inion, peut-être trop absolue, de Creuzer, par son éminent interprèle {Religions de Vantiquité, t<tm. I, V" partie, pag, 7l6s<|(|.).

T). Pausan., X, .35, 2.

LA NEMESIS DE RHAMNUME. 269

tlVn l)àlii' d'aulres. On rapporte donc, non sans viaisemblance, à l'invasion des Perses, la des- Iruction du plus petit des deux temples , et au\ années qui suivirent cette invasion, la construction du plus grand'.

L'histoire d'un bloc de marbre apporté de Paros par les Perses, et devenu, sous le ciseau d'un artiste grec, la fameuse INémésis de Pdiamnunte, a tout l'air d'une fable ingénieuse, n'en déplaise à Pausanias ^ : et c'est sans doute dans V Anthologie, où elle se trouve aussi ^, qu'il faut en cbercber la source, sans remonter plus haut. Ce qu'une telle anecdote a de romanesque frappe tout le monde; Zoega^ a relevé ce qu'elle a d'invraisemblable; Hérodote, qui n'aurait pas manqué d'en tirer parti, s'il l'avait connue, n'en dit

1. Tout ce qui est dit ici des deux temples de Rbaniiuinte est emprunté à l'ouvrage anglais dont nous devons une édition française à M. Hittort (Anliqiiilés inédites de l'Attique, diap. YI et VII; cf. Otf. Millier, Archxol. d. Kunst, § 53, fin de note; § 109, note 6). — Ce qui confirme encore l'attribution du grand temple à iNémésis, c'est la découverte, faite dans ses ruines, d'une tète qui paraît provenir de la statue décrite par Pausanias, et sur laquelle on croit reconnaître, à une rangée de trous, la place du diadème dont cet auteur l'avait \m couronnée. La statue de six pieds de haut, retrouvée près de la porte du petit temple, est trop mutilée pour conserver quoi que ce soit d'intéressant ; mais le style en paraît ancien : ce qui corrobore l'opinion reproduite ici (\oiv Anliquitcs incd., ib.).

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