‹ Némésis médicale illustrée (volume 2)Chapitre 15 sur 43 · L'hôpital de l'École , dit des Cliniques · texte numérisé non relu

L'hôpital de l'École , dit des Cliniques

8. Dans la nécessité où je suis de peindre en peu de mots les cliniciens de l'École, dont je me promettais même de ne pas parler cette fois, on voudra bien tenir compte de mon embarras , et suppléer aux jugements sommaires que je porte ; mes satires précédentes prouvent trop combien je suis disposé à rendre justice à chacun pour que l'on puisse croire qu'il soit entré dans ma tète l'idée de blesser ou de rabaisser les rares professeurs dont j'ai souvent et loyalement reconnu 'le zèle et le mérite. Je crois inutile de les distinguer autrement; le public les nommera sans peine.

Audendum est ut illustrata veritas paleat, multïqueab errore libcrentur

ClCEKO.

Lorsqu'une chose est indispensable, ses inconvénients , quels qu'ils soient peuvent-ils balancer sa nécessité?

B. Constant, Discours politiqties.

Frères, sur voire sort depuis dix ;ms je veille ; Dix ans les souvenirs dont s'émut mon oreille Sous des langes communs, de la tombe au berceau Ont lié notre vie en un même faisceau Est-il une douleur qu'avec vous je n'éprouve.' Et sous quelques frimas qu'en vos champs je me trouve

Ma charrue aux travaux et de nuit et de jour N'épargne aucun sillon et double son labour. J'ai dit de vos labeurs l'incessante fatigue, Et votre dénûment de laveurs et d'intrigue ; Du Fisc au bras de 1er , au joug illimité , J'ai , le fouet à la main , flétri l'avidité ; Au zodiaque où brille un Barthez exotique Marqué sa fin prochaine .et sa lune critique ; Mais en ma foi naïve ou mon fol abandon , Pèlerin qui s'essouffle à porter le bourdon , Pour moi , qui n'eus jamais une croyance indue , Est-il une douleur plus vive et plus ardue Que le juste courroux dont je suis agité A ce terrible mot : Responsabilité !

Ah ! qu'un maçon consente à briser sa truelle Aux éclats lézardés de son plaire infidèle,

LA RESPONSABILITÉ MÉDICALE \r,

Que d'imprudents essais l'architecte puni

Ait à rejoindre un toit qu'il avait mal uni ,

D'invariables lois en ont réglé la pente ;

Et les couehes de plâtre et les ais de charpente

Manquent de cohérence ou cèdent ;iu fardeau

Quand on prive un gâchis de son volume d'eau.

Mais qui donc oserait, assumant sur sa tête

L'incalculable éclat de l'horrible tempête.

Du navire construit pour les vents et les Ilots

Prédire un bon voyage aux hardis matelots!

Qui croirait mettre un frein aux désordres de l'âme-

Ou, s'enorgueillissant d'un caprice de femme .

Ferait de la constance une immuable loi,

Et des serments d'amour un article de loi !

La nature a souvent des formes protectrices, Mais, femme, elle esl sujette à de nombreux caprices:

Et pour régler le cours de nos événements Épiant nuit et jour mille et mille errements, D'heure en heure souvent , de minute en minute, Il faudrait établir une incessante lutte, Et que le médecin , nouveau Christ au saint lieu , Devant elle posât en immuable Dieu.

.Mais où sont les édits, où sont les règles sûres Qui le guident dans l'art de guérir les blessures, Dont le texte permet, sans dévier d'un pas, De conjurer d'un mot la fièvre et le trépas? Ah ! si dans ses écarts la nature asservie Eût jeté pour enjeux ou la mort ou la vie, L'expérience saine au fallace destin La livrerait encor sous un prisme incertain. Que sera ce, grand Dieu! si des juges profanes, Sur nos titres à sceaux désormais diaphanes , Brisent de leurs arrêts les poignards acérés Dont l'aveugle tranchant les a dilacérés.' Du palais avec nous compulsez les archives; Lisez de nos malheurs les annales plaintives,

Kl des obscurs caveaux voyez avec effroi Sortir les noms d'Hélie et de Thouret-Noroy '. Docteurs infortunés <l<mt l'humaine justice D'un breuvage mortel ;» rempli l<i calice, Par vingt ans de labeur tristement énervés, Que noire sympathie, hélas! n'a point sauvés, Et dont un seul client, de sa plainte importune, Comme un château de carie a soufflé la fortune.

Oh! témoin obligé de semblables douleurs, Mes frères, qui de nous ne verserait des pleurs, Et brisant de courroux un verdict déplorable, Ne tendrait a son frère une main secourable! Non que d'un potentat à haute volonté Au savant de nos jours un destin soit dicté; On désobéirait aux ordres du satrape Oui livrerait au feu le temple d'Esculape ;

La roue est arrêtée où tournait lxion; Et, pour fêter la mort de son Ephestion , Nul Alexandre, ému de posthume tendresse, Ne cloûrait un Glaucus sur la croix vengeresse.

Quelqu'insensé qu'il fût, seraient-ils Augustins, Nul Charles ne ferait pendre ses médecins 3; Nul roitelet fougueux dont la femme succombe Ne précipiterait deux docteurs dans la tombe , Et ne menacerait du pal ou de la liait Un professeur ignare et qui faillit à l'art.

Si notre vie échappe à la hache fatale, Il est une autre mort dégradante, morale. Qui, nous abandonnant à d'horribles amonts, D'une faulx sans pitié brise en éclats nos fronts; Cette mort... c'est la mort de Thourel et d'Hélie, D'astres déshonorants funeste parhélie, Dont l'auréole impure et l'affreuse clarté Jette un voile brumeux sur le soleil d'été, Sol fangeux qui, troublant l'eau pure de la pluie. Aux rayons réfléchis prèle un manteau de suie.

Sait-on le résultat de ces hideux procès Où l'existence entière est liée au succès, Où l'art et l'homme ensemble ont à subir un blâme, Où les soins qu'à hauts cris l'humanité réclame, Lâchement travestis en calculs d'intérêt, Sont soumis aux erreurs d'un témoin indiscret; Où de son bienfaiteur dénaturant le rôle Tout faquin à son gré commente sa parole ; Où la moindre commère asseoit son jugement Aux rêves de tripot que la raison dément? S'il faut qu'au médecin la vengeance assouvie En arrachant l'honneur arrache aussi la vie, Sans passé, sans présent, dépouillé d'avenir, La vie, hélas! pour lui vaut-elle un souvenir? Meurtrier de commande, et dont rien ne peut taire A ses accusateurs le tort involontaire, Partout de ses rivaux, d'un ami, d'un voisin, Il reçoit, condamné, l'affreux nom d'assassin ; Boutiquier sans clients que nul patron ne prône, Qui descend au-dessous de la vile matrone,

LA RESPONSABILITÉ MEDICALE. m

A qui l'on n'offre plus au pied du saint autel Ni le pain, ni le vin, ni l'encens, ni le sel.

Mais pourquoi s'occuper d'infortunes privées Qu'importe un corps de plus aux sanglantes travées?

Malheur sur le vaincu qui se traîne à genoux ! C'est la peine d'un seul... c'est la peine de tous; L'humanité déplore un pénible scandale; Qui voudra désonnais d'une audace fatale Affronter le péril de ces tristes dépens. Où, pris au trébuchet d'un hideux guet-apens, L'homme savant et probe, et dont la conscience Se pose en désaccord aux lois de la science, Un jour, si d'un éclair heureusement inné Son front majestueux rougit illuminé, Si d'un pied de dédain foulant les gémonies Il ravit son semblable aux pâles agonies;

Si d'un scalpel hardi profondément plongé Le tranchant qui de pus doit revenir chargé, D'un tendon déplacé, d'une veine égarée Divise le tissu de sa lame acérée ; Si d'un bras mal tenu, quand on l'a débandé, De sang artériel sort un jet saccadé; Tandis qu'il répond seul de l'erreur de ce geste, Voit le client absous de tout écart funeste, Et paîra de sa bourse, et paira de son nom Le sort qui dévia l'artère et le tendon. Tel encore un fœtus dont la naissance est prête; L'utérus se contracte et pourtant tout s'arrête, Si le col se raidit et cloue en son chemin Comme un étau de fer une enfantile main. Faut-il sur le détroit que le scalpel débride, Ou se frayer la route à la matrice aride? Livides et sans pouls, morts et putréfiés, Coupez-vous hardiment des bras tuméfiés?

Aux dépens du fœtus faut-il sauver la mère; Et dans ce triste jeu dont l'écart nécessaire

LA aESPONSABILITÉ MÉDICALE 135

Condamne à prime abord ou la mère ou l'enfant, Sait-on ce que l'honneur on permet ou défend? Choisissez, cependant... Ah! si la mon propice Achève son ouvrage el qu'un sort s'accomplisse, Ne craignez ni procès, ni dépens, ni tracas. Marchez le front levé, les morts ne parlent pas. Mais si, favorisé d'un destin plus prospère, Enivré du succès que votre cœur espère, Impotent, mutilé, le malade survit, Tremblez, le blessé parle et le pige sévit.

Dirai-je les débats qu'on notre académie Souleva le procès de Thourel et d'Ilélir; Dupuytren, d'un accentferme el digne à la lois. Prêtant à I accusé sa formidable voix.

Et des élans subits de sa vert,- abondance Protégeant de notre art la noble indépendance,

De Double et de Bouillaud les chaleureux discours;

De la presse du temps l'unanime secours,

Et prompt à se jeter dans toutes les arènes,

Du mousquet de Pascal s'armant Leroux de Rennes !

En vain des faits nombreux avec soin récoltés,

Pour garantir leurs fronts pieu vent de tous côtés,

En vain l'Académie au-devant d'eux s'élance

Et penche en leur faveur l'équitable balance,

L'arrêt s'appesantit au front des accusés;

Les juges compétents sont partout récusés,

Et la noble science à l'éternelle étude

Acquitte à leurs dépens sa triste incertitude.

Mais pour les consoler d'un fâcheux abandon

L'obole fraternelle est épuisée en don,

Aumône qui n'a rien de vil et d'illicite;

De leurs frères émus le corps les félicite,

Opposant avec force et comme un juste prix

L'amour a la rigueur et l'estime au mépris.

Ah! quand la dure loi s'arme du cimeterre, On voit plus de justice en la vieille Angleterre; Du phare protecteur allumant le fanal, L'équitable savoir éclaire un tribunal Où d'un parquet ignare en sa vainc insistance Se décline a propos l'aveugle incompétence; Des docteurs, avocats du docteur attaque, A la libre défense ont-ils jamais manqué.' D'accusateurs publics à tranchante parole Des docteurs a mandat ont accepté le rôle, Kl des jurés-docteurs que le public entend Portent avec justice un arrêt compétent6. Tout s'apprécie alors, et l'acte (pion accuse. El le motif réel dont on fait une excuse, Et d'ineptes témoins ne jettent point au ne Que le sang a broué, bruissé, bouillonné . Oui même après deux ans se souviennent encore S'il jaillit terne, vil, odorant, inodore. Ils n'ont point a détendre et n'ont point a blanchir L'imbécile matrone inapte a réfléchir,

13S DIVHUTIEME SATIRE.

Meurtrissant le savoir de ses manœuvres sottes Comme un fœtus foulé sous des talons de bottes Plus coupable cent fois que l'accoucheur honni (}ui répare un malheur dont il est seul puni s.

Je ne le sais que trop, quelque jury qui nomme. Que pour être docteur on n'en est pas moins homme; Lorsqu'au délit réel le châtiment venait, Ai-je offert sottement l'égide du bonnet? M'a-t on vu réclamer pour des faits sacrilèges Le sacrilège appui d'antiques privilèges.' Ennemi des écarts de toute autorité, Sonnant le branle-bas de l'Université, M'a ton vu crayonner sur un écu néfaste Des armes de collège ou des devis de caste, El dans un champ-d'azur semer à pleine main Les germes d'un blason qu'on flétrirait demain? Voudrais je du parquet que le bras moins avare Frappât de l'avocat la superbe tiare?

En ce palais Bourbon dont j'évite le seuil, Assis impudemment au suprême fauteuil, Dupin, roi du lazzis, et dieu de l'épigramme, Des erreurs de sa tête a-t il reçu le blâme; A-t-il en ses écarts de toute volonté Connu le mot sacré : Responsabilité !!.... Soit que, le Iront boudeur et le regard superbe,

De notre haute cour sémillant Malesherbe,

Il accable des traits de sa caustique voix

Le duel, qui voulait pour complice les lois;

Soif que pris de pudeur devant l'étal de siéffe

Au prétoire muet reste vacant son siège;

Soit qu'en son taux espoir que !<■ verdict démenl

Son zèle ait échoué foute d'un argument,

Ou que d'un plaidoyer ï\ verve inopportune

Il ait de son client compromis h fortune.

Oh! si de quelque arrêl la folle iniquité Sur des Mis de Bartbole avait parfois porté-

A ces rats du discours dont l'aigreur nous gourmande

Si parfois arrivait la prison ou l'amende;

Si d'illettrés témoins d'actes accusateurs

Formulaient la minute a ces autres docteurs,

S'il fallait éplucher leur bavarde science

Et dans ses longs replis creuser leur conscience,

On verrait aux éclats dont gémiraient les airs

Le vestiaire vide et les parquets déserts,

Et dans le tube étroit des doctes sarbacanes

Rentrer a reculons les criardes chicanes.

D'un caquetage vain dédaignant le fatras Et donnant carte blanche aux tribunaux ingrats, Nous, faits de longue main aux douleurs de Pavie, Dans tout champ transalpin prêts à laisser la vie, Chevaliers dévoués, sans reproche et sans peur. Dussions-nous croire aussi tout perdu fors l'honneur. Pleins d'un mâle courage et la tête baissée, De nos pieds mutilés sillonnant la chaussée,

LA RESPONSABILITÉ MÉDICALE. Ml

Aux dévorants abus des plus hideux affronts

Tous les jours de plein gré nous livrerons nos fronts,

Trop heureux en perdant des dépouilles opimes

D'avoir à nos périls sauvé quelques victimes,

Et du sang qu'on prodigue à de vains oripeaux

Teint honorablement le plus saint des drapeaux.

Les fers sont impuissants à stigmatiser l'âme,

Et l'injuste cachot n'eut jamais rien d'infâme;

Mieux que le confesseur qui mourait pour sa foi,

Qu'un prince prisonnier gardant un cœur de roi,

Fiers de notre pitié pour d'ingrates souffrances,

Et martyrs tolérants de mille intolérances,

Quel que soit le brasier qu'allume un sot pouvoir s

Deux mots nous resteront : Humanité, devoir.

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i. Qui ne connaît la condamnation de ces deux médecins, l'on pour avoir, ont dit les paysans, blesse une artère dans une -aignée; l'autre pour avoir amputé le bras d'un enfant c|u*i! croyait mort, et qui a -m vécu à cette opération pratiquée pour rendre l'accouchement possible

9. Alexandre lit brûler le temple d'Esculape et mettre en croix son médecin < rlaucus, pour venger la mort de son favori Éphestion.

.".. Charles \l lit ou laissa pendre deux kugustinsqui avaient promis de le guérir par des incisions sur la tête el n'\ réussirent pas

-t. Gontchram . roi d'Orléans . lit périr deux médecins pour exécute! le désir de sa Femme , dont ils n'avaient pu empêcher la mort

;>. Lors du procès de M Hélie, en 1828, M le docteur Leroux , de Rennes , Be lit distinguer par la chaleur qu'il mil dans sa défense il lit

impri r plusieurs brochures, recueillit tous les Faits favorables .1 l'ac-

cusé One de ces brochures eut pour titre Petit etsai d'tmt petit 1 lettre provinciale

6. Voir dans la Gazette médicale et la Gazette des Hôpitaux (26 avril 4858) le compte-rendu du procès du docteur Spilling à Ecclesfield ( Angleterre); ce médecin , attaqué comme ayant été la cause de la mort d'une femme pour avoir appliqué le levier d'une manière intempestive et violente , a été accusé . défendu , jugé par des médecins , et condamné à six mois de prison.

7. Expressions des témoins illettrés dans le procès de M. Thouret- Noroy, qu'on accusait d'avoir blessé l'artère dans une saignée du bras.

8. Le docteur Hélie, condamné pour avoir réparé la faute d'une matrone; on prétendait qu'il avait meurtri l'enfant avec ses bottes.

2' sëniR.

L'homme est de glace aux vérités, Il est de feu pour le mensonge.

Il n'y a guère de magnétiseur qui , une fois convaincu de la réalité de son agent, se fasse scrupule de s'appuyer sur de prétendues expériences qu'il n'a jamais faites telles qu'il les raconte.

(Du magnétisme animal en France, par A. Bertrand, préface, page xvi.)

Toutefois l'imagination , l'amour du merveilleux ont bien exagéré les phénomènes du somnambulisme naturel.

(Rostan, Dict. de Médecine en 21 vol., art. Somnambulisme, page 365.)

La raison décide en maîtresse.

Mes yeux , moyennant ce secours, Ne me trompent jamais en me mentant toujours.

(Lafontaine. — in animal dans la lune.

LE MACNÉTISME ANIMAL.

Je ne me livre poinl à des doutes extrêmes; Au ûrmament rétui <le lois toujours les menus J'aime à délibérer combien d'ans révolus Mettent à revenir les astres chevelus.

Kl centre imperceptible au monde qui gravite Je pose aux eieux errants leur dernière limite;

Dans l'atmosphère étroite au dôme crevassé Quand d'humides vapeurs m'ont soudain traversé, Et que s'amoncelant sous le vent qui les chasse Les nuages épais se heurtent dans l'espace, Prompt à saisir l'instant où l'électrique soc Laboure un sol mouvant qu'enflamme un double choc. Astronome attentif et le front dans la poudre, Je comprends l'étincelle où s'allume la foudre. Nîrai-je la boussole au magnétique accord, Lorsque toujours sa lame oscille vers le nord , Et qu'attiré toujours d'une distance égale Le fer suit de l'aimant la volonté fatale! A ces faits résolus si je me tais et croi, J'examine avec soin toute équivoque foi; Apôtre méfiant des plus pressantes bulles, J'ai des yeux obstinés et des doigts incrédules Sous lesquels les destins eux-mêmes céderaient, Qui verraient mille fois, mille fois toucheraient Avant de convenir qu'imperceptible anguille Un chameau va passer pnr le trou dune aiguille.

Certes, si chaque athlète eût lutté connue moi, Le temps mieux éclairé n'eût point vu sans émoi Vingt siècles s'amasser sur des erreurs grossières : Promptement secoué des rongeantes poussières L'esprit humain séduit d'une fausse clarté l);ms ses langes obscurs se lût moins arrêté. Chêne sauvage et vert que la faucille é m onde, L'homme brut, inhabile à comprendre le monde Plein de lange terrestre et d'effluves divins, Trouble la vérité de ses mensonges vains ; Inquiet d'une place à son âme mortelle, Il la jette au hasard dans l'âme universelle , Kt môle comme une ombre au soleil du matin Sa frêle destinée à L'immense destin.

Puis, dans ce! océan de vie et de lumière Où chaque être a puisé sa naissance première,

150 DIX-NEl V1EME SATIRE.

Quand la rouille a creusé d'antiques talismans,

Qu'ardent à souhaiter d'autres enchantements

Le monde, en son dépit de la foi des planètes,

Exige un habit neuf pour de vieilles sornettes,

S'il lui faut un Scapin qui des galons poudreux

Fasse reluire l'or au frac des rêves creux,

Prôneur des lieux-communs qu'enfantaient nos grand-mères,

Avide zélateur de cupides chimères,

Arrivera Mesmer % qui d'un œil effronté

Aux humides vapeurs que dissipe l'été.

Dont les jets écumeux et l'eau bouillante et grasse

Fondraient en suif coulant des montagnes de glace.

Dont aux rayons ardents chaque goutte revêt

Les couleurs d'arc-en-ciel que notre esprit rêvait.

Cherche le germe errant ou la substance ignée5,

Toile que tissera la divine araignée %

Molécule animale et fantastique aimant

Qu'on impose en despote aux sens, au mouvement,

Dont on fit et Yarchée et la lampe de vie*,

Où l'huile en s'éteignant ne s'est jamais tarie,

Qu'au foyer merveilleux d'uE extatique Éden Tente de rallumer le nomade Aladin.

îMiiis des raies clients d'abord mal écoulées, L'oreille repoussant ses cures aimantées*, Hercule à dos voûté d'un culte qui tombait, Du cloître Saint-Médard ' il reprend l'alphabet, Du trépied sibyllin se l'ait un point il»1 mire, Et forgeant des clichets que l'ignorance admire De ses dogmes impurs trace les prix courants, Établit un combat de flu.v et de courants, Et dans le cœur de l'homme avec art préparée, Audacieusenient introduit la marée .

Le miracle roulant au trot de ses baquets, Il faut voir quelle foule assiège les baquets; Dans le pouce et l'index entremêlant le pouce, Le malade au malade en transmet i;i secousse

L'un tousse, ou crache, ou mord, ou faitdescris perçants,

L'autre pleure ou s'épuise en rires indécents;

Languissante d'émoi, pale de rêverie,

Une autre de ses sens entend la voix chérie,

El de vifs soubresauts son corps souple agité

Contre un mur anguleux se fût vingt fois heurté

Sans la main qui toujours à point nommé délace

Et conduit au boudoir que Mesmer matelasse '.

Des touches d'un piano, pur, suave et perlé ,

Un magnétique éther s'échappe accumulé,

Et debout, brandissant la magique baguette,

Chaque magnétiseur, Asmodée en goguette,

Des mobiles courants multipliant les flux,

Extasie à son gré de fantasques élus,

Du nectar invisible enivre ses malades,

Leur verse coup sur coup d'invisibles rasades,

Les endort, les convulsé ou calme à volonté;

Et dans ce pêle-mêle à concours éhonté,

Cuve, corde, piano, malade au même gîte

Sautent comme démons aspergés d'eau bénite " .

Sous le fertile soc dont il s'était armé Mesmer recueille alors le grain qu'il a semé; Gomme un corail perdu qui reste sur la rive A son large gousset l'or abondant arrive; Obscur et vagabond il a rêvé châteaux, De trois cent mille francs on dore ses tréteaux "; A deux zéros de moins toute l'Académie Par les jongleurs du jour se verrait endormie , Et pour peu que Dubois et Burdin veuillent bien, L'extase '' et le sommeil se donneront pour rien.

Ah ! l'on fait bon marché dans le siècle où nous sommes De la pudeur du sexe et de l'honneur des hommes; Un fou rêve... aussitôt, empressés courtisans, Surgissent près de lui d'habiles complaisants. Convives agréés de la plus chère lie . Sans cesse grandissant de folie en folie,

2* sitaïK. 20

Oui d'un 11 capital , d'un majuscule Lui Auréolent le nom de leur Dieu d'aujourd'hui . Christ de nouvelle espèce à morale verreuse, Qui, lâchant toute bride à la fougue amoureuse. De chaque vice impur ferait une vertu.

Bientôt dans la mêlée où tout est abattu. Grâce à la liberté dont va jouir la femme , 1*0111' l' Ordre combiné quittant un Ordre infatué J u vénal assailli des quatre mouvements '% A Messaline ardente offrirait des amants, Lauréate d'honneur qu'attend au phalanstère Sa palme de luxure et son prix d'adultère. Telle alors que Louis aux burlesques Dagons , Aux diables tremblotants envoyait ses dragons , Une vierge des champs, prophétesse à neuvaines. De sa langue hébraïque insurgeait les Cévennes , Et devant son Seigneur mettant honte dehors . Grâce au Panther gascon appelé Mandagors , A cœur édifié que la prière inonde , D'un autre Saint-Esprit se proclama féconde ";.

Tel Bailly , qui redoute un langage indiscret,

Sous son rapport public livre un rapport secrel

Non qu'en un tel sujet j'ose afficher <lu dont»'

Sur de chastes Joseph que la sagesse arc-boute,

Sous la tentation qui restent purs et blancs,

El les mains sur la gorge ou les mai us sur les Ûan< -

Sans quitter le cœur calme et les lèvres sereines ,

Sentiraient sous leurs doigts se crisper des sirènes

Ah! qui n'absoudrait pas de tout trafic impur

Le doux , le généreux, l'innocent Puységur

L'orme de Busancy d'impeccables ombrages

hait refusé sa feuille à <le pareils outrages.

Dût le village entier en burlesques élans

Se ruer vers le parc connue un troupeau d'Élans,

Dût-on, aiguillonné d'un souffle de discorde,

S'y disputer du poing une place à la corde,

Et par vingt glands humains dont un chêne eût ployé

Chaque argumentateur à son tour coudoyé

Dut-il sur sou visage offrir en rouges plaques

Les traces des grelots de ces lustres opaques

D'où sortent des soupirs dont le tam-tam chinois De ses aigres poumons imite mal la voix , Qui de nous, envieux du bonheur de ces fêtes, Aurait assez de plomb pour de pareilles têtes ! Sur un autre tremplin et d'un saut opportun N'a-t-on pas vu bondir les vierges de Loudun?

Que ne fontpoint des saints que Dieu lui-même inspire? On les voit, s'apprêtant à subir le martyre, Prophètes endurants qu'on livre aux grands secours '', Sans boire ni manger vivre quarante jours; Et squelettes collés le dos à la muraille Sans froncer le sourcil et sans perdre une maille, Recevoir , résonnant comme un tonnerre sourd , Cent coups bien appliqués du chenet le plus lourd. D'un poids de trois milliers leur peau n'est point émue; Sur leurs crânes intacts rebondit la massue ;

Parfois à coups de bûche ils ont même enfoncé Les bosses dont leur corps se trouvait hérissé , Et sous l'étau de plomb d'une main alourdie, Devins anticipés du don d'orthopédie, Ils nomment en riant sucre d'orge ou biscuit ° Le pieu qui les soulève ou le four qui les cuil.

Beau temps où Nicolas ■' enchaînait la tempête; Où Denis décollé " portait en main sa tète; Où de Thom-Courteuay ,3 tout disciple entêté Sous la balle homicide aurait ressuscité; Où, loin du vain bourdon d'une presse importune, On miraculisait les taches de la lune; Où, dès qu'en son parloir un prophète gloussait, L'argent à pleines mains tombait dans son gousset, Où, popularisant la foi la plus crédule. On pouvait à coup sûr sous un œil somnambule

Comme un cristal poli distinguer au cerveau

Le mal invétéré du désordre nouveau,

Et tracer à grands traits au niveau des viscères

Et des fongus obscurs et de latents ulcères .

Sans doute fatigué d'un procédé vieilli,

Comme un pourpoint troué que l'on voue à l'oubli

Le sceptre de Mesmer gisait dans la sacoche ;

Et les mains dans la manche et les yeux dans la poche

On ne s'étonnait plus de ces Lévites purs

Qui, lisant sans lumière et par-dessus les murs,

Au dos des assistants en chiffres diaphanes ,

Disaient l'heure aux cadrans voilés par les profanes.

A peine cependant avait-on inventé

La cure illimitée et le sel aimanté s5 ;

Sur nos chemins bourbeux on ne pouvait mieux faire

Qu'emballer le fluide en lourd célérifère.

Et Paris et Berlin par de tardifs retours

Se le réexportaient de quinze en quinze jours.

De X alphabet divin à trop lente riposte

Les messages prudents n'allaient qu'un train de poste :

LE M IGNET1SME VNIMAL

Une vapeur puissante émise en nos Fourgons

Ne leur promettait point de veloces wagons;

VA je ne sache pas (pi'en un ballon juchée

Jamais en parachute eût descendu Xarchée^

On qu'avec Rfontgolfier an risque des dégâts

On l'eût évaporée à la chaleur du gaz.

On voyait bien encor quelque cervelle creuse

Applaudir au moelleux des passes de Deleuze

De ses doigts qu'il secoue arrosant à droit (il

Le corps dont rien n'échappe an fluide subtil -

Qu'il baigne k grands courants comme en cesmerségales

Où les vents alises écartent les rafales ,

Où, comme un chat rétif qu'on caresse a rebours

Jamais de la mousson n'a rebroussé le CÔUrs.

Dans le cercle sans lin on le temps nous ramène Quelle borne poser a la folie humaine

Un docteur n'a-t-il pas, quelque trente ans passés Hardi spoliateur de nos sens déplacés, Sur un point circonscrit de notre économie Greffé goût et toucher , vue, odorat , ouïe ; Comme un escamoteur tire un œuf de son sac, Pététin les sortait du creux de l'estomac î;. Désormais inutile à sa cataleptique 2S La tète tout entière au centre épigastrique 2l Devine à son revers chaque carte du jeu; Quelle sauce épicée apporte un cordon-bleu ; Quel son imperceptible à des oreilles fines Les Orfila du jour tirent de leurs poitrines; En quel sol odorant une humble rose a cru. Et pour peu qu'en juillet l'extatique eût paru Tout obscur combattant des brillantes journées D'une main d'épigastre eût reçu les poignées.

le ma<;m:tisvii; animal ici

Ainsi sont prodigués comme de vains rébus De phénomènes vrais les mensongers abus; Mais qu'on cite un docteur dont l'imprudence nie Ces faits où la nature excella de génie? Quand le vrai somnambule à son lit arraché Vers un but périlleux sans péril a marché, Que sur le bord des toits on le voit avec crainte Suivre un sentier glissant sans y laisser d'empreinte, Clairvoyant souvenir d'un clairvoyant passé, Dans l'écrit incorrect que sa main a tracé Se lit de son cerveau l'extase maladive ; Et de quelque couleur que le lait s'enjolive, Chacun peut à son tour de ses propres yeux voir Ce que la raison seule aurait lait concevoir, Paut-il avoir recours à des erreurs d'optique Pour trouver au repos d'un bras cataleptique Quelle force avérée ou quel ressort secret Prête au muscle mobile un immobile arrêt, Quand on peut librement en varier les poses. Assister l'œil ouvert a ses métamorphoses,

Et qu'on n'a nul besoin pour tricher à ce jeu

Du fluide subtil à rayon rouge ou bleu3'?

A-t-on pensé jamais à traduire au grimoire

Les singuliers écarts que subit la mémoire?

Si ces écarts parfois aux savants comme aux sots

Otent le souvenir des choses ou des mots,

Ou si de sang veineux quelque goutte amassée

Au cerveau qu'elle creuse opprimant la pensée,

Du corps qui promptement meurt de la tête au pied

Comme une huile figée a glacé la moitié,

Vient-on, le dos chargé d'une absurde besace,

Émerveiller la foule aux tours de passe-passe,

Et fausser la formule en un codex fraudé

Comme on souffle une carte ou comme on pipe un dé.'

Ah! rejetez l'oracle où le sens est oblique: A de sages esprits le merveilleux s'explique;

Tout est ou tout n'est pas, rien n'existe à moitié; D'un tendre sentiment le cœur vivifié, Quand sur un front voilé, dont la pâleur s'efface, Chaude d'émotion la main passe et repasse, Et que pour exhaler l'amour, de toutes parts L'haleine a concentré ses miasmes épars, La vierge élec Irisée au souffle qui l'oppresse Rend au sylphe léger caresse pour caresse, Et comme sous le poids des incubes démons Laisse battre son cœur, haleter ses poumons; Alors le magnétisme ou l'endort ou l'éveille, Dans chacun de ses sens lait vibrer son oreille; Tout en elle est esprit, tout âme et sentiment; Effrontée, elle ment sans savoir qu'elle ment. Et de son corps ému d'une sublime joie Pas un atome alors qui ne sente et ne voie. Mais la limite est là, qu'on la pose, il est temps; Fats crédules arrière, arrière charlatans, (Jui croyez, aux accents d'une vénale lyre. De vos magnétisés escompte!' le délire.

Et, niais ergoteurs qu'on déguise en devins, Asservir la nature à vos caprices vains!

Ainsi quand le public à folâtre marotte Applaudissait Potier 32 aux genoux de Lololle. Dévouant aux lazzis dont il agitait l'air Un autre magnétisme ayant pour nom Werther, Apparut Faria 33 dont la voix haute et fière Annonçait le Messie en des flots de lumière ; Créole qui, poussant l'impudence plus loin, De passe et de courant crut n'avoir plus besoin; Confiant au succès d'une force brutale, Dictait à tout venant sa volonté mentale, Et dont le despotisme et le regard mutin Quelque vingt ans plus tard engendraient Enfantin 34. En ce Paris de boue où chaque fou se vautre, Deux comédiens posés en faee l'un de l'autre

LE MAGNETISAI E ANIMAL. 165

Disputent au théâtre où tous deux vont jouer,

Qui l'on applaudira, qui l'on doit bafouer;

Kn des salons brillants, près des bords de la Seine

Où le nouveau prophète avait placé sa scène,

De Faria, dit-on, les dormeurs indiscrets

Poursuivaient la nature en ses plus doux secrets.

De Lucine rendaient la coupe moins amère,

Et, sur ses héritiers rassurant une mère,

Devinaient en son sein quel germe avait couve;

Ils lui disaient le mot d'un avenir rêvé :

Si d'un fils premier-né s'accroîtrait la famille;

Ou s'il fallait pourvoir h la dot d'une fille.

De tromper le trompeur Potier lit le pari ;

Orfraie inévitable en son lugubre cri,

Hydre qui du regard glace l'oiseau timide,

Qui l'aspire et l'atteint de son dard homicide.

Faria, du sommeil despote impérieux,

N'avait qu'un mot à dire et l'on fermait les yeux.

En disciple fervent Potier un jour se pose;

Au rire du public hardiment il s'expose;

Aussitôt le pas ferme et les sens allumés Faria tend les mains , le regarde : Dormez.

Avec plus de lenteur la lumière s'est laite; Phryné disputait mieux sa facile défaite; Gomme le son fêlé d'un faux Philippe d'or Potier bâille, rebâille et puis il bâille encor. Pousse un long ronflement, et, prudente momie. Il s'allonge et s'endort comme h l'Académie.

LE MAGNETISME VN1MAL n,:

« Madame voudrait bien qu'on lui dît sans façon

Si L'enfant quelle porte est ou fille ou garçon,

Parlez...» — a C'est un garçon!» dit en frappant la terre

Potier, dont la voix grêle a l'accent du tonnerre.

Pontife haletant qui lève un interdit,

« Ah! reprend Faria, ne l'avais-je pas dit?

Répétez, cria-t-il, répétez votre oracle,

Kt qu'en dépit de tous s'atteste le miracle;

Que d'un coup de boutoir de notre volonté

Meurent le scepticisme et l'incrédulité.»

v< — Un garçon à coup sûr naîtra pour la famille,

A moins que cependant ce ne soit une fille!!!»

Ainsi l'on vit naguère, habile en son projet, Pélronille abuser le crédule Georget ; Ainsi, magnétisé par de récents apôtres, Husson dans son rapport dit quelques patenôtres

Et Cloquet enfonça sans arracher un cri Dans un sein somnambule un joyeux bistouri". Tel le dentiste Oudet, bonhomme qui se pique D'appliquer sans douleur le davier 38 magnétique, Si l'on n'eût pris à temps son néophysme chaud Eût fait magnétiser toutes ses garengeot30.

Mais, hélas! aujourd'hui de sa tenace plume Dût Berna relever d'erreurs plein un volume 4"; Dût Montpellier donner à ses propres débours Vingt filles de Pigeaire " encor tous les huit jours. Qui d'une foi naïve et d'un regard superbe Liraient à dos tourné vingt strophes de Malherbe, Et comme un Adelon, un Guéneau de Mussy ' De leur sublimité nous convaincraient aussi ; Dût un nouveau rapport nous ordonner de croire Les contes les plus bleus que rêverait l'histoire ;

Dût Salvandy lui-même exhumer, endormis.

Des plus lointains climats trente Petriconis Qui jusque dans le sein des mères de ramilles Verraient à livre ouvert les garçons ou les lillcs: Dût-on, nous arrachant aux caprices du son . Faire une exception des règles de la mon . Et du fond de la Corse et sans qu'à l'heure ou faille Prédire qu'un soldat est parti de Versaille; A jour fixe et précis quelle mortalité De la triste Amérique afflige une cité; D'une robuste foi qui jamais ne recule Laisser voir dans la lune à chaque somnambule Des habitants boiteux au museau long et laid Qui récoltent des fruits ou qui boivent du lait Près de ruisseaux coulant à fontaines serrées l'ourse précipiter en des mers ignorées; Ces mêmes habitants vêtus de draps grossiers Dont on a tout bien vu , hors pourtant les souliers. Aux prophètes du jour, guérisseur acrobate. Magnétiseur actif, inerte bomœopathe .

Je dirais à voix haute ou du moins à part moi :

Heureux si vous croyez , j'excuse toute foi ;

Qu'on rebâtisse un temple au culte d'Arimane,

Je souffre le délire en une tête insane ,

Mais Voltaire avait dit du miracle ici-bas :

« Ce que vous annoncez, peut être... ce n'est pas. »

l. Le sysicinc de l'âme universelle a pria naissance dans les temps les plus reculés; la plupart des Becles philosophiques chez les anciens l'admettaient.

3. Mesmer n'a créé «lu magnétisme que le baquet; Bon système esl une co|ii<' grossière des systèmes de Paracelse, de Van Helmont, de Santanelli, <!<• .Maxwell, etc.

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