‹ Némésis médicale illustrée (volume 2)Chapitre 3 sur 43 · S&IB · texte numérisé non relu

S&IB

66 QUINZIEjME SATIRE.

Jl a sur ce sujet, que sa verve élucide , Amplement satisfait notre espérance avide. Tel, d'une habile main, sous un aspect nouveau. Lallemand explora l'urètre et le cerveau; Tel, de la syphilis, où son zèle se joue, Ricord sonde avec soin les replis et la boue ; Au chemin qu'Alibert avait su se frayer, Tel Biett a devancé Cazenave et Rayer : Tel, avec tout le soin d'un sévère scrupule, Lugol, l'iode en main, poursuivit la scrofule"; Tel on voit après lui, par de nouveaux essais. Un autre Baudelocque espérer des succès; Tels enfin, soutenus de leur expérience . Guersant a consacré ses veilles à l'enfance : Esquirol, de Pinel élève suzerain, Ouvre une large voie à Falret, à Voisin '°; Guérin, Bouvier % au frein de leur orthopédie Soumettent avec art un dos qui se dévie.

LES SPECIALITES

Et du lendon d'Achille, émendanl le défaut, Duval incise, allonge et redresse un pied l>oi.

El moi, dont si souvent l'infâme calomnie Dans son impur levain voulu! pétrir la vie, Qu'au gouffre dévorant du brasier internai. La haine a déchiré de son couteau fatal;

Moi, séquestre '5 vivant d'un monde que j'ignore, Qui, sans mieux le savoir, vivrais mille ans encore, Dont, au moindre contact d'un vain souffle ennemi , Chaque muscle a vibré, chaque nerf a frémi; Qui, de la tête aux pieds, humaine sensitive, Pousse sur tous les tons une note plaintive; Moi, dont l'esprit se joue aux plus riants ébats, Athlète curieux de dangers, de combats, Qui, d'une égale force et d'une ardeur égale, Tendrais le luth joyeux ou la flèche fatale, Et demain sur l'arène, en mon cirque agrandi, Jetterais au pouvoir le gant le plus hardi; Aujourd'hui retenu dans ma sphère bornée, Bridant ma muse aux chants où je l'ai condamnée , Je veux, prompt à frapper, sans délai, sans détour, De ma lice dix fois recommencer le tour; Dix fois t; je veux encor, sans franchir la barrière, Fournir à franc galop ma pénible carrière ; Et de Y Art de guérir '7, que je maçonne au stuc. Au tamis le plus fin j'exprimerai le suc...

Alors, sous le fronton dont la voûte est formée, Le chantre médical pose sa renommée; Heureux d'avoir rempli, sans écarter du but, La spécialité de mon premier début, Je vogue a plein courant au fleuve littéraire : Et, d'arides travaux habile à me distraire, Joyeux, triste, emporté, vif et calme à la fois, A mille accents divers je façonne ma voix ; Privé de bouclier, sans armes spéciales, Je déroule au hasard de magiques spirales; Et si je tombe enfin, et si, mort à demi. D'ivresse ou de torpeur on me trouve endormi, Qu'un Saumaise futur, dans mon esprit malade, Inhabile à trouver le mol de la charade, Sur ma tombe ignorée où le glas va sonner, Écrive avec dédain : Énigme a deviner.

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