‹ Némésis médicale illustréeChapitre 5 sur 29 · I" SÉRIE · texte numérisé non relu

I" SÉRIE

Remplaçons-le plutôt par la vive férule ; L'odieux est ici voisin du ridicule , Et qu'on prenne la page ou tourne le verset , Sur l'un s'écrit Mérat, sur l'autre Pariset.... Parisel, bel esprit et renommée étrange, Du renard et de l'aigle indicible mélange , Magma pétri d'orgueil et de simplicité , La Fontaine de ruse et de dextérité; Secrétaire imposé par un roi légitime , Du cordon sanitaire opulente victime , Ignare en Hippocrate et savant en pouvoir . Et de tout corbillard Vicq-d'Azyr ' a tiroir.

Qu'il était beau le jour où, l'esprit en balance , D'Amiral et de Chervin il calculait la chance ' ! Mais lorsque sur son front le funèbre écrivain Sentit comme un marteau tomber ce nom : Chervin!

L'ACADEMIE

Une affreuse pâleur trois lois sur son visage

De son jaune orangé dissipa ie image;

Trois fois sur son fauteuil, qu'on aurait dû sceller 4

Du poids de tout son corps on le vit chanceler.

Toujours sans passion, toujours inébranlable,

Face à face s'assied son rival redoutable;

Là, glorieux vainqueur de la contagion,

Sa force îles combats attend l'occasion;

Tel on l'a vu jadis sur de lointains rivages

Dépenser sa fortune en longs pèlerinages;

Tel, lorsqu'à son retour, de tous ses documents

Il court à l'Institut livrer les monuments,

L'Institut étonné, par un vote unanime,

Du grand prix Motithyon lui décerne la prime;

Tel, Barème nouveau, sa science répond

Aux calculs hasardes de Ségur-Dupeyror ;

r< I enfin au retour de l'Espagne fiévreuse,

De Louis, de Trousseau campagne malheureuse.

L'arène médicale m soudain retenti

Des singularités d'un double démenti

Ah! s'ils se répétaient, à notre Académie Des contrastes pareils donneraient de la vie : Peut-être verrait-on d'un chaleureux débat . Grâce à quelques Chervin, se réfléchir l'éclat. Que deviendrait alors notre vaine satire? Trouvant dans Pariset tout l'esprit de l'empire . L'ancienne Académie assise à ses côtés Nous paraîtrait alors riche de pauvretés; Témoin cette séance auguste et solennelle. Où, prodiguant à flots sa louange éternelle, Naguère il a sans fruit, sur un lourd piédestal, Tenté de réchauffer les cendres de Portai 5; Où l'obscur Renauldin, d'un ennui méritoire A deux heures durant l'ait bâiller l'auditoire, Et ressassant à froid de froids procès-verbaux , En a d'un vain effort tourmenté les zéros '

Quels travaux, en effet, et quelle Académie! Ombres des Mareschal et des La Pey rouie ,;,

L'ACADEMIE. '>•'

Vous tous Louis, Faget, Foubert, Petit, Quesnay, Garengeot et Ledran, llévin el Duveruay , De honte et de douleur voilez votre visage; Voilà l'Académie à l'imposante image Qu'à votre Académie on désigna pour sœur; Où Portai vous élut à tous un successeur! Choisissez donc vos (ils en cet amas profane, Bagneris, Bouvenot, Aulagnier, Moringlane. Abraham, Bouriat, Geoffroy, JVlaret, Horeau, Henoult, Guiart, Dizé, Mitouart, Gratereau! ! ! De ces illustres noms au cliquetis étrange Qui connaîtrait sans nous le bizarre mélange? Soyez encor surpris qu'un cloaque pareil Jamais n'ait vu briller un rayon de soleil.' Qui donc y porterait et le souille et la vie Broussais, Guersant, Rayer, Serres et Magendie, Dupuylren, Marjolin , Duméril . Récamier, En laissent à loisir s'éteindre le foyer; Et si quelques adjoints, d'un charitable zèle, N'en taisaient au hasard jaillir nue étincelle;

Au cerveau rétréci du fougueux Deslongchamps

Si Planche et Robiquet n'opposaient leur bon sens;

Si Bouillaud et Rochoux, brûlants d'indépendance,

A quarante ventrus n'imposaient le silence ;

S'il fallait répéter du frêle Villermay

Les reproches jaloux qu'il adresse à Boulla\ :

S'il fallait signaler tout orateur maussade,

Et comprendre Castel, et traduire Salmade;

Au babil cadencé du riant Collineau

Opposer la faconde et le nerf de \ elpeau ;

Cet ennuyeux travail glacerait notre plume.

Il vaudrait mieux cent fois relire le volume

Dont notre Académie en dix ans de travail

Médita le fatras comme un épouvantail ;

Ou, docile à compter sur l'ordre de lecture,

Des rapports d'Adelon composer sa pâture.

Et sur les bancs déserts, consumé de ferveur,

Attendre quinze mois un tour dit de faveur.

Il vaudrait mieux encor, famélique de gloire,

Sur leurs sujets de prix écrire un long mémoire:

L'ACADEMIE r

Dût-on lutter toul seul, el remporter ces pris

Qu'ont dédaignés dix ;tns la province et Paris ; Dût-on, en lauréat de nouvelle fabrique, Endosser, pour cueillir la palme académique, Le costume brodé, le burlesque chapeau Dont Marc a sans pitié travesti le Bureau .

Toi qui n'as point appris de Ballos a le taire, Des comités secrets divulguant le mystère, Neinésis, conte-nous par qui Cul exhume Le ridicule frac, le tricorne emplumé : c En costume vert-d'eau, des princes idolâtre. Nfaguères chez son roi déjeunait l'archiâtre ; Ud fils de la maison, du surnom d'artichaut En riant aux éclats l'apostrophe tout haut. De ce mot malheureux l'indigeste épigramme Trouble son déjeûner; il jure au fond de l'àme

De changer son costume; et chez Bercbuz d'un bond S'en va désopiler son courroux vagabond . Là, des dessins d'habits qu'à la hàto il ramasse Il forme sous son bras une énorme liasse, Et, ployant sous le faix, suant et sang et eau. Au conseil qu'il préside apporte son rouleau : Amis, lorsqu'au château le retour de l'année D'une royale main nous promet la poignée ; Au sein des courtisans de cordons chamarrés. Irons-nous hasarder des pas mal assurés? Et, lisant le dédain sur toutes les figures, Par notre noir râpé provoquer les injures? Ah ! pour qu'à l'avenir des huissiers mal appris Ne nous annoncent plus d'une voix de mépris. Des grands corps de l'état adoptant la coutume , Changeons plutôt cent fois de couleur, de costume; J'ai de quoi satisfaire à des vœux exigeants. Voyez : la forme est neuve et les prix engageants ; Trompons des envieux la malice cruelle. » El du double rouleau détachant la ficelle.

L'ACADEMIE. v.)

Il déploie aux regards de son sizain d'amis

Les dessins que Berchuz dans ses mains a remis.

A cet amas confus d'or, d'argeni el de soie. Le conseil tout entier poussa des cris de joie; Mératen tressaillit. Renauldin en trembla; L'ivresse se peignit dans les yeux d'Orfila; Pariset, l'étreignant d'une accolade ardente., Fit tomber sur sa joue une larme brûlante... Mais, s'écria l'un d'eux, ayons garde aux sifflets : Qui fera des journaux taire les quolibets?... Les journaux, il csi vrai, dit Marc d'uo ton maussade, Sont chose bien lâcheuse à la lois et bien fade : Tout prête à moquerie a leur malignité; La Lancette a surtout un ion bien effronté. Mais vienne le tricorne <'i paraisse l'épée, Li ma juste vengeance v sérail bien trompée

I " M-'HIi

Si je ne refoulais dans le gosier des sots Le rire impertinent, les insolents propos.

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