Partie de la science qui traite des maladies des yeux
10. Praticiens qui ont publié des ouvrages estimés sur les maladies de la peau.
11. M. Lugol a obtenu le grand prix de 10,000 fr. à l'Institut pour ses applications nouvelles de l'iode au traitement des scrofules.
12. MM. Falret et Voisin ont fondé à Vanves, comme M. Esquirol à Ivry, un magnifique établissement pour le traitement des aliénés.
15. Directeurs des instituts orthopédiques de Passy et de Chaillot.
14. M. Duval a le premier propagé en France la méthode de l'incision dans les pieds-bots. Il compte un grand nombre de succès.
2e SÉRIE. io
NOTES
15. Le mot séquestre, qui désigne une portion d'os nécrosée, m'a paru pouvoir être pris dans l'acception que je lui donne.
16. Allusion aux dix satires que je vais publier encore pour compléter la Némésis médicale.
17. VArt de guérir, poème auquel je travaille avec ardeur, et que j'espère publier un jour.
Pour oser les blâmer sommes-nous donc des anges ?
Legouvé, le Mente des femmes.
LES SAGES-FEMMES
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Que craignez-vous . rua bouche pudibonde Sur un miroir souffle sans le ternir; C'esl un creuset où l'alliage immonde Au pur métal n'oserait point s'unir:
Ma Némésis du coursier qui l'entraîne Adroitement sait modérer le frein, Et dans le Styx, qui lui sert d'hippocrène , Jamais ne puise un cynique refrain.
Comme Lucine à la pudique flamme, Femme, elle cède aux faiblesses de femme, Mais ses transports ont de la chasteté ; Entremêlé de myrte et de dyctame ', Son front est pur, et l'ardeur de son âme Ne fait point tache à sa virginité.
Oh! quand, ému des douleurs maternelles, Aux chastes flancs que nous voyons s'ouvrir, De l'œuf humain pour des chances nouvelles Sort l'embryon qui demain va mourir; Oserait-on d'une bouche adultère Jeter le souffle aux zéphyrs indiscrets?
LES SAGES-FEMMES
Tout est misère en un lit de misère; Au froid hiver la rose printanière Naîtrait plutôt sur le tronc du cyprès.
De l'accoucheur que font le sexe et lage? L'âge et le sexe ont, à mérite égal, Un égal titre au beau surnom de sage.
Du même fief châtelain féodal, Tout esprit docte à son gré se l'arrogé ; Soit qu'à longs plis descendent sur sa toge, Incessamment par l'Amour caressés, D'épais cheveux artistement tressés; Que sur sa bouche erre au milieu des charmes Le doux souris qui va sécher les larmes ; Soit qu'aux ennuis où son front s'est moulé, Encor pétri de morgue scholastique, L'œil mâle et fier, ou sévère, ou caustique ,
Dans le travail sa foi d'homme ait doublé ; La foule accourt et ma voix la rallie; Non cette foule où domine la lie , A nos besoins insuffisant fretin, Faible soutien d'une école affaiblie Où s'éteindront Moreau, Dubois, Hatin , D'autres encor que ma mémoire oublie ; Mais bien la foule où d'un meilleur renom Vivent Dugès, Gardien, Capuron, Et Villeneuve % espoir de Massilie; Et mille, mille à qui manque un essor, Dont l'aile bat, quoique sur terre encor, Qu'un souffle d'air, une brise qui passe Au moindre choc lancerait dans l'espace.
Mais, dira-t-on, laissez vos ventriers, Gent secourable aux secrètes faiblesses,
LES SAGES-FEMMES
Accoucheurs- nés de reines, de princesses .
Se disputer ou chardons ou lauriers:
Chardons, lauriers ont des branches rameuses
A vous des mets faciles a broyer.
De la science a docile espalier .
A vous, enfin, a vous les nccrucheusès.
Oh. comme ici. sous mon vers indiscret Dans son éclat l'École reparait : De quels chefs-d'œuvre elle se pare et brille: Quel linge sale à laver en famille:
Et pour blanchir de jaunissons fleurons Quelle lessive à chauffer aux chaudrons! Non que soudain de mes justes critiques. Prompt a jeter d'inopportuns éclats.
J'aie à flétrir cet hôtel des cliniques Bâti naguère avec tant de fracas :
Où, resserrés comme aux étroites stalles,
On ose encor du nom pompeux de salles
Y décorer d étouffants galetas;
Que coup sur coup d une haleine ennemie
A quatre fois souillé l'épidémie ;
Et que la fièvre 3 aux retours malfaisants
A quatre fois fait fermer en trois ans.
Qu'on ose encor l'ouvrir, et de ma bouche
S'échappera l'irrévocable arrêt ;
Ma voix est forte et l'anathême est prêt :
Malheur à ceux que la mitraille touche
Quand la justice amorce les canons!
En mille éclats elle brise leurs noms;
Un mot suffit : de hideux cabanons
Heurtent les yeux de leurs femmes en couche 4;
Écartons-nous de ce double charnier ;
LES SAGES-FE>DIES
Loin «lu cloaque où la mort a son trône. Sur un coteau que plus d'air environne. Et qn'Arago nous rendit familier, Est un palais qu'une pitié divine Au siècle d'or a bâti pour Lucine; Penser d'amour, œuvre de charité.
A juste droit nommé Maternité .
C'est un refuge à des larmes amère>:
Aux orphelins on y garde des mères.
Et tout écho qui réfléchi! des sons Des Baudelocque y redit les leçons.
Naguère encore Boivin et Lachapelb- Ont illustré la Salerne nouvelle.
Et maintes fois sur le divin trépied.
Ange de paix aux douleurs qu'elle veille. De Trotula " l'ombre fraîche et vermeille Près d'un chevet souriante s'assied.
Belle d'attraits, de vertu, de science.
Belle surtout de son expérience.
Telle, échappant a d'injustes mépris.
D'un culte saint consolante prêtresse , Dans l'art si cher aux dames de la Grèce , Malgré les lois Agnodice eut le prix 8. Telle Perrette , hélas ! mélancolique , En robe simple , en simple capuchon , Calme , subit sur la place publique L'auto-da-fé d'une sentence inique, Et dont un roi la releva , dit-on 9.
Qu'ai-je entendu? Perrette ventrière, Qu'un parlement transformait en sorcière ; Ah ! qu'elle garde un insultant pardon ; Fi de son aide et même de son nom !
Fi des talents, des vertus de bricole!
Quel Orfîla de sa puissante main A déposé la griffe d'une école Au sceau menteur de leur faux parchemin ?
LES SAGES-FEMMES
Est-ce au sortir d'examens de parade Qu'on leur transmit la sagesse et le grade , Fruits sans saveur qui vont sécher demain ? Ah ! dans ce siècle est-il rien que l'on n'ose ? La convoitise y gâte toute chose ; En cette École aux fréquentes rumeurs , Plus d'un élu que le pouvoir révère Met , en dépit de son maintien sévère , Sous ses deux pieds la justice et les mœurs.
<( Pourquoi baisser votre paupière humide ? De vos regards je suis fier et jaloux ; Levez ces yeux dont l'éclat est si doux ; Est-ce bien vous que ma robe intimide?
Ah ! croyez-moi , que vous disiez ou non De vos auteurs la matière et le nom , N'eussiez-vous fait qu'une croix pour paraphe ,
La langue admet parfois certain écart , Montesquieu même en a commis sa part 0 Honte aux pédants qui savent l'orthograph
L'écho redit ce propos engageant De halle en halle aux provinces voisines ; Vingt Jeannetons à l'œil encourageant L'ont entendu jusque dans leurs cuisines; L'impur graillon en tout sens le transmet, Mais au dehors cette odeur ne se borne , L'École en hume un odorant fumet ; Et sous la toque, à plus d'un nez gourmet Monte un parfum de quelque maritorne.
LES SAGES-FEMMES
A qui la faute et le mal tout entier?... A vous, régents des classiques royaumes, Qui trafiquez de vos coûteux diplômes Comme on ferait un impôt maltôtier.
Sous vos juris la récolte est facile , Mais sans soleil avortent les moissons , Et du scrutin au flanc large et docile Un cuivre impur dénature les sons.
Pédants titrés, prodigues de couronnes Dont les lauriers sont à peine tressés, De source impure à flots longs et pressés Sortent encor mille et mille matrones; Mais s'il en est qui de toute hauteur, Fermes d'esprit, fortes de conscience, Osent briguer un brevet de science, Et marchent droit au bonnet de docteur, De vos moulins remettant l'aile en panne, Au candidat vous jetez le harpon, Émerveillés que le public profane, Qui rit parfois des docteurs en soutane,
Ne siffle pas un docteur en jupon l2.
Qui donc siffler? répondez, est-ce Stone 3, Ou Saint- André qu'elle grime en Scapin, Et voue aux ris dont la plèbe bretonne Suit Godalmine accouchant d'un lapin?
Est-ce Nihell dont la main impolie D'un coup de fouet désarçonna Smellie 4? 0 sacrilège! à l'élève ébahi L'habileté du docteur diplomate Développait un informe automate; Il lui faisait un ventre en cuir bouilli; Une vessie y singeait la matrice , Chaste utérus où dans la bière glisse Une poupée à cire molle et lisse ; Et le bouchon tamponnant l'orifice Sous la ficelle obéissait au doigt ;
LES SAGES-FEMMES
L'eau jaillissait du factice détroit, Mais Nihell rit d'un rire de mégère ; Kire fatal qui, malgré le bouchon, A fait jaillir un dernier flot de bière, Et dont l'éclat a brisé le cruchon.
Quel sel mordant, quelle épigramme fine Pourrait atteindre en ses indignes jets Ou Lachapelle. ou Legrand \ ou Dugès r;, Docteurs de fait sous le seing de Lucine ? Et Siéboldt '7, double greffe germain, Boivin encor, lustre de sa patrie, Et Wittembach, d'un sang français nourrie, foutes docteurs par droit de parchemin!...
Et maintenant, comme un fer qui se rouille, Renverrez- vous la femme à sa quenouille , Et d'une trame aux dévorants ennuis Enchevêtrant et ses jours et ses nuits, Aigres de ton et de voix bien amère, La livrez-vous aux seuls devoirs de mère? Mais sa santé lui défend tous les mois A jours égaux, dites-vous, les émois; Neuf mois durant, une ardeur imprudente Nuit au progrès dune grossesse lente ; L'insouciance au fruit qu'elle a porté Eût mis obstacle à sa fécondité, Et dans le sein d'une docte nourrice Un rien suffit pour que le lait tarisse. Travaux de nuit sont alors sans attraits; Comment se plaire encore aux œuvres rudes ; Interrompant de douces habitudes, Comment offrir à des esprits distraits D'âpres labeurs, de sévères études?
Coupez donc court à tout nouvel effort;
LES SAGES-FEMMES
Plus de docteur à titre hermaphrodite ; Du Grec jaloux pour la race maudite
Renouvelez l'ostracisme et la mort
Sinon, cessez d'injurieuses plaintes, Et des pleurs feints, et des alarmes feintes; On peut se faire à des profits moins grands; Pour qu'un étal prospère et s'achalande Ne faut-il pas qu'au public qui marchande Chaque commère offre ses prix -courants?
Quittez l'air sombre et le regard farouche Que la colère, amoindrissant vos cils, Ne fronce pas de sévères sourcils; Laissez le rire errer sur votre bouche ; Dût une enseigne à chaque carrefour Intercepter la lumière du jour,
Ah ! qu7à son gré, saigne, vaccine, accouche'*
Toute matrone... Au fœtus arrêté
Que toute voie à main harde pétrie
D'un vin bien chaud soit promptement flétrie ;
LES SAGES FEMMES
Tartout déjà l'utérus contracté, Hâtive proie à la douleur hâtive, Comme accusé de faiblesse rétive, Convulsé et meurt, grâce au seigle ergoté11. Toute pitié serait et vaine et folle ; N'a-t-on pas vu certain pédant d'école D'un fer rapide au tranchant inhumain , Sans cesse armer son homicide main/ Prompt à creuser tous les jours une tombe, En vain sous lui le malade succombe, 11 recommence encor le lendemain :
La vanité du crime est sœur jumelle ; Et quand, hélas! sans méthode et sans frein, L'insanité succède à Dupuytren, Qu'attendra-t-on d'un Sangrado femelle?
Le temps n'est plus des charitables soins;
9ï SEIZIEME SATIRE.
Les hôpitaux manquent a nos besoins; Et de nos jours, d'une intendance avide, Mieux que le fer du stylet assassin Qui du fœtus a labouré le sein, L'esprit étroit pousse à l'infanticide 20. Des innocents le meurtre est ordonné ; Les voyez-vous ces mères à l'œil morne ! . . . Ah! révoquez un firman erroné, Ou voulez-vous, par l'honneur condamné, Qu'en nos cités au pied de chaque borne Gise sanglant et meure un nouveau-né?
Et vous, régents d'études imparfaites, Dont les leçons sont un constant larcin, Des nourrissons qu'aux deux sexes vous faites, L'une est manœuvre et n'est pas médecin , L'autre docteur, mais en pratique ignare;
LES SAGES-FEiVJMES.
Pour lui du temple on a fermé le seuil 21 ; Et de tous deux quand l'orgueil les égare, Du vrai savoir dont vous fûtes avare L'humanité porte seule le deuil.
y. ; se ■
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NOTES
1. Le dyetame passait chez les anciens pour faciliter l'accouchement. Lucine en était couronnée.
2. Jeune accoucheur de Marseille qui donne de grandes espérances.