Sage-femme en chef de la Maternité
16. Madame Dugès, mère de madame Lachapelle , aïeule du professeur Dugès.
17. Mesdames Siebold , mèreetfiile, célèbres sages- femmes de Darmstadt , ayant le titre de docteur, ainsi que mesdames Boivin et Wittembach.
18. Ces mots se lisent sur la plupart des enseignes de sages- femmes.
19. L*abus du seigle ergote est poussé trop loin par nos sages-femmes, dont quelques-unes ont encore l'ignorante prétention d'apprêter les parties sexuelles avant l'accouchement.
20. Le conseil des hôpitaux et le préfet de police ont impose à la réception des enfants trouvés dans les hospices , des entraves dont le résultat a été l'accroissement énorme du nombre des infanticides.
21. Ceci est vrai; si les sages-femmes manquent en général d'instruction scientifique , les jeunes docteurs manquent de pratique en accouchement. Peut-il en être autrement puisqu'ils ne sont pas admis à la Maternité !
Fiance ne doit pas mourir à PHôtel-Dieu. Barthélémy, Némésis, le Choléra-Morbus.
Non. je n'ai pas tout dit; des fanges de l'École Se détache aujourd'hui ma bouillante parole; D'un adieu prolongé saluant ses tréteaux, Mon ardente espérance est toute aux hôpitaux ; Où mon but est marqué le devoir me ramène. Mon cœur brûle déjà d'une foi surhumaine;
Aux peines, aux travaux mon visage pâli
Témoignait malgré moi d'un organe affaibli,
Mais près du lit du pauvre, où je reprends ma force,
La sève rajeunit ma renaissante écorce,
Et lorsque le sujet s'étend et s'agrandit,
Puis-je me taire, moi, moi qui n'ai pas tout dit!
Oh! que d'élans encor dans mon âme oppressée; Comme je m'abandonne au flot de ma pensée, Quand je songe au besoin sans cesse répété Qu'ont de nos hôpitaux l'art et l'humanité! Si le juste dédain qu'inspire une guenille D'un perroquet bavard perce la souquenille, Si l'inutilité de ses poudreux ébats Le force à redescendre au niveau le plus bas; Que m'importe le flux qui, balayant la plage, Rejette au sein des mers un menteur étalage?
Tel, admiré d'abord pour nous avoir surpris,
Bientôt à juste titre est payé de mépris
L'orateur ondoyant dont la souple éloquence
Sans foi, sans probité s'anime et se dépense ;
Dont l'âme ne s'arma d'un vigoureux essor
Qu'au son surexcitant de l'argent ou de l'or,
Dont je trouve au gousset l'avilissant arcane
Qui lui fait agiter l'antre de la chicane.
Qu'il nous livre à haut cours et même à pr ix coùtans
Son art, ou sa parole, ou ses orviétans,
De tout Pasquin public à formule factice
Le bon sens qui s'éclaire a bientôt fait justice:
Ainsi quand du scrutin sort, pareil au projet,
Le chiffre exagéré qu'on retrouve au budget.
Le pays, indulgent au ministre qu'il tance,
Reproche au député sa stérile jactance;
Ainsi quand aux sursauts d'un élan emprunté
Sème orgueilleusement sa vaine piété
Un froid prédicateur, Escobar à l'enchère,
On rit des craquements qu'il imprime a sa chaire;
2e SÉKTF» 1 'l
Mais le prêtre modeste et de charité plein , Dont le cœur bat d'amour sous son habit de lin, Et dont la voix dément toute parole austère, Trouve l'écho fidèle à son saint ministère ; Mais le pauvre docteur qui d'un double devoir Dispense aux hôpitaux son temps et son savoir, Pasteur à don gratuit qu'aucun lucre ne tente, Ou qui de ses deniers va payer la patente, Rencontre tôt ou tard un appui mérité.
Tel l'homme que le sort traite en enfant gâté. Et dont la déshérence enrichit les hospices, Trouve à son lit de mort de souriants auspices.
Que d'abus cependant à réformer encor!
En ces lieux où se vend le cuivre au prix de l'or. Souvent des employés à l'infidèle compte De voler l'indigent n'ont pas rougi de honte,
Et sur le prêt modique offert à l'aegrotant, Souvent un bénéfice enrichit le traitant; Vêlements et boissons, remèdes, nourriture, Tout s'y livre à forfait comme en vaine pâlure. Que de fois des agents de la veille venus, Pauvres, sans une obole, en sabots ou pieds nus, Qui d'un jeu fructuant à rapide pécule Sortent la bourse pleine, et d'un char à bascule Jettent au prolecteur qui les prit en pitié La fange et le dédain qu'ils reçurent à pied !.. .
Ohî quand viendra le temps où, d'un étai facile Soutenant l'indigent jusqu'à son domicile, Les prévenants secours qu'on devrait échanger Chercheront l'homme riche et l'obscur étranger; Où le fisc qui samende, à tailles modérées Par d'équitables mains justement pondérées,
Aux membres mutilés du malheureux troupeau Cessera d'imprimer ses ongles sur la peau-, Où d'un commun accord de la grande famille Nailra ce sentiment qui chez le juste brille? Alors plus d'hôpitaux, ou l'hôpital pour tous, Maison vaste et commune où pour chacun de nous Un lit sera dressé dans une égale chambre ; Du soleil de juillet aux brumes de décembre Une atmosphère égale au bienfaisant secours. Des douleurs, de la mort y sauvera nos jours: Obéissant alors a la loi de prudence, Mutuels assurants, banquiers de prévoyance, Homme sain et malade, innocent, criminel, Tous nous y recevrons le baiser fraternel.
Aurore qui préside à d'heureuses journées. Déjà que de bienfaits pour nos vieilles années!
Ce ne sont plus ces lieux dont les porches glacés
Abritaient à plein air sur la paille entassés
De lépreux 1 grelottants une incessante foule;
Où deux à deux blottis comme en l'étau du moule ,
D'un visage inquiet que la crainte pâlit
Chacun heurte en tremblant son compagnon de lit,
Atteint avec effroi le sommeil qui le navre,
Comme s'il prévoyait au réveil un cadavre,
Comme s'il recevait, sans cesse effarouché, Les adieux du mourant auprès de lui couché *; L'air froid qui l'atteignait ne trouvait point un terme Aux rideaux bienfaisants que l'on ouvre et l'on ferme, Et de la draperie à mobile rempart L'homme riche et puissant recevait seul sa part. Combien d'infortunés, au siècle qui s'éclaire, Doivent leur existence à ce soin tutélaire!
Pieusement rebelle aux rigueurs de la loi, Ainsi Pinel, épris d'une divine foi, Interprèle sacré des droits de la nature, Du fouet déshonorant a banni la torture, Et nous attendrissant aux maux qu'ils ont soufferts, Des bras des insensés a fait tomber les fers ; Dès lors sur son grabat un cul de basse- fosse, Trappe qui maintiendrait une bête féroce,
A cessé d'enfermer, un collier lourd au col. L'aliéné fléchi sous l'écrasant licol, Grinçant les dents de rage, et d'une bouche hâve Crachant à flots impurs une écumante bave. Au vague délirant d'un esprit agité Aujourd'hui rien n'oppose un mors inusité: Jusqu'aux murs de Bicètre on peut se croire libre Laissant un large cours à toute àme qui vibre., D'un utile travail directeur éclairé.
Ferrus maintient partout un essor modéré. Et sous la vive ardeur du soleil qui le tanne, Jl achève la cure à la ferme Sainte-Anne . Asile de repos où l'on cherche a guérir Ceux que la loi naguère eût envoyés mourir.
Mais pourquoi s'arrêter sur cette heureuse voie Pourquoi se modérer dans l'amour et la joie?
Sur cet impur tréteau de deux montants troue,
Pourquoi cet échafaud honteusement cloué ?
Au fer que j'aperçois à cet horrible faîte
Qui donnera le droit de trancher une tête?
A qui donc parmi vous est échu le pouvoir
De soustraire une vie au remords, au devoir?
Quel juge parle ici de vengeance et de haine;
Et de ce siège froid où son métier l'enchaîne,
Sur un front où brillait le stygmate divin
Oserait abaisser son homicide main?
Qu'il vienne ce Cain qui veut tuer son frère,
Ce tigre dévorant qui rugit de colère,
Et sous le sang qui coule et retrempe sa foi
Prend la mort pour enseigne et le couteau pour loi.
Est-ce là le pardon qu'à notre esprit fragile
En des siècles d'amour a prêché l'Évangile?
Malheur au criminel dont le bras insensé
A l'erreur du forfait fut un instant poussé!
Mais mille fois malheur au Tristan en pelisse
Qui de sang-froid médite et commet un supplice,
Et sur un prisonnier aux voûtes du palais Suspend six mois entiers le fer de Damoclès !!!...
Ah! de ces lieux d'effroi détournons nos démarches; Cherchons un saint espoir dans de plus saintes arches; Ici pour d'autres maux de longs mois enfouis S élève et s'entretient l'hôpital Saint-Louis, El dans ses bains de soufre aux vapeurs calcinées Vont se purifier les lèpres cutanées.
Orphelins et vieillards, aveugles, sourds-muets, Ainsi toute douleur a des asiles prêts; Aux époux vieillissants de vieillissants ombrages Croissent au plus bas prix aux jardins des Ménages \ Cochin, Beaujon, Necker, Saint- Antoine % Jésus ,;, Assainissent souvent les maux qu'ils ont reçus; Et l'Hôtel Dieu lui-même aux dévorantes tombes, Des siècles écoulés immenses catacombes,
2e SÉRIE. 15
Où sur l'art de guérir qui s'agitait à faux Le temps incessamment laissait peser sa faulx, En dépit des efforts qu'y fait l'impéritie, Voit aux champs du trépas la moisson éclaircie, Et d'un frais badigeon de nos jours a voulu Rattacher l'hygiène à son sein vermoulu ; Partout soins, prévenance et guérison facile. Partout, hors au cloaque où l'École indocile Créa naguère, au prix de huit cent mille francs. Cet hospice fatal qu'on ferme tous les ans , Où, s'assurant enfin un éternel asile, La Mort invariable a pris son domicile.
Mais ce n'est point assez de cet heureux concours. Et pour d'autres besoins il faut d'autres secours :
LES HOPITAL Y ET LES CLINIQUES. 1 1 r>
Qu'aux élevés partout s ouvrent des séminaire-.
Où la science grave empruntée aux suaires.
Qui reçoit de la mort toute sa vérité.
D'un reflet séduisant revête la clarté.
Oui. dans chaque hôpital, modeste république,
Etayons a l'envi clinique sur clinique,
Ou. libre de tout joug d'une Ecole aux abois,
Des libres professeurs .se produise la \<>i\.
Plus de ces arrêtes a circulante bulle;
Pour l'université plus de sein^. de férule,
Et de son lourd budget débarrassant L'état,
Que son ministre même abdique ab intestat.
Ah! plus de sourds alors et plus d'oreilles creuses;
Alors mieux répartis en des salles nombreuses
Disparaîtront bientôt les élevés rétifs;
De tuteurs plus soigneux pupilles attentifs,
Et du progrès qui marche attestant l'existence.
Ils sauront que nul art ne s'enseigne a distance.
Pour qu'un pouls agité d'importuns battements,
Ln poumon qui s'essouffle en d'obscurs errements,
Transmettent sans erreur un facile horoscope, Il faut habituer l'oreille au stéthoscope, Ou qu'au sein du malade un choc immédiat Nous apporte à sons purs un bruit ou clair ou mat; Que nos doigts accolés sur une ligne égale Cherchent le point précis où bat la radiale, Et comptent les élans prompts et désordonnés Qu'à l'inerte canal le cœur aura donnés. Voulez-vous que, nourris de la foi des apôtres, Maigres d'expérience et les uns sur les autres. Comme un cent de fagots qu'on aurait encaissés, Autour d'un lit de mort cent élèves tassés Au professeur battu par le flot qui les pousse Transmettent tout échec, rendent toute secousse; Qu'exténué sans fin d'un examen hardi, De questions sans nombre un malade assourdi, Des cent groupes de mains qui vont froisser sa bure Supporte impunément l'ineffable torture?
Une teinte uniforme est nuisible au dessin ; Et d'abeilles au loin quand s'envole un essaim ,
Est-ce me seule tleur qu'aux pétales fleuries Leur trompe aspirera dams les riches prairies? Noire esprit se plaît mieux aux diverses leçons, Et plus ou a d'échos plus on obtient de sons. Et sur les fronts étroits cernant les auréoles. Toute école a vécu dès qu'on a trente écoles. Ainsi, distributeur «lu savoir et du temps, Un professeur suffit pour quarante regrotants. Et pour qu'il ne se livre à d'infertiles rêves Faut-il au professeur plus de quarante élèves? Ai-je foi pour ma part a ces chauds ergoteurs. Du crédit médical féconds agioteurs.
Singes qu'on substitue à des marionnettes; Dont l'esprit surabonde en menteuses sornettes. Silhouettes de Chine aux mobiles profils. Dont tout doigt vigoureux tend ou détend les fils: Qui, marqués au grand livre en balances multiples. Ont de fréquents échos et de rares disciples? Tel. le front soucieux, sur sa main appuyé. Balançant tour à tour de l'un à l'autre pied.
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Louis, le regard sombre, aux auditeurs crédules
Délivre en bordereaux ses pesantes cédules,
Et de ses chiffres lourds qu'il groupe et groupe encor,
Comme si de leurs flancs allait sortir de l'or,
Des gains qu'il prémédite interminable ponte,
Suppute à doigts fléchis jusqu'au moindre mécompte;
Archimède nouveau, sur son levier hissé,
D'unités, de zéros artistement tressé,
Qui naguère, a-t-on dit, d'un accès lunatique
Fit saillir de son front la vieille arithmétique.
Aimez-vous mieux Chomel au terre-à-terre froid,
Où le lierre rampant à peine vit et croît,
Où sans fruits savoureux, sans récolte exportée,
Parfois éclôt à peine une fleur avortée?
Ou mieux encor Sansou au timbre grave et sourd8,
Moreau, qui se résume en fausset aigre et lourd,
L'impétueux Bouillaud à verve incandescente,
Rostan, dont la parole est hautaine et cassante,
Velpeau s entortillant aux lacets du savoir,
Dubois, dont le débet passe toujours l avoir?..
Mais pourquoi s'épuiser en ces recherches vaines ? L'officiel troupeau secoue en vain ses laines, Et donne pour total à qui sait bien compter Peu de valeurs de banque et qu'on puisse escompter. Du libre enseignement qui germe en espérance Attendons la moisson dont se charge la France, Plus de phrases alors quand il faut secourir, Et l'art des hôpitaux sera l'art de guérir.
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NOTES
1. Le mot lépreux est pris ici pour malades eu gênerai; plus loin je dis aussi lèpres cutanées, pour maladies cutanées , ou maladies de la peau.
-2. Le temps n'est pas bien éloigné où les malades étaient couches deux a deux dans les lits des hôpitaux.
5. La ferme Sainte- Anne, située entre Bicètre et Paris , est cultivée parles aliènes.
4 L'hospice des Ménages, me de Sèvres, destine aux époux âges ou infirmes.