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20. Concours pour la chaire d'accouchement où M. P. Dubois a eu pour lui la majorité du jury et les sifflets de l'auditoire.
21. MM. Orfila et Guizot ont répondu à M. Deneux réclamant sa place à l'École, qu'elle avait appartenu à M. Pelletan père; or, M. Pelle tan était mort un an auparavant ! ! !
Qtiaeque. ipse miserrima vidi.
Virg.
A quel temps de douleur vais je, hélas! m'inspirer Du deuil universel je me sens pénétrer; Et sensible à ma voix , émue à mes alarmes , Némésis elle-même a répandu des larmes.
1re SÉRIE. 9
Comment ne pas pleurer dans nos murs consternés, Sur vingt mille habitants en vingt jours moissonnés, Sur ces tristes débris d'immenses hécatombes , Sur ces monceaux de morts dont regorgent nos tombes? Médecins, dans mon cœur saisi d'un saint respect, Mon sang vivifié tressaille à votre aspect; Vous pour qui le public s'est fait une habitude Du dédain, de l'injure et de l'ingratitude; Nuit et jour au chevet d'un malade expirant, Humant du choléra le souffle dévorant , On vous vit défier sa menaçante approche; Bayards incuirassés , sans peur et sans reproche , Par votre dévoûment et votre autorité Vous avez rassuré le peuple épouvanté.
Prompts à jeter vos corps en gage de bataille , Vous n'aviez pas alors l'espoir d'une médaille, Dont les dix francs de bronze ont honoré plus tard La prudence gantée et le zèle en retard; Tandis qu'on la refuse à l'homme à main hardie Qui dans nos hôpitaux interrogea la vie ,
Interrogea la mort; qui du soir au matin Courbé sur le scalpel , d'un désordre intestin , Ardent à corriger sa science fautive, Cherchait dans le trépas la trace fugitive.
Aux sables africains l'Osmanlis qui se perd Détrousserait plutôt l'Arabe du désert, Qu'on ne pourrait l'atteindre en tes métamorphose Titan insidieux , Protée aux mille poses. Ardent à dévorer un nouvel horizon Ta bouche impatiente écume de poison; Moscou tombe; et Berlin et Pétersbourg et Vienne Se débattent mourants sous ta griffe d'hyène ; Londres t'a reconnu pour le dieu du trépas. Partout en liberté voyant errer tes pas, Quand l'Europe succombe au venin qui la tue, Que des aigles du nord l'audace est abattue,
Un Moreau de Jonnès dont le front soucieux N'oserait affronter ton regard furieux , Voudrait sur un torrent à cascade emportée D'une débile main bâtir une jetée; Emprisonner sans fin dans un étroit cordon Le coursier indompté qui court à l'abandon , Et séquestrant Paris d'une immense ruine , Purger au lazaret la vengeance divine ! Hélas ! de quel espoir se berce l'insensé î A travers lazarets et cordons élancé , Transporté par les vents sur l'aile des nuages, Le monstre tôt ou tard nous gardait ses ravages. Paris épouvanté l'aperçut un matin; Au feu de ses regards il comprit son destin. Tel aux sombres forêts de Siam, du Bengale, Le tigre à l'œil ardent, à la marche inégale. Rampe et se dissimule , et d'un rapide bond Écrase en retombant l'Indien vagabond; Le boa constrictor de son souffle homicide Aspire et glace ainsi la colombe timide.
SOUVENIRS Dl CHOLERA MORBl S.
Ah! sans l'heureux secours des mille démentis ! Contre tous les Jonnès de tous côtés partis. Une heure de soupçon, de doute ou de silence Eût centuplé du mal l'horrible violence.
Paris, galvanisé de rapides terreurs, De la triste Marseille effaçait les horreurs. Là le fils sans pitié déserte son vieux père 3 ; La fille au lit de mort appelle en vain sa mère; On voit époux, parents, d'un mutuel effroi De la nature en deuil méconnaître la loi ; Fuir le seuil où la peste , impalpable Protée, Dans les plis d'un manteau de mer en mer portée, Et débarquant d'Asie au centre d'un turban , Se cache sous un nœud , glisse sous un ruban ; Où toujours en émoi , l'œil hagard et farouche , L'homme sain ose à peine approcher de sa bouche Le mets simple et grossier qu'une innocente main A son insu peut être a frappé de venin ! A-t-on vu dans Paris nos grèves encombrées De corps putréfiés dont les chairs dévorées Sous des milliers de vers s'agitent en tout sens Et de leurs soubresauts font frémir les passants ' ! A-l-on vu des mourants avant la sépulture De leurs chiens affamés devenir la pâture ;
SOUVENIRS DU CHOLÉRA MO RBl S
Et d'horribles filets, du Ueave aux cent détours Ont-ils dû de nos temps débarrasser le cours ! Repoussons loin de nous une affreuse croyance: De ces scènes d'effroi délivrons notre France 5 Peuples, éclairez-vous: que tous les imposteurs. Que tous les ignorants a présages mentenrs Sachent à l'avenir ou s'instruire ou se taire; Chervin. par sa constance active et salutaire. A travaillé trente ans a corriger la loi; Et martyr de sa cause a changé notre foi :.
Cependant du fléau qui grandit et s'élance. A peine un vague bruil a trahi la présence. Que d'échos en échos ce bruit vague emporté Frappe et soulevé au loin le peuple épouvanté. Mais, eût dit autrefois l'homme à riche demeure, Que dans son abandon le pauvre vive ou meure .
Qu'importe! sans admettre un seul jour de retard, Fuyons vite , allons loin , et revenons bien tard 8 ! De nos jours la fortune est d'un meilleur exemple, Et la peur, à Paris, n'a point trouvé de temple ; Que d'hommes généreux peuvent être cités! Survivant aux périls qu'ils n'ont point désertés, Les noms des médecins m'arrivent par centaines, Et de leur dévoûment mes pages seraient pleines. Je me tais malgré moi... puis- je les nommer tous!
En ces jours malheureux a brillé parmi nous, Au premier rang brillé notre ardente jeunesse , Tel dont la pauvreté refuse avec noblesse Le prix de son danger, le prix de sa sueur . Ne trouve pas son nom inscrit au Moniteur! Oui, dans le Moniteur sont omis par centaines Tous les étudiants à vertus surhumaines,
Qui dans les hôpitaux par leur zèle appelés , Au char de la douleur nuit et jour attelés, Fiers de leur dévoûment, ignorants des intrigues, De ces jours désastreux n'ont eu que les fatigues ; Généreux jeunes gens , Belzunces de Paris , Du courage civil vous méritiez le prix ; De nos jours cependant notre France oublieuse Ne pouvait vous promettre une mort glorieuse ; Dans un lointain village où pour prix de vos soins Vous alliez succomber sans gloire et sans témoins, Loin de tous vos parents, votre obscure poussière N'avait pour reposer qu'un obscur cimetière. Point d'honneur, de ruban , d'éloge d'apparat ; Morts ou prêts à mourir pour un pays ingrat , En tisons de discorde, en officiers d'émeute % Gisquet reconnaissant vous désigne à sa meute ; Gisquet qui de rancune et de zèle niais , Pourvoyeur acharné des haines du palais, Du mot d'empoisonneur a sali nos murailles lo Et trempé dans le sang ses honteuses médailles;
re sÉnii:. 10
Des plus anciens édits exhumant le poison,
En juin il nous ordonne à tous la trahison 1 1 ;
Insensé , penses- tu fatiguer de ta haine
Nos Gervais , nos Tessier, nos Berryer-Desfontaine;
Dans tes vastes caveaux enfermés en détail,
Ils y retrouveront Carrel, Marrast, Raspail.
Ainsi furent omis en ces capitulaires Les noms long-temps connus des docteurs militaires; Avec Cornac , Poirson , Broussais fils rejeté , Vit à peine son père au Moniteur cité !
Dirai -je du pouvoir toutes les injustices ! Trois journaux ont rendu de signalés services 12 ; Dans tous les hôpitaux leurs zélés rédacteurs Ont recueilli les faits dont manquaient les lecteurs.
Ils ont six mois durant en face de la France D'un fatigant labeur triplé la tâche immense ; Et trois fois la semaine à de nombreux bureaux ,3 Gratuitement transmis d'onéreux numéros.
Cependant la médaille à figure bronzée Par un pouvoir jaloux leur sera refusée; Heureux que ce dédain inconcevable encor Leur vaille à l'Institut une médaille d'or !
Et tous les infirmiers aux pénibles journées, Oublieux de la peine , oublieux des années, Dont l'immonde sueur trempait les cheveux gris Et ruisselait à flots sur leurs flancs amaigris ; De tous nos carrefours assiégeant les demeures , Qui la bière à la main ont travaillé vingt heures ; Qui vingt heures durant d'une eau froide altérés , Dévoraient un pain noir... les a-t-on décorés?
Et ces femmes enfin de mémoire pieuse Dont on connaît l'ardeur noble et religieuse , Qui sur pied nuit et jour ont dévoué leur main Aux fatigues du corps, aux dégoûts du bassin; Cette sœur d'hôpital, sourde à toute prière. Qui couronna si bien sa sublime carrière . Jura d'être fidèle au poste du devoir, Qu'on emporta mourante et qui mourut le soir ... Cette femme de bien, ce martyr qui succombe , De ce bronze en médaille a t on paré sa tombe? Ou du peuple en émoi ce bronze est-il transmis Pour payer des valets, honorer des commis0
Avec moins de rigueur, avec moins d'injustices Le pouvoir a du moins payé d'autres services. Et votre ruban rouge était de bon aloi , Sandras, Londe, Allibert, Dalmas, Boismont et Foy ,5;
Varsovie applaudit à votre récompense.
Mais où trouveront ils de la reconnaissance, Vos frères de voyage au déplorable sort , Jacques et Legallois dont vous pleurez la mort? Dance, pauvre et modeste, ardent à la tranchée , A vu d'un trait pareil sa carrière tranchée ; Leroux, jeune de cœur, de près d'un siècle vieux , A payé son tribut au trépas envieux; Potain au sein de Metz, à Palaiseau Morère, Et tant d'autres encor dont la mémoire est chère , A l'œuvre ont succombé... Leurs fils déshérités, Que la Grèce eût jadis noblement adoptés, Après cinq ans d'étude et de dur sacrifice Paîront ou leur patente ou leur droit d'exercice!...
Ah ! cent fois plus heureux dans leur hardi trépas Les guerriers dont la gloire a marqué tous les pas;
A leur noble courage applaudit la patrie ,
Et pour eux les échos n'ont point de raillerie.
Vous donc, qui quelquefois d'un langage moqueur
Attristez notre esprit et froissez notre cœur,
Du courage passif, de la vertu civile
Croyez-vous avoir fait l'apprentissage utile,
Connu tous nos dangers, non moins que nos douleurs,
Et d'une épidémie appris tous les malheurs?
Descendez avec moi sur le champ de bataille ,
Hommes froids et légers, vous dont l'esprit nous raille;
Venez, des hôpitaux en ces jours désolés
Les plus tristes secrets vous seront dévoilés ;
On ouvre devant vous leurs catacombes pleines :
Tous les cadavres bleus entassés par centaines ,
Côte à côte alignés dans un obscur réduit,
C'est du monstre en travail l'ouvrage d'une nuit.
Oh! si transi de froid sur ces humides dalles,
De nos pestiférés vous demandez les salles;
Sur chacun des degrés du pesant escalier,
De morts et de mourants effrayant espalier,
Vous heurtez plein d'effroi les brancards qui se pressent . Sur vos flancs malgré vous vos deux poumon s s'oppressent A voir ces lits mouvants dix fois par jour salis, Qui dix fois sous vos yeux sont vidés et remplis. Quel désastre et quel deuil! ah! d'y marquer sa place, La mort, l'avide mort elle-même se lasse!!!
Voyez ce malheureux courbé sur son baquet , Les yeux caves, vitrés, s'épuiser en hoquet ; Cet autre sans repos pousser des cris terribles ; Sur lui-même tordu par des crampes horribles , Ses muscles contractés d'un affreux tétanos Sur son lit ébranlé font craquer tous ses os. De cette masse d'eau qu'il vient de boire toute, Son rein ne reçoit pas, ne rend pas une goutte; Et vous n'entendez plus, au pied du lit placé, Un mot de cette voix dont le timbre est cassé.
Approchez, approchez, de cette bouche humaine
Recevez sur vos mains la haletante haleine;
Ah ! que de ses poumons l'air qui s'échappe est froid
Que sa langue est visqueuse et glace votre doigt!
Froissez donc une peau de violet fardée
Et qui garde les plis dont vous l'avez ridée;
Et cherchez vainement dans un poignet perclus
Une artère qui fuit, un pouls qui ne bat plus.
Tout en lui tout est froid, chez ce mort qui respire,
La chaleur bienfaisante a perdu son empire,
Et quand il fait revivre un corps ainsi formé
Dieu d'un souffle nouveau doit l'avoir animé.
Telle est du choléra la rage épidémique ; Encor, s'il se bornait à ce choc électrique ; En un jour, en une heure, en un inslant broyé, Heureux l'infortuné qu'il aurait foudroyé :
Mais à peine a fini la période algide, Revêtant quelquefois un aspect typhoïde La fièvre vient user ces membres affaissés , Brûler ces intestins que le froid a glacés. Le cerveau qui s'engorge, en sa triste impuissance D'un sang noir et sans vie a trahi la présence. Le cœur embarrassé de ce sang épaissi.
Qu'un poumon fatigué lui reporte noirci, S'épuise à le chasser dans une aorte inerte, Et du sérum qui fuit répare mal la perte. De la double paupière, aux voiles chassieux, Les bords agglutinés obscurcissent les yeux ; Une poussière sèche encombre les narines , Le vase se remplit de bourbeuses urines, Le délire bientôt, présage de la mort, Égare les esprits d'un funeste transport; Et le malade enfin, couvert de pétéchies, Meurt les yeux convulsés et les jambes raidies. D'autres éteints d'abord ne se réchauffent plus ; Victimes sans repos d'un effroyable flux ,
lre SÉRIE. Il
Leur sang jadis coulant est devenu solide, Et de tout son sérum leur corps est resté vide. Cet autre par l'espoir est tout-à-coup bercé ; Dans ses muscles oisifs les crampes ont cessé; Son intestin tranquille un instant se repose ; Le calme qu'il éprouve à dormir le dispose; Sur son triste oreiller souriant il s'endort; Triste et fatal repos : ce calme, c'est la mort.
Si la mort ainsi trompe et fascine sa proie, La tue avec lenteur, plus souvent la foudroie , De ses caprices vains vous étonnerez- vous? Adulte, enfant, vieillard, tout tombe sous ses coups. Femme, as-tu mérité sa vengeance cruelle? Qu'un faible enfant se pende à ta fraîche mamelle , Ou qu'en ton jeune sein brûlant d'un premier feu Doive grandir neuf mois l'espoir d'un double vœu ;
Que de ton sang vieilli, dont Dieu change la course,
Dans tes flancs desséchés lage ait tari la source ;
Tu meurs, ô désespoir! et ton fils survivra.
Voilà bien, dans ses jeux, l'horrible choléra!
D'un double bourg bâti sur un double rivage
Il sauve la moitié, le reste, il le ravage;
Le chien erre sans crainte au sein de la cité,
Et dans nos champs déserts le lièvre est respecté ;
Mais en nos basses cours périt le porc immonde ;
La vache même expire et la poule succombe 6.
De ces tristes hasards demandez la raison, Et dans de froids débris cherchez donc un poison ? Livide, traversé de veines sinueuses, Le cadavre est couvert d'ecchymoses vineuses ; Le froid qui l'a tué l'empêche de pourrir, Et dispute à la mort un corps qu'il hl mourir.
Ouvrons un intestin : de nombreux follicules Isolés, agminés, unis en pellicules, Lui donnent, h travers des carreaux lumineux, La rudesse et l'aspect de la peau d'un galeux ,:. Des reins, des intestins sort un sérum blanchâtre ; Au cerveau coule à peine un peu de sang noirâtre; La vessie est vidée, on la comprime en vain; Un sang noir, écumeux, engorge un poumon sain. Au foie un sang noirci noircit parfois la bile; Le cœur à ses caillots laisse un chemin facile, Et la moelle élastique a plus de densité. Et tout reçoit le choc et rien ne l'a porlé.
Du monstre cependant le bras souillé de crimes Laisse échapper parfois quelques rares victimes, Et la nature et l'art n'ont pas failli toujours. Plaignez le malheureux dont on sauva les jours :
Sur ses genoux raidis son corps vacille et vibre;
Il ne garde qu'à peine un tremblant équilibre ;
Et dans toute saison thermomètre assuré,
De la chaleur, du froid, marque chaque degré.
Reçoit des éléments la secousse rapide .
Et souffre d'un temps sec. souffre d'un ciel humide.
Comme son corps, hélas! son moral a faibli;
A toute émotion le visage pâli ,
De son courage ardent, de son antique zele
Une ombre, un rien détruit la mourante étincelle.
Au bruit le- plus léger qu'au loin il entendra.
11 tremble, et croit partout revoir le choléra.
Dans son cerveau durci la pensée est étreinte :
L'amitié dans son cœur n'est qu'une flamme éteinte :
En vain l'amour l'appelle à de joyeux plaisirs.
Ses esprits détendus ont glacé ses désirs.
Trop heureux si le temps, ce médecin sublime,
Apporte un peu de calme au trouble qui l'opprime !
Et vous affronteriez un visiteur pareil ! . . . .
Non, non, n'espérez rien du monstre a son réveil ;
Il se rit de vos soins, joue avec votre vie. Irez-vous l'abreuver du punch de Magendie8, Ou comme Récamier, d'une glaciale eau Inonder et crisper les pores de sa peau ! Qu'importe avec Breschet que le malade sue, Que Broussais l'abandonne à l'avide sangsue ; Qu'on humecte à longs traits son estomac ardent, Ou lentement promène un citron sous sa dent ! Pour mieux le réchauffer, que votre main lassée Éraille de son corps la dépouille glacée ; Ou de Petit enfin que le brûlant endos D'un 1er incandescent ait sillonné son dos!
De ces nobles essais nous gardons la mémoire ; Mais de l'épidémie avouant la victoire.
De moyens plus certains et d'un bras plus puissant Prévenons à jamais son retour menaçant.
Au spirale élargi sur son pivot immense , Aux pas qu'il marque à peine au midi de la France, A sa fuite vers Arle, à son retour soudain, Tout nous fait redouter ce terrible voisin. Deux fois il ravagea l'océan britannique ; Il vient de visiter l'une et l'autre Amérique; L'Espagne en a gémi dans ses brûlants climats Où la pluie et la foudre ont précédé ses pas. Empêche donc, grand Dieu, que d'un nouveau caprice Le monstre nous revienne, et de nouveau franchisse Les monts aux froids sommets, rempart trop impuissant D'où comme une avalanche il grossit et descend.
Pour nous en délivrer assainissons nos villes; Préparons à nos fils de salubres asiles; Que l'ouvrier paisible à son repas du soir Près d'une lable saine enfin puisse s'asseoir.
Que de notre budget les dépenses accrues Servent à déployer, à nettoyer nos rues; Et vidons au plus tôt les cloaques infects. Égoûts déshonorants, réceptacles abjects; Les infectants foyers de la Mortel lerie ,9. Guerre, guerre surtout à chaque hôtellerie ; Là, trente vagabonds de vermine rongés, Sur un lit dégradant pèle-mèle rangés, De leur hideux savoir déployant l'artifice , S'instruisent dans le vol et s'infusent le vice. Que l'impôt immoral perçu sur nos Phrynés Serve au moins à sauver quelques infortunés ; De vos lâches agents que les conseils perfides Cessent de les grouper dans vos prisons avides; Point d'humides guichets, point de cachots affreux ; L'homme sans liberté n'est que trop malheureux. Cessez de transformer de votre main pesante En poison destructeur une liqueur puissante, Des griffes de l'octroi délivrez le raisin; On ne s'enivre plus quand on boit un bon vin.
SOUVENIRS Dl GHOLÉ R A-MORBUS. 89
Calmez, calmez aussi les haines politiques
Que nourrit le dégoût de vos terreurs paniques.
Ne vous irritez plus d'un cri de liberté:
Écoutez la justice, aimez l'humanité.
Nous, peuples, liguons-nous, mais par des ligues saintes;
Nos gouvernants alors respecteront nos plaintes;
L'abondance et la paix tûront le choléra ;
Venez donc, aidons-nous, le Ciel nous aidera.
lrf SÉRIK.