‹ Némoville [microforme]Chapitre 34 sur 35 · L'ATTENTE · texte numérisé non relu

L'ATTENTE

Paul et Roger après le départ du chien, qu’ils regardèrent comme un nouveau malheur, ne savaient plus que faire. L’inaction leur pesait et cependant ils ne pouvaient rien faire, qu’attendre que la mer leur envoyât les cadavres de celles qu’ils avaient aimées. Et pendant qu'ils se désespéraient, la mer se retirait et découvrait les récifs qui les séparaient.de Jeanne et de Gaétane.

Après une assez longue attente, ils entendirent un hurlement venant du rocher, où ils n'avaient pu atterrir: “ Turko est sauvé,” dit Roger avec joie ; “ mais puisque le fidèle animal ne revient pus c’est qu'il est blessé, son plaintif hurlement le dit assez. Je vais voir où il se trouve.” Paul protesta, mais ce fut en vain, Roger se dirigea vers la chaîne de roches et constata qu'il était possible de la franchir à pieds, non sans de grands dangers, certes, mais il lui importait peu de risquer sa vie, maintenant que celle qui en faisait tout le charme n'existait plus pour lui,

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“Il s’engagea sur la chaîne de teches, en ayant de l’eau jusque sous les bras, Paul s’engagea à sa suite, et après une lutte terrible contre ces flots, ils purent atterrir sur le rocher. Turko se dressa sur ses pattes, dont l’une ne pouvait le porter, et accueillit son maître par des aboiements joyeux. Levant le nez, il se mit encore à pousser de petits cris entrecoupés de caresses qu'il prodiguhit à son maître, en essayant de se traîner du côté où se trouvaient les deux femmes, plus mortes que vives aux sons de ces aboiements qu'elles prenaient pour ceux d’un chacal ou autre animal méchant,

Roger s'arrêta à panser la patte de Turko, et pendant ce temps, Paul s’aventura seul sur le rocher plat. En le voyant prendre cette direction le chien donna de tels signes de joie, que Roger en fit la remarque à son ami. Paul venait d'atteindre le sommet du rocher sa taille se découpait sur le ciel, comme une statue de l’espérance, A ce moment, Jeanne se tournait de ce côté et aperçut son mari, dressé sur cette base de roc, à deux cents pas d’elle à peine, Elle poussa un cri perçant : “ Paul ! ” et partit en courant de ce côté,

Paul l'entendit et l'aperçut aussi. 11 alle au devant d'elle, et un instant plus tard, les

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deux époux tombèrent dans les bras l’un de l’autre. (Gaétane avait suivi son amie, et Roger, qui avait entendu le cri de Jeanne et reconnu sa voix, accourrait aussi. Il reçut Gaétane dans ses bras.

On attendit que la marée se fut complètement retirée pour retourner à l’île, qui était le seul moyen de regagner le sous-marin, qui attendait en sûreté, dans une échancrure de l’île. En attendant, est-il besoin de dire que les ‘uatre personnages ne manquèrent pas de verve et de gaieté. Ils ne cessaient de se répéter les pensées d'angoisse qui les avaient assaillis, durant cette cruelle séparation, qu'ils avaient cru sans retour.

Aussitôt que l’état de la marée le permit on regagna l’île, sans oublier d’y transporter Turko, qui méritait bien ce service, après celui qu’il avait rendu, par son flair et so1 c: urage.

On ne voulut pas attendre jusqu’au lendemain pour quitter ces para,xes dangereux. On s’embarqua immédiatement, et l’on se dirigea vers Némoville.

On y arriva deux jours plus tard. Roger fut surpris de trouver la ville flottant à la surface, co qui n'était pas habituel, Mais il eut l'exe

i4ô NäMOvILLE

plication de ce mystère immédiatement, après que l’on eut échangé les complimen bienvenue, et que la joie des Némovilliqs fût donné libre cours, à la vue des deux ‘fèrmes, qu'on avait cru perdues à jamais. Némoville était dans un état dangereux, il avait besoin de

grandes réparations, et le curé avait jugé pru-

Le lendemain, le Premier soin de Roger fut de visiter tous les sous-marins qui composaient la ville, et de se rendre compte de leur état. Ac- Compagné de Paul, il put constater que la ville avait besoin d’être à peu près rebâtie. Les deux

voquer une assemblée des principaux habitants de Némoville, Le soir, on se réunit chez le gou-

les eaux ou s'ils préféraient aller reprendre leur existence au soleil, sur la terre. — Roger attendit avec anxiété la décision de ses amis. Après quelque discussion, où l’on émit des raisons Pour et contre, la majorité des habitants décida de retourner sur la terre,

Roger cacha se tristesse de cette décision, Parce qu'il vit que Gaétane, qui assistait à l'age

semblée, comme toutes les autres femmes de Némoville, que Gaétane avait paru heureuse de ceite perspective. Roger prit alors la résolution de faire célébrer son mariage à bord du “ Nautilus,”” puis, après, de faire corler le sous-marin, et avec lui toute la ville.

Le lendemain, il partit avec Paul et revint quelques jours plus tard, porté par un paquebot qui s'arrêta près du “ Nautilus.”

On agaït paré le sous-marin pour !" fête du mariage, l’intérieur ressemblai* à u. serre, et l’on avait arboré le drapeau de la vil:

L'abbé Bernard bénit le mariage, dans le salon du “ Nautilus” puis tous les habitants de Némoville s'embarquèrent à à bord du paquebot, et, du pont du navire, ils assistèrent a un spectacle étrange et magnifique. Par un mécanisme qu'avait préparé Paul, une trappe s’ouvrait au fond de chaque sous-marin et l’eau, s’engouffrant, Némoville doucement se mit à couler sous les eaux.

Quand l'océan se fut refermé sur la ville, Gaétane regarda son mari et vit qu’il y avait des ne dans ses yeux.

=“ Vous pleurez ? ” dit-elle surprise,

LA s

NEMOVILLE —" C'est la fin à

‘un rêve, urable et pl

en vivrai un au

j auprès de vous.”

—“ Et je ne serai plus jalouse de Némoville,”

An

paquebot

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plus tard, estinées

Quelques instants

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