I ......„: : LUx-mêmes
n y ax-ait deux jours que le cvaé Bernard était à Némoville, quand Roger lui proposa de faire une petite «cmioo de pêehe à la surface
16 NCMOVILLI.
de la mer. Le curé consentit avec plaisir, et flf partiront toiiB trois, car Paul était de la partie; il ne quittait Roger que rarement.
Ce fut \Taiment une |)cche miroculeuie, et Paul soutint que c'était le curé qui leur portait chance.
Quand on eut une provision considérable de poissons de toutes sortes, en retourna à la ville 80us>marine.
Turko, le chien du gouverneur, accompagnait son maître, selon son habitude. Or Turko était un chien sage et docile, trèa populaire à Némoville, il était si bien établi que Turko n'al>oyait jamais sons de bonnes raisons, qu'un hurlement du chien fidèle était devenu pour son maître un signal certain qu'il se passait quelque chose d'extraordinaire. Roger et Paul furent donc assez surpris, au retour de cette pêche miniculeuse, de voir le chien ee dresser sur le Uird de l'emliarcation et pousser un hurlement prolongé.
— " Il y a quelque chose d'extraordinaire, dit aussitôt Roger."
—"fin effet, répondit Paul, Turko n'a pas coutume d'avoir de cee fantaiBiee lugubres."
KCMOVILZJB. Il
Et totu dciix 86 mirent à examin^^r la mer avec attention.
— " Serai t-oe cette épave, là bas, qui cause les hurlements de Turko? " dit Paul, en désignant une forme vague, qui flottait à quelque diatance.
— ^"AUooa voir, ajouta Roger, je prenda toujoum au Mrieux les averttsemeota de Turko, car il m'a donné mille preuves de son flair/' dit-il en a'adressani au curé.
On dirigea Tembarcation du odté de Tépave, et bientôt, on put constater que c'était un canot, qui s'en allait au gré des flots, nDS direction.
— " Un canot vide, dit Paul, remorqaooa4e jusqu'à Némoville."
Mais au moment où le canot de pdche re- - nve, on s'aperçut avec surprise qu'il
V ,... vide. Une femme était étendue au
fond MUS mouvement: elle semblait morte, l>enchant sur elle on vit qu'elle res*
On se hâta de transporter la naufragée à Némoville, et on aocoala à la résideoee de liai^ celle, où le piètre suggéra de laisser la malade.
It MMOVILLS.
On manda le docteur Desmaraifl, qui donna des Boins efficaces à la jeune fiUo — car c'était une jeune fille, et elle était fort l>elle.
I^ nauf ragt'e reprit bientôt set eena, et oomme on ne pouvait pas convenablement l'installer dans le " Nautilua," Roger demanda à Marcelle de la garder auprès d'elle, ce que ccîltv ci accepta avec enipresHement. Ce fut en hm , sant de plaisir que Marcelle Pcpondit quVli était heureuse de lui rendre ce 8er\ice; et ciio disait la vériti*, car elle pensait bien que le gouverneur ne manquemit pas de s'intéresser k celle qu'il avait sauvé de la mort, et lorsqu'il viendrait elle aurait l'occasion de le voir. La bonté do la jeune fille perdait sans doute un jhîu de son mérite par cette pousé'e intérosac'e, niaw qui saurait la blâmer, connaiââtmt le sentiment qu'elle avait au oceur.
L'étrangère fut déposée sur un lit et abandonnée aux soins de la vieille servante, tandis que Marcello retouruait dans le salon, où Roger attendait le verdict du médecin pour prendre congé.
Il demanda à Marcelle la pennii^^ion de revenir s'informer de la malade: *' Mademoiselle Marcelle, dit-il, me permettet-vous de revenir prendre des nouvelles de voira proié^T"
tilBMOVlLLâ M
C'était la première fois qu'il l'appelait de son petit nom, et la pauvre fille crut y voir l'augure d'un sentiment qui répondait à la ilaninic M^irète de son âme. PamTe Marcelle!
Rof^r, inconscient de Témotioo qu'il venait de rniu«r, attcndnit la n-{>onse, que la jeune fille articula d'une voix tremblante. Kt Paul, qui était pn'-sent, fut seul à de\'iner le secret de lurphelino.
Il murmura tout bas: " Pauvre fille t "
(4 nmêanuM.
CH.VPITRE IX
GAETANE.
Marcelle et Gaétanc formaient un Hntïgfi contraste de beauté, et ce soir là, en les voyant toutes deux dans le petit salon du 8ou»-mariu, il eût été difficile de dire laquelle était la plus belle, de la blonde Marcelle, avec sa profusion de cheveux d'or et son teint de lys et de rose, que trouaient ses grands yeux bleus; ou de la brune Gaétane aux cheveux noirs, encadrant sou visage régulier, très pâle, et que semblaient éclairer ses yeux bruns profonds.
Huit jours s'étaient écoulés depuis les événemeuts que nous avons rar< • ' ir In
première foi?, les deux jouncs i . ut la
soirée ensemble dans le salon.
— " Vos reproches me font bien mal, disait la voix douce et chantante de rétrangère, mais tout en éprouvant une grande reoonnaisnuice pour celui qui m'a sauvé la vie, je ne puis me défendre d'un réel malaise, lorsqu'il me regarde ou m'adresse la parole. Je ne le hais pas, ainsi que vous le dites, ce aérait une ingratitude dont je suis incapable, mais il me fait peur, réelle* ment peur."
N'EMOVILLE. ta
" Le (Wteur Damanis toi» fait peurl. . . maû il G»t parfait de bonté poor vous."
\je lecteur a déjà compris, par ce petit dialogue que Marcdle enayait de donner i Qaétane riniprf>f»«ion que le docteur lui avait sauvé la vie. Pour se mentir à elle-mciue, Marrelie se disait que le médecin lui avait vraiment eauvé la vie, puisqu'elle n'avait que le souffle, quand le gouverneur la lui avait confiée.
La veille, le médecin avait passé quelque tempe avec les jeunes filles et s'était surtout montn'^ aimable pour Ciaétane, et il l'avait lui peu surprise en lui demandant au cours de la oooverBation :
— " Votre père, mademoiseUe, était-il dans la marine? "
Elle avait répondu que soo pèra tdoptif était, en effet, le capitaine Laurent, et cela avait paru intémsar si vivement le médecin, qu'elle lui avait dit spootanénMDi:
— " L'avez-vous connu, docteur? '*
Et le docteur avait dit avec empranment: " Non, non, c'est une simple colneidttiee de nom qui m'a fait poser cette quoitioD."
U prit congé pntqut Immédiatement, mai«
N tfBMOVlLLtt.
en sortant, il fit un âgne à Blarceile, qui le suivit.
lia parlèrent longuement enaemble, et le inc>do(Mn dit en quittant la jeune fille: " N'oublicz \n\A que tout di*i)en(l de voius, Marcelle; je vous promets qu'avant trois mois, vous serez la femme du gouverneur, si vous suivez mes conseils; et moi jV>[>ouserai la fille du capitaine Laurent. En scr\'tuit mes intôrêts vous serves au» les vôtres."
Marcelle eut un geste rt-signé, et quand elle rentra chez elle, ses yeux rougis disaient qu'elle avait pleuré.
Elle avait à peine repris sa place auprès de Gaétane, lorsque la vieille ser\'ante entra, apportant sur un plateau, la carte du gouverneur. Marcelle rougit si violemment que sa compagne l'en plaiHanta. — " C'est le gouverneur de Ncmo- \nlle, dit Marcelle, qui demande à être reçu; il vint souvent, ajouta-t-elle, en baissant les yeux, comme si elle eût eu peur que Oaétane y pût lire le mensonge qu'elle faisait, en assurant que le gouverneur venait souvent ches elle. Celui-là, ajouta-t-elle, j'espère que vous l'aimerec. . . à cause de moi."
— "Je comprends, fit sa oompsgne, avec
un sourire malin, c'set votre fiancé, . •"
NEHOViUJl If
Et ilaicelle ne U détrompa pas; elle feignit de ne pas avoir entendu, et se le\'a pour aller au devant de Ko;;er, qui entrait. Elle pri-;»enta Ga<'iane. que le jeune homme sembla cfi ' franchi le seuil
du . :.L et pasecronl en-
soinl'Ic une heure de gaie causerie.
Gat'tane, qui avait rq>ris toute la fraichour de son âge, ^tait vraiment cblouiasante de beauté, loTMjue Roger la regardait, rougiaBante ei un peu timidflL
— " Mademoiselle, j'espère que vous ne voue ennuyei pas à Némovillc''
— " Oh ! non, n'pUqua-t-elle, on est si bien ici, je me aena ai eo sûreté auprès de MarcellG..."
— " Je ne veux plus que GaiHane me quitte ajouta Marcelle, je suis si seule, dq>uis la mort de mon père."
En disant cela elle n«^anluii Roper, cherchant dans ses yeux une tlummc qu'elle n'y vit pas. D l'avait éooutée en regardant sa compi^Da.
Lonque Roger reprit le chamin du " NautUu«/' il était diitrait et préoeoupé, ce qui n'était
lé t^tHOVILLË
pM dans ses liahituden; en entrant dn / lui. il rancontra Paul à qui il dit d'où il M-mut. «i ccliii-i'i lui ivpondit:
— " Je lavais déjà deviné à ton air, un air qiio je ne t'avais jamais vu, avant l'arrivée de cette jolie épave Ji Néinoville."
— " Que veux-tu dire? demanda Roper. en e'arrêtant devant son ami."
— "Je veux dire que tu os amoureux, et que je le sais depuis le premier jour. Voilà."
KKkÔVtLLË. ii