DU CARACTÈRE
Il est donc évident que les producteurs de chevaux de course ne doivent point faire saillir les juments par des étalons d'un mauvais caractère connu , car presque toutes ces propensions sont certainement héréditaires. Nous pourrions citer un ou deux des meilleurs chevaux du jour, qui sont généralement rejetés comme étalons , pour procréer des chevaux de course, à cause de ces mauvaises propensions. C'est même pour cette raison que Rainhow a été envoyé en France , et je regarde cette circonstance comme singulièrement heureuse pour le turf français , attendu qu'il est devenu le père d'excellents chevaux de course, desquels, contre toute attente, le caractère n'a point participé aux défauts qu'on lui reprochait à lui-même.
ÎDfô €l)ft)aujf arabes on ^e l'ODrknt.
Je crois devoir engager tous les producteurs de chevaux de course à ne pas tenter leur procréation par des chevaux arabes , et cela pour divers motifs. En premier lieu, parmi les chevaux arabes qui ont été amenés en Europe depuis quelque temps , il y en a très - peu qui soient connus pour être d'une caste élevée; secondement, en consultant le registre des courses
anglaises, on trouve qu'à l'exception d'une jument nommée Fair EUen , qui , saillie par IFellesley^, qu'on dit arabe, mais qu'à cause de sa taille élevée on croit être plutôt un cheval persan , fut mère de Dandizette {^) et à'Exquisite; avec cette seule exception , dis-je, le turf anglais , loin de profiter de l'usage de pareils étalons, en a éprouvé des pertes considérables. On les a plusieurs fois mis à l'épreuve dans des circonstances favorables, mais on a toujours trouvé que leurs rejetons n'étaient pas en état de lutter à la course contre des chevaux du sang actuel de l'Angleterre: et s'il en fallait une preuve, on la trouverait dans le règlement de la course pour la coupe [ciip) de Goodwood , où il est dit qu'à des chevaux issus d'arabes par des juments anglaises, il est alloué 18 livres, et quand c'est par des juments arabes, turques ou persanes, 36 livres.
L'arabe Cole eut une excellente occasion de se montrer en Irlande, ainsi que Biickfool , il y a quelques années, en Angleterre. Buckfoot fut présenté à une jument nommée Scarpa , fille de Crispin et de Bizarre, laquelle était issue de
' Cet étalon a toujours été appelé the TÏ'cUcsley Arabian.
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Peruvian et de la Violante de lord Grosvenor, la meilleure jument de l'année , et qui dans l'opinion du feu jockey Francis Buckle^ v^ était la meilleure jument qu'il eût montée de sa vie. » Or, le produit de cet accouplement fut une pouliche nommée Mouse-Deer. A l'âge de deux ans, Mouse- Deer courut contre ff'eeper, appartenant alors à lord Exeter, et maintenant à S. A. R. le duc d'Orléans, qui avait le même âge. 11 lui fut accordé un avantage de 4 livres pour la première moitié du mille d'AbingdonàNewmarket; mais la victoire ne fut pas un moment indécise. JVeeper aurait pu lui donner 10 livres et gagner.
J'ai déjà eu occasion de faire connaître au public mes opinions sur les deux derniers chevaux amenés en Angleterre , lorsque j'ai rendu compte, dans le New Sporting Magazine, de ma visite au haras de Guillaume IV, à qui ces deux chevaux avaient été envoyés l'année dernière comme un présent par TEstmaun de Musquat. Cette opinion n'était guère favorable, et différai! grandement de celle qui a été émise plus tard par le Old Sporting Magazine, dans un article signé M Crai'en. » La preuve que mon opinion était la plus juste se trouve dans le fait que, quoique ces
chevaux fussent arrivés avant qu'on eût fait couvrir les juments du haras royal, ni l'un ni l'autre ne fut présenté à aucune d'entre elles. L'auteur de l'article dont je viens de parler ne saurait inspirer une confiance parfaite dans ses opinions au sujet des chevaux de race; car il déclarait que le sang de Sultan était mou et mauvais, précisément au moment oii des chevaux de cette race remportaient d'emblée presque tous les grands prix.
Je suis, toutefois, disposé à reconnaître que le cheval de course anglais est originairement de sang arabe , turc et africain ou barbe ; mais le fait est , qu'une fois qu'il a eu acquis les parties constitutionnelles essentiellement nécessaires à la formation du cheval de course, les Anglais, possédant une connaissance plus approfondie de la nature de l'animal, ainsi que des moyens de profiter de ses qualités, par la manière de l'élever , de le dresser et de le monter, ont su l'amener à un point de perfection qui, à ce qu'il paraît, ne peut plus être dépassé. En attendant, si l'on prend en considération les diverses particularités que chacune de ces espèces présentait , quant aux formes , à la force
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et à l'action, lesquelles exigeaient toutes certaines modifications pour les accommoder au but que l'on se proposait d'atteindre, on ne saurait nier qu'une tâche d'une difficulté peu ordinaire ne fût imposée aux producteurs de chevaux anglais ; et cette tâche ils l'ont remplie avec un rare talent. Si d'autres pays ont fourni le sang , l'Angleterre a créé le cheval de course.
Voici ce que je disais, il y a quelque temps, en parlant de la souche primitive du cheval de oourse anglais : « L'origine du cheval indigène de mon pays n'est plus aujourd'hui qu'une question d'intérêt historique, dont la solution n'offrirait aucun avantage pratique. La preuve que l'on a réussi dans les expériences faites à différentes époques pour améliorer la race , et amener les diverses variétés à la perfection qu'elles ont atteintes aujourd'hui , expériences fondées sur l'étude de la nature et des propensions des chevaux, se trouve dans le fait delà haute estime dont les chevaux de la Grande-Bretagne jouissent dans toutes les contrées du monde civilisé. Ce n'est pas certainement trop dire, que d'affirmer, qu'en dépit de notre climat
humide, froid et variable, si peu favorable à la production de ces animaux sous leur plus belle forme, nous sommes parvenus, après le cours d'environ deux siècles, aies amener au plus haut état de perfection dont leur nature soit susceptible. Nous devons ce succès à l'attention que nous avons mise à leur production , à leur alimentation, et à leur entretien général, dont le résultat a été le parfait développement de leurs muscles. »
On s'est donné beaucoup de peine pour définir le vrai sens du mot blood (sang), appliqué au cheval appelé de pure race {thorough bred). Osmer, écrivain anglais ancien, mais estimé, dit que c'est une certaine élégance dans les membres, effet de l'air, du climat et de la nourriture, qui, s'accordant avec la conformation naturelle de l'animal, le met en état d'exécuter des exploits extraordinaires, sous le rapport de l'activité et du mouvement, et qui lui donne la faculté de se livrer aux plus grands efforts physiques. De là l'expression, « il déploie beaucoup de sangy^^ne signifie autre chose sinon que c'est un vrai cheval de course. « Trouve-t-on , demande-t-il , du ^««g-dans l'autruche, dont pourtant la rapidité
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est si grande, qu'elle se rit du cheval et de son cavalier? Si la bonne qualité d'un cheval de course, ajoute-t-il, dépendait du sang proprement dit , nous ne verrions pas , comme il arrive souvent, deux chevaux issus des mêmes parents, dont l'un serait très-bon et l'autre très-mauvais, quoiqu'ils aient tous deux été nourris et dressés avec le même soin. » Cet écrivain est d'opinion, que c'est pour avoir cru que ce que l'on appelle du sang noble dans les chevaux de l'orient, suffisait pour faire un cheval de course, indépendamment des formes essentielles, qu'il faut attribuer tant de tentatives échouées pour produire des chevaux de course. Il remarque encore que la vertu de ce que les amateurs de courses appellent .y«/?^, a été regardée comme un point de trop d'importance, et que l'on a perdu de vue la réflexion que le sang ne doit jamais être considéré comme indépendant de la forme et de la matière. 11 y a beaucoup de vérité dans ces deux observations. Le sang ne saurait être considéré indépendamment de la forme et de la matière, en tant que l'excellence de tous les chevaux doit dépendre du mécanisme de leur structure; laquelle, si elle est bien propor-
tionnée et accompagnée d'une excellente organisation tant intérieure qu'extérieure, leur donne l'enjambée, le pas, et la force de persévérance. La promptitude avec laquelle les enjambées sont répétées et le pouvoir de les continuer, dépendent de la vigueur des muscles, de la capacité de la poitrine, et de la force des poumons comprimés. Lerésultatde cet argument est, que si, en parlant de quelques étalons célèbres des temps passés, nous disons qu'ils ont transmis aux chevaux de course de nos jours, les excellentes propriétés de leur sang noble ou de leur illustre descendance orientale, nous ne pouvons entendre parla autre chose, si ce n'est qu'il leur ont communiqué cette véritable conformation des membres, cette fermeté de charpente et de muscles, et cette haute organisation générale qui donnent la facilité d'action, ainsi que cette grande force de respiration , par laquelle les chevaux sont en état de se soutenir, sans succomber, sous les épreuves les plus rudes. A dire vrai , leur perfection est en grande partie machinale. S'il n'en était pas ainsi, s'ils ne se surpassaient pas les uns les autres en proportion du plus ou moins de perfection de leur forme et de toutes leurs parties constituti-
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ves , les frères et sœurs seraient toujours également bons pour courir, la santé et la disposition étant d'ailleurs égales. Mais il n'en est pas ainsi. En outre , si tout dépendait du sang , le même cheval courrait également bien sur toutes sortes de terrains , ce qui arrive fort rarement ; mais ce dont nous pouvons être assurés, c'est que c'est la supériorité de la fibre musculaire, jointe à des formes bien proportionnées, et non pas le sang qu'il a reçu en naissant, qui met un cheval en état de souffrir que l'on précipite son allure sur des terrains de tout genre, surtout quand ces terrains sont difficiles , comme ceux de plusieurs de nos carrières {race courses).
D'un autre côté, si cette élégance de formes, cette exacte proportion des membres, qui sont les leviers qui font mouvoir le cheval de course , sont indispensables , comment se fait-il que beaucoup de chevaux sans agréments, mal faits (cross made), en apparence disproportionnés, possèdent toutefois les qualités qui donnent la rapidité et l'action? Si par le mot sang (blood), on entend une certaine élégance dans la contexture des parties extérieures , comment se fait-il que tant de chevaux et de juments fort laids, se
sont souvent distingués aux courses? Existe-t-il quelques causes occultes que l'œil ne saurait découvrir, d'où naît cette perfection à laquelle les règles et les lois du mouvement semblent s'opposer? A cet égard, on peut observer d'abord, que la force et l'effet du mouvement musculaire échappent à nos investigations , et secondement, que les chevaux dont je viens de parler ne sont réellement pas mal faits , puisqu'il y a certaines vertus cachées dans le mécanisme de leur charpente intérieure que l'œil ne saurait découvrir ; car s'ils sont défectueux sur un point, ce défaut est compensé par une plus grande puissance sur d'autres, ils possèdent les points essentiels, quoique développés avec moins d'élégance; et nous avons lieu de croire que le cheval n'est pas le seul animal chez qui cela se rencontre; quoique généralement parlant , chez tous , une véritable symétrie soit toujours accompagnée d'une perfection proportionnée des propriétés utiles qui les adaptent aux besoins de l'homme.
Les personnes qui soutiennent l'existence d'une qualité innée dans ce que l'on appelle sang, sont portées à croire que, dans la nature d'un cheval de pure race, il y a un certain je ne sais
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quoi qui le met à même de lutter, dans une course, bien plus longtemps que ses forces naturelles ne sembleraient devoir le permettre, et ils appellent cette qualité mystérieuse game (ardeur). Nous ne croyons point à l'existence de cette qualité. Nous savons par expérience que des chevaux , par le seul effet d'un mauvais caractère, se laissent souvent battre par d'autres qui leur sont très-inférieurs; mais quant aux efforts qu'ils peuvent faire pour remporter la victoire, nous les regardons comme limités par leur force physique, qui est le résultat de la bonne disposition de toutes les parties dont ils se composent , sans que l'opération de l'esprit y contribue en quoi que ce soit. Les héros des jeux Olympiques ou les champions du pugilat, ont pu être animés par des sentiments qui , vu la supériorité de leur nature et la pensée que leur réputation , leur intérêt, leur bonheur à venir dépendaient du résultat de la lutte , les aient poussés à combattre tant qu'il leur restait un souffle de vie. Mais ce sentiment d'honneur, cet esprit d'émulation n'existent point dans le cheval de course. Si sa puissance d'action n'égale point celle de ses rivaux dans la course , il cède à cette supériorité; quoi-
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qu'il faille avouer que les chevaux qu'on appelle paresseux, n'essayent pas même de faire tous leurs efforts, à moins d'y être excités par l'éperon et le fouet; tandis que d'autres, quand on les fouette ou qu'on les pique , ralentissent le pas au lieu de le doubler. Le résultat définitif de cette recherche sera donc de reconnaître que, lorsqu'en parlant de certains chevaux, tels que R égalas, KingHerod, HighJIyer et Eclipse, nous disons qu'ils ont transmis leur sang aux générations passées et présentes de chevaux de course, nous entendons seulement par là qu'ils leur ont communiqué la conformation et l'accord des parties nécessaires pour les mettre en état de parcourir une carrière avec une rapidité prodigieuse, et de supporter le pénible entraînement indispensable pour y parvenir.
Mais je n'ai pas encore parlé de la forme du cheval de course; je vais maintenant le décrire. Pour caractériser une espèce , il faut choisir un modèle parfait; je m'efforcerai donc de changer ma plume en crayon, afin de dessiner ses principales qualités avec toute la perfection possible. La nature présente rarement des modèles sans défauts dans le règne animal. KUe laisse à, la
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sagacité de l'homme le soin d'achever sa tâche. D'ailleurs, mie symétrie achevée n'est pas absolument nécessaire dans un cheval de course. Néanmoins, dans tout objet composé, la beauté consiste dans la juste proportion de toutes les parties entre elles; or la juste proportion des membres et des leviers de mouvements, jointe à cette élégance de formes, dans laquelle il n'y a pas de poids inutile qui opprime les muscles , distinguent éminemment le cheval de course de pure race, et sont tout ce que l'on doit exiger de lui. Toutefois , il est difficile de décider ce qui fait le bon coureur, et ce qui empêche de l'être , avant d'en avoir fait l'épreuve : car il s'est trouvé bien des chevaux qu'au premier aspect les amateurs auraient dédaignés , et qui cependant sont devenus d'excellents coureurs. En attendant , cette excellence dans les chevaux mal faits (cross made)^ mais qui ne sont pas pour cela contrefaits, vient, ainsi que je l'ai déjà remarqué , de ce qu'ils possèdent les parties nécessaires à la rapidité et à l'action, quoique ces parties ne soient pas chez eux développées d'une manière très- saillante ; mais par le moyen de plus de longueur, de plus de profondeur, et de la manière particulière
dont les parties agissantes se trouvent combinées, ils sont à même de surpasser d'autres chevaux, bien plus beaux à l'œil, mais qui manquent soit de la pente convenable, ou delà longueur, ou ce qui est plus probable , de l'étendue circulaire de ces parties. Or, comme , d'après les stoïciens, il n'y a que le sage qui soit beau, de même un cheval de course ne doit être admiré que pour les qualités qui font de lui un bon cheval de course.
Quoique la symétrie et les proportions fassent la perfection d'une figure, et que les plus beaux traits deviennent des difformités quand il n'y a point d'accord entre eux, il n'est pourtant pas toujours nécessaire de prendre pour mesure l'échelle de la perfection. 11 suffit donc d'indiquer quelles sont les qualités généralement admises pour faire un beau cheval de course anglais.
Nous commencerons par la tête, non-seulement parce qu'elle a toujours été regardée comme la partie la plus honorable du corps humain , mais parce qu'elle forme un des traits caractéristiques du cheval de pure race. Son front large et angulaire lui donne celte superbe expression
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de physionomie qu'aucune autre race ne possède; et la face, s'allongeant en fuseau ou deve nant graduellement plus étroite, depuis le front jusqu'aux lèvres, forme un contraste frappant avec la large face du cheval de charrette , dont le front n'est guère plus large cjue cette face. Le cheval de course doit avoir l'œil noir, vif et à fleur de tête , ce qui est la marque d'une bonne constitution ; et comme les chevaux ne respirent point par la bouche, mais seulement par les naseaux, les narines doivent être un peu ouvertes et flexibles, afin qu'elles puissent s'accommodera une respiration plus pressée, à mesure que la course de l'animal devient plus rapide. Naribiis non angustis, dit Varron, et il a raison. Mais elles ne doivent pas non plus être trop grandes. En attendant, la beauié de la tête n'est chez le cheval de course qu'une considération secondaire, si on la compare à la manière dont cette tête est attachée au cou; car c'est de là que dépend en grande partie la bonté de son haleine quand il court. Ses mâchoires, non - seulement ne doivent pas être minces ni trop s'approcher l'une de l'autre, près du gosier, mais encore elles ne doivent pas s élever trop haut à l'endroit où elles rejoignent le
gosier, car dans ce cas elles gêneraient sa respiration. Chez tous les chevaux , le cou doit être musculeux, mais ce que Ton appelle un col grêle (a loose neck) , n'est pas un aussi grand défaut dans un cheval de course que dans un cheval de chasse ; on le regarde même comme un indice de rapidité. La tète d'un cheval étant , pour ainsi dire , le gouvernail au moyen duquel il dirige sa course , et sa tête ne pouvant être mise en mouvement qu'à l'aide des muscles du col , il faut que ces muscles soient flexibles, et il faut en outre qu'il ait ce qu'on appelle la bouche bonne. On a prétendu que le poids de la tête et du col, dont l'effet augmente en proportion de leur distance du tronc , ajoute à la rapidité du cheval, en jetant tout son poids en avant ; mais ce n'est pas là un motif pour augmenter le poids ou la longueur de ces parties , qui doivent toujours être dans une juste proportion avec le tronc. Le col du cheval de course ne doit tomber en aucun excès; mais il vaut mieux qu'il soit long que court , et pas trop arqué.
Les chevaux marchant, comme on dit, avec leurs épaules, on peut regarderces parties comme
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fort importantes. Elles varient , quant à la forme , plus qu'aucune autre partie du corps du cheval ; celles de Flying Childers s'élevaient très-hautes et très-minces vers le garrot, tandis que le garrot à' Eclipse soutenait, à ce que l'on assure , un baril de beurre sans appui, quand il eut commencé à engraisser, après avoir cessé de courir, et lorsqu'il ne fit plus que le service d'étalon. Toutefois , des épaules élevées étant un obstacle à la vitesse, leur obliquité est absolument nécessaire ; mais nous n'insistons pas pour qu'elles s'amincissent vers les garrots. Nous pensons que les épaules iV Eclipse doivent avoir ressemblé à celles du lévrier, qui sont larges à la partie supérieure, et presque de niveau avec le dos. Des épaules larges, ou même ce que l'on appelle fortes , contribuent beaucoup à la vigueur, et ne sont point un obstacle à la vitesse, pourvu qu'il y ait une obliquité convenable à l'os plat de l'épaule. Quand le garrot est élevé ou mince , il doit s'élargir graduellement en descendant , et il doit y avoir quatre ou cinq pouces entre les membres de devant {the fore arnis) , mais pas autant entre les pieds.
La bonne position des membres est un point
important dans un cheval de course, puisqu'elle lui permet de couvrir plus de terrain qu'un cheval autrement bâti , dont le corps serait même plus étendu. Un des points essentiels est la position et la longueur de la partie qui s'étend depuis l'épaule jusqu'au genou; et un autre point, qui ne l'est pas moins, est la diminution bien graduée de la hanche jusqu'au jarret, ce que l'on appelle être bien pourvu dans la cuisse [weli let dowii in the thigh). C'est parce que le lièvre possède ces qualités, môme avec excès , qu'il est en état de décrire un bien plus grand cercle et de couvrir beaucoup plus de terrain qu'aucun autre animal, eût-il deux fols sa taille. En effet, le bras doit être placé à l'extrémité de l'épaule , ce qui facilite cet acte d'extension et ajoute au biais de l'épaule. Le genou doit être large et plat, et quand il serait même un peu arqué cela n'en vaudrait que mieux. Les jambes de tous les chevaux de la race de Herod avaient les genoux arqués, et jamais jambes de cheval n'ont mieux soutenu la fatigue ; car cette forme diminue les secousses pendant le galop. La partie depuis le genou jusqu'au paturon, doit être d'une longueur modérée dans le cheval de
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course, plus longue cependant que dans le cheval de chasse , et par-dessus tout , elle doit paraître plate et non pas ronde ; les muscles et les os doivent être distincts, et les premiers doivent paraître fortement attachés. Le paturon du cheval de course doit être long , flexible , et délié; la longueur et la flexibilité faisant l'effet de ressorts, tandis que le peu de volume contribue à l'agilité, et par conséquent à la persévérance, ou à ce que l'on appelle le fond ibottom). On peut à quelques égards comparer cette partie du cheval au bas de la jambe de l'homme, qui doit être aussi fin que le mollet doit être gros. Quand l'homme se fatigue plus qu'à l'ordinaire, il ne se plaint jamais d'éprouver de la douleur dans le bas de la jambe, tandis que celle du mollet lui apprend souvent qu'il a excédé ses forces. Le sabot du cheval de course doit être d'une grosseur modérée en proportion de la jambe.
La charpente osseuse du cheval de pure race , surpasse de beaucoup celle de toutes les autres espèces de chevaux en compacité et en solidité, qualités admirablement bien adaptées au cheval de course , attendu que l'enjambée dans le galop
doit donner une secousse proportionnée à son étendue. On ne dira pas de lui comme Job en parlant du béhémoth , que ses os sont comme des barres de fer ; toutefois la densité des os étant proportionnée à la force musculaire de l'animal, ceux du cheval de course n'ont pas besoin d'être épais; il vaut mieux même qu'ils ne le soient pas. L'expérience nous apprend qu'il est fort rare que l'os des canons se casse ; quand des accidents ont lieu en courant, ce sont presque toujours ou des luxations des jointures ou des fractures de l'os du paturon. Ce qui est le plus à désirer dans un cheval de course, c'est qu'il ait l'os du canon un peu petit, mais soutenu par des tendons larges et bien attachés, séparés de l'os, et formant ce que l'on appelle une jambe plate et en fil d'archal [wù-y). Cette forme indique non -.seulement la rapidité et la persévérance , mais encore la solidité lors d'un travail pénible. Les personnes qui ne connaissent point la structure anatomique des animaux s'imaginent seules que le fondement de la force ne réside que dans la substance osseuse, et négligent les appendices musculaires qui constituent le principal ressort de la force et de l'action.
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Le cheval doit avoir de la longueur, mais cette longueur doit consister dans la largeur des épaules et dans la longueur de la croupe, et non pas dans le dos. Pour lui donner cette élégance de forme qui le distingue, il ne doit montrer nulle part d'angle aigu ou de ligne droite; «es épaules doivent se lier au col sans que l'on s'aperçoive du passage , et son dos doit s'abaisser un peu derrière le garrot, ce qui donne à son cavalier un bon siège , et ne diminue en rien la force de l'animal. Au contraire, les chevaux qui ont le dos droit, sont en général défectueux dans les quartiers de devant et faibles dans leur action, et nous avons connu quelques très-bons chevaux de course qui avaient mênnî le dos creux. Il doit y avoir un peu d'élévation dans les reins, immédiatement derrière la selle ; mais le cheval de course ne doit pas avoir les côtes trop serrées ; elles doivent se bien détacher de l'épine du dos, formant ce que l'on appelle le tonneau , et donnant de la largeur à la charpente du cheval, ce qui devient pour lui une source de vigueur et de bonne constitution ; car les intestins étant commodément logés sous les côtes , le cheval en acquiert une grande fa-
cilité de respiration, de l'activité et de la beauté, pourvu que les autres parties soient proportionnées. Il ne faut pourtant pas que ces points, tout utiles qu'ils sont , soient poussés à l'excès , sans quoi le cheval deviendrait, comme on|dit, trop lourd pour ses membres; car nous savons que les chevaux qui ont le corps léger fatiguent beaucoup moins leurs membres quand ils galopent, ce qui explique pourquoi les juments et les hongres supportent la fatigue de l'entraînement jusqu'à un âge beaucoup plus avancé que les étalons; attendu qu'ils ont moins besoin de travaux préparatoires pour se mettre en état de courir, étant moins pourvus de chair que les derniers.
Après la tête ce sont les hanches qui distinguent plus particulièrement le cheval de bonne race. Toutefois, si la largeur des hanches ôte un peu de l'élégance du train de derrière , cet inconvénient est bien compensé par l'augmentation de vigueur dans l'animal , ainsi qu'il arrive aux hommes qui ont de larges épaules; et quand ces protubérances de l'ilium sont accompagnées de bons reins, il est difficile qu'elles soient plus considérables qu'il ne faut pour donner de la
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force et de l'action. Nous arrivons après cela à la cuisse, dont la forme et la substance sont extrêmement importantes pour le cheval de course, car, quoique l'on dise que les chevaux marchent par leurs épaules, la force d'impulsion, dans le mouvement de progression, vient du train de derrière. Chez tous les animaux doués d'une grande rapidité de mouvements et qui en ont besoin , la cuisse possède une puissance et une longueur extraordinaire; tel est, par exemple, le lièvre, dont les cuisses sont très -longues pour sa taille, et dont le bas des jambes est placé sous les cuisses , comme celui du cheval doit l'être , par suite de la courbure que doit avoir le jarret. La vitesse de l'autruche vient de la force des muscles depuis le bassin jusqu'au pied ; et les amateurs de combats de coqs attachent une grande importance à la cuisse de ces oiseaux. Il n'est pas nécessaire que la cuisse d'un cheval de course soit très-épaisse, mais elle doit déployer des muscles bien développés. En descendant encore plus bas dans ce membre, nous arrivons au jarret, jointure très-compliquée, mais dont la forme est fort importante dans le cheval de course. 11 doit être long et
68 DES CHEVAUX ARABES OU DE L'ORIENT. évidé, et sa pointe doit ressortir derrière la croupe, ce qui, dans l'action, augmente beaucoup la force du levier.
IDe [a taille.
En toutes choses le point de perfection est placé entre les deux extrêmes, et il en est de même ici. La hauteur moyenne , qui est de quinze paumes et demie, en comptant quatre pouces (un décimètre) par paume, est la plus convenable pour un cheval de course. De même qu'une longue poutre se casse par son propre poids , les grands animaux ont rarement de la
force proportionnée à leur taille. En effet , s'il y avait des animaux terrestres plus grands que ceux que nous connaissons, ils ne pourraient presque pas se mouvoir du tout. A un très-petit nombre d'exceptions près, les fort grands chevaux qui ont paru à différentes époques sur le turf anglais, ont moins bien supporté de grandes charges que ceux d'une taille moyenne ; et il existe plusieurs exemples de chevaux tels que Meteor, Meteora, JVhalehone et autres qui se sont distingués au nombre des meilleurs de l'année, quoiqu'ils fussent parmi les plus petits. Meteor était un des plus petits chevaux de son année, ce qui n'empêchait pas qu'il ne pût faire un avantage de sept livres aux meilleurs d'entre ses rivaux, courant avec de grands poids. Quand M'^halehone remporta le prix de Derby, il avait l'air d'un bidet à côté des autres chevaux qui couraient avec lui, et la carrière de Meteora, qui était aussi de petite taille , fut très-brillante. Indépendamment du prix d'Oaks à Epsom , elle remporta deux classes du prix d'Oatland à Ascot, le prix d'Audley-End et la vaisselle du club des jockeys à Newmarket, la vaisselle du roi, pour les juments, à Chelmsford, la coupe
d'or deBrighton, et plusieurs autres prix. J'ai moimême vendu pour dix livres sterling, une pouliche d'un an, parce que je la regardais comme sans valeur à cause de sa petite taille. Elle courut plus tard sous le nom de Ynysyniaengwyn (ce qui en langue galloise signifie : \Jle de la pierre blanche), et remporta quatorze prix. L'aïeule de cette jument était fille de Meteor, qui était père de Meteora, et qui lui-même n'avait pas tout à fait quinze paumes de haut. (Voyez le Studbook.)
Voici quels sont les points principaux et essentiels d'un cheval de course , tels qu'ils ont été désignés par M. Darvill, dans le second volume de son Traité du soin , de la conduite et de l'entraînement d'un cheval de course anglais; Londres, 1834.
«Je vais maintenant décrire aussi clairement qu'il me sera possible, la manière dont je pense qu'un cheval doit être formé pour courir. 11 doit avoir la tête petite et maigre ; les oreilles petites et droites {j)icked)\ les yeux grands et brillants, le front large et plat; nous entendons par là que sa face doit ressembler à celle d'un cerf. Du bas du front, en descendant jusqu'à une certaine portion des naseaux , il doit y avoir, pendant un
court espace, une courbure graduelle ou une légère concavité; de là en descendant plus bas^ le nez doit être un peu élevé, et les narines doivent être si ouvertes que , lorsque , par suite de ses efforts, la respiration du cheval aura été augmentée, on distingue facilement, quand il souffle, la membrane rouge qui les tapisse. Le bout du nez [muzzlé) doit être proportionnellement petit et les lèvres minces, en sorte que lorsque, par leur contraction musculaire , elles recouvrent les dents et les gencives , elles y paraissent en quelque sorte attachées. La place occupée par la parotide doit être nette, en laissant un espace assez large entre les os des mâchoires, qui doivent être minces. Le col doit être d'une longueur modérée. Je préfère qu'il soit large, j'entends par là que sa largeur doit être formée par la substance des muscles qui passent le long de chaque côté de sa partie supérieure. Depuis le garrot jusqu'à la tête, il peut s'élever un peu dans le centre; mais non pas avec excès, car j'ai une grande aversion pour les chevaux de course qui ont le col trop haut et arqué. A dire vrai, j'aimerais mieux qu'il eût le col tel que j'ai décrit la
face, c'est-à-dire de la forme de celui d'une brebis ou d'un cerf, plutôt que d'être chargé par le haut, ainsi que j'expliquerai tantôt. Quant au bas du col , je n'ai pas de remarques particulières à faire , si ce n'est que la trachée doit être spacieuse et pas trop fermement attachée au col en se rendant aux poumons.
« Le garrot peut être d'une hauteur modérée, et si l'on veut aussi modérément mince; mais quant à ce dernier point, je n'y tiens pas beaucoup, pourvu que les épaules soient bien inclinées. C'est à compter du garrot que commence le dos. Je conviens que les apparences peuvent être en faveur d'un cheval qui a le dos un peu bas ou creux. Cela peut être fort bien pour un cheval de selle ; mais pour qu'un cheval de course ait de la force et de la liberté d'enjambée , il faut qu'il ait le dos droit et modérément long, se joignant bien des deux côtés avec les épaules et les reins. Les reins doivent avoir beaucoup de largeur et de substance musculeuse, au point qu'ils doivent avoir l'air d'être, comme qui dirait, soulevés sur leur surface , et les muscles qui sont derrière les reins doivent remplir et mettre de niveau la croupe jusqu'à la naissance de la
queue, laquelle doit être placée assez haut, et à son origine doit se séparer un peu en dehors de la croupe retombant tout droit jusqu'aux jarrets. L'anus ou fondement doit se contracter en un très-petit espace, au point de ne laisser voir , pour ainsi dire, aucune étendue entre lui et les parties environnantes ; car l'anus doit être petit, serré, et bien formé dans toutes les espèces de chevaux. Les muscles qui l'environnent doivent être rassemblés en petits plis, et le grand sphincter ne saurait agir avec trop de force pour contracter l'anus non-seulement après que les besoins de la nature ont été satisfaits, mais encore, je le répète, de façon à ce qu'il soit en tout temps petit, serré, fermé, et même s'avançant un peu en dehors. J'insiste làdessus parce que l'anus est une des parties les plus importantes de la constitution d'un cheval. Si le fondement d'un cheval est tel que nous venons de le décrire, et si cet animal a beaucoup de largeur entre les hanches, avec des reins d'une surface bien large , et la poitrine spacieuse, il possède les quatre points constitutionnels qui compenseront tout ce qui pourra en apparence lui manquer du côté du corps; et de plus, un
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cheval ainsi formé, quant à tous les points que je viens de nommer, mangera toujours bien, et il sera facile de le dresser en peu de temps pour la course, car il aura invariablement l'haleine bonne.
«J'arrive maintenant au corps, ou à ce que certaines personnes appellent la pièce du milieu [the middle pièce) d'un cheval; il se divise intérieurement en deux cavités , par une substance musculeuse nommée le diaphragme. La cavité antérieure, qui est la poitrine, renferme les poumons, le cœur, etc.; la cavité postérieure, qui est le bas-ventre , contient l'estomac, les intestins, le foie, les rognons, etc. Pour ce qui regarde la forme extérieure du corps , qui entoure et protège tous ces nombreux organes, si essentiels à la vie , je commencerai mes observations par la poitrine.
« Pour me servir d'une phrase familière , mais très-expressive, un cheval doit être bien sur le cœur [be well over the heart) , c'est-à-dire qu'il doit avoir le bréchet profond (be deep in his girth), les côtes rondes et bien arquées. J'entends par là que la personne qui monte un cheval de course , lequel a d'ordinaire la poitrine
mieux formée que les chevaux dont on se sert communément, doit sentir qu'il a une certaine largeur ou substance entre les jambes; il faut que les muscles se renflent bien devant ses genoux, ou devant le centre des pans de sa selle. Quand la poitrine est ainsi largement formée, elle laisse de l'espace pour la respiration, de sorte qu'en entraînant le cheval on peut perfectionner son haleine, ce qui lui permet de continuer à courir pendant longtemps.
« Après cela , il faut s'occuper du bas-ventre ou, comme on dit en anglais , the carcass. On trouvera peut-être ce que je vais dire un peu étrange, mais j'avoue que j'ai une grande aversion pour ce que l'on' appelle communément un cheval à larges côtes [a good carcassed horse). 11 est vrai qu'un cheval qui a les côtes serrées ( well ribbed up) , annonce de la force , et qu'en courant , il tourne avec adresse; d'ailleurs, ainsi que je l'ai déjà remarqué, il est en général assez bon quand il s'agit de parcourir une carrière courte et ronde et avec de grands poids ; mais cette manière de courir est beaucoup moins usitée qu'elle ne l'était autrefois , ou , pour mieux dire, elle ne convient pas beaucoup aux chevaux qui
courent à présent à Newmarket. Il faut en outre remarquer que les chevaux qui ont les côtes larges sont , en général, fort gloutons; ils ont beaucoup de chair, et sont très-difficiles et embarrassants à entraîner, parce que leur constitution est trop forte et qu'ils sont proportionnellement trop gros pour leurs jambes et leurs pieds. Non-seulement ces chevaux , après avoir été entraînés, ne restent pas longtemps en état , mais encore on ne peut pas les y maintenir longtemps, sans qu'ils ne perdent leur fraîcheur, tant pour le corps que pour les jambes , et c'est pour cela que je n'aime pas les chevaux à larges côtes. Je ne veux pourtant pas que les chevaux soient serrés des côtes au point de ressembler à des guêpes. J'aime que le corps d'un cheval soit dans un juste milieu, c'est-à-dire qu'il soit droit et beau depuis le derrière des sangles de la selle, et alors la bonne conformation des parties dont j'ai parlé, savoir, de la poitrine , des reins et du fondement, lui donnera une constitution aussi forte qu'il est nécessaire.
«Pour en revenir aux extrémités antérieures, les épaules commencent un peu au-dessous du garrot; elles doivent être particulièrement bien
inclinées, profondes, larges et d'une grande force musculaire; mais ces parties musculeuses ne doivent le paraître que modérément à l'œil ; c'est-à-dire qu'elles ne doivent pas être chargées hors de proportion. Les muscles doivent se montrer distinctement; il ne doit y avoir aucune apparence de graisse ou de ce que l'on appelle , en termes techniques, membrane adipeuse. Les épaules ne peuvent pas être trop obliques dans leur descente jusqu'au devant de la poitrine ; là , de chaque côté, une jointure est formée parla partie inférieure du scapulum qui s'unit à la partie supérieure de l'humérus. Ces jointures ainsi formées s'appellent ordinairement les pointes [points) des épaules; ces pointes doivent paraître droites ou de niveau. Dans les chevaux que l'on destine à la course, les pointes des épaules ne doivent avoir rien de grossier, de lourd, rien qui avance; à la vérité, cela arrive rarement, si ce n'est quand la poitrine du cheval est beaucoup plus large qu'à l'ordinaire. Quand on regarde la poitrine en face, elle doit paraître d'une largeur modérée, et si sa proéminence est le moins du monde considérable , ce doit être par suite de la plénitude ou de la substance des muscles qui
recouvrent la poitrine , lesquels doivent être allongés {lengthf), et leurs divisions doivent se laisser voir d'une façon distincte.
« L'avant-bras doit être large et long, et particulièrement bien garni de muscles dans sa partie supérieure, en dedans comme en dehors. Je veux dire par là que les muscles du haut et de la partie antérieure doivent être assez gros pour ne laisser qu'une distance peu considérable entre les membres de devant, immédiatement au-dessous de la poitrine , et ces muscles doivent paraître comme ceux du devant de la poitrine. La partie postérieure du haut s'appelle le coude ; ce coude , lorsque le cheval est en état, doit paraître à peu près se confondre avec le corps. Pour peu qu'il s'éloigne de cette apparence, j'aimerais encore mieux que ce fut en dedans que s'il s'écartait beaucoup trop en dehors. L'articulation du genou doit être grande , large et plate de face ; généralement parlant , plus, d'une part, toutes les articulations sont grandes et larges, plus elles sont bonnes et fortes; et plus, de l'autre part, leurs éminences sont fortes , plus le levier sur lequel les muscles ou les tendons doivent agir sera grand et
sûr, pourvu que ces éminences ne soient pas tellement disproportionnées qu'il puisse en
résulter une maladie comme l'éparvin ou la forme (ringbone). La partie depuis le genou jusqu'au boulet ne saurait être trop courte, ni trop large ou trop plate; le tendon fléchisseur doit aussi être très-fort et se montrer en quelque sorte distinctement séparé de l'os. La jointure du boulet doit aussi être large , et le paturon fort en proportion ; mais sa longueur et son obliquité doivent être modérées.
Le sabot doit aussi avoir une obliquité modérée, avec les talons ouverts et la fourchette en bon état. C'est là, en effet, l'état oii se trouvent les poulains de course quand ils quittent pour la première fois le haras , pourvu que leurs pieds aient été bien soignés pendant qu'ils y étaient. Mais les pieds de ceux qui ont déjà travaillé depuis quelque temps sont parfois en mauvais état; ils deviennent droits et forts, le sabot se montre dur et cassant , et le talon plus ou moins contracté. Presque tous ces défauts proviennent de ce qu'on ne leur a pas donné les soins nécessaires quand on les a ferrés , et qu'on ne leur a pas appliqué les remèdes convenables
dans les écuries. Quant à la structure du pied des chevaux de ce genre et à leurs maladies', comme aussi la manière de les ferrer pour la course , on en trouvera la description dans les différents chapitres qui traitent de ces sujets dans mon premier volume. Avant de terminer mes remarques sur les extrémités antérieures , il sera peut-être bien de faire observer au lecteur qu'en supposant l'animal bien conformé dans ces parties, d'après les règles que j'ai données, et le lecteur placé en face, le centre de la partie supérieure de l'avant - bras doit être à peu près ou tout à fait sur une ligne parallèle avec la partie supérieure ou antérieure du garrot , ainsi qu'avec la partie supérieure de l'avant-bras en descendant jusqu'au pied; pour que le cheval soit ferme, et pour qu'il ait le pouvoir de bien se servir de ses jambes de devant , il faut qu'il se tienne parfaitement droit sur elles ; j'entends par là qu'elles ne doivent paraître placées ni trop sous lui ni trop en dehors. Supposant de nouveau , par exemple, qu'un homme soit placé en face du cheval et que de là il regarde le pied , la partie centrale de la muraille devra se trouver sur une
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ligne parallèle avec la partie inférieure ou l'articulation de 1 épaule, que l'on appelle communément sa pointe. Les pieds d'un cheval ainsi placés ne seront ni trop en dehors ni trop en dedans; mais s'ils s'écartaient de la position que je viens d'indiquer au point que cet état devînt un défaut, j'aimerais encore mieux qu'ils fussent placés un peu trop en dehors qu'autrement , c'est-à-dire ce que Von appelle en pattes de pigeon [pigeon toecl).
Je vais maintenant décrire le train de derrière ou les extrémités postérieures. Il est sans doute inutile de remarquer que la bonne conformation de ces parties est de la plus haute importance pour un cheval de course; il est par conséquent nécessaire qu'elles soient de trèsfortes dimensions quant à la largeur, à la substance et à la longueur. Les hanches doivent être séparées par une grande largeur, et quand elles seraient un peu grossières ou proéminentes , cela n'en vaudrait que mieux, pourvu qu'il n'y eût pas d'excès , et que cela n'allât pas jusqu'à rendre l'animal commun ou désagréable à voir. La partie qui s'étend depuis le centre et la partie postérieure des reins, jusqu'au haut de la queue,
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s'appelle la croupe; elle doit être d'une longueur considérable , et si elle s écarte de la ligne droite il n'y â pas de mal qu'elle soit un peu arquée dans le centre. La croupe, quand elle est ainsi formée , donne beaucoup de largeur au haut des quartiers , dont la longueur, depuis la croupe jusqu'au jarret, ne saurait être trop grande , afin qu'il y ait là assez de place pour attacher les muscles larges, puissants, longs et distinctement divisés de l'extérieur des quartiers et des cuisses; et il doit aussi se trouver, dans un cheval bien fait , une semblable portion de ces muscles larges, puissants, longs et distinctement divisés, dans V intérieur des quartiers et des cuisses, aussi bien qu'à Vexte'rieur, en sorte qu'un homme qui s'y entend puisse les reconnaître sur-le-champ, en regardant le cheval par derrière. Dans cette position , on doit être en quelque sorte frappé à la vue de la grande largeur et longueur de la partie postérieure des quartiers, et quand l'homme fera mouvoir sa tête de droite à gauche , le centre et l'extérieur des quartiers, ainsi que le renflement des muscles , doivent paraître hors du niveau des hanches. Les parties supérieures des muscles dans l'intérieur des quar-
tiers doivent paraître tout à fait serrées les unes contre les autres, de façon à ne laisser voir aucun espace vide.
L'articulation de la rotule {stifflê) doit être directement au-dessous de la hanche , et la distance de cette articulation à celle du jarret ne saurait raisonnablement être trop longue, ni la jambe former un angle trop fermé avec la cuisse , de manière que la pointe du jarret paraisse dépasser la pointe de la fesse : ce qui allongera le levier sur lequel se meut le tendon d'Achille, qui, de même que le muscle fléchisseur de la jambe, ne saurait être trop grand ni trop distinctement aperçu, depuis son origine, au bas du quartier, jusqu'à son insertion dans la pointe postérieure ou proéminente du jarret. Le jarret doit être large , avec une apparence nette; les parties molles qui sont parfois le siège des maladies appelées mollettes, vésigons, doivent, dans un jarret sain et bien formé, montrer les proéminences dont j'ai parlé, lesquelles deviennent quelquefois une cause qui fait boiter. Le pied de derrière , comme celui de devant , doit être court, large, plat et droit; le petit angle formé par le jarret , joint à l'obliquité
modérée du paturon, doit porter rextrémilc du pied à peu près sous le grand muscle de la jambe.
IDf rj^iUeinf {fTind).
Il est vrai de dire que c'est la rapidité qui remporte le prix de la course , mais pour en retirer tout l'avantage possible, il faut qu'elle soit accompagnée de la durée. Or rien n'assure autant cette durée qu'une haleine bien nette, c'està-dire une grande liberté de respiration, dont le défaut fait que le cheval de guerre se révolte contre la main qui le guide, que le cheval de
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chasse saute mal, que le cheval de trait tombe comme frappé de la foudre , et que le cheval de course s'arrête ou bien abandonne la carrière. En effet, quand les organes de la respiration sont fatigués, tout animal perd en quelque façon ses forces. La cause d'une bonne haleine se distingue à la vue ; elle gît principalement dans la profondeur du quartier d'avant qui annonce un thorax ou une poitrine spacieuse. Quelque large que soit un cheval à son quartier d'avant , il n'aura pas une bonne haleine , à moins qu'il ne soit en même temps profond. Et pourtant l'haleine du cheval de course dépend d'autre chose encore, savoir : de la nature des parties qui le constituent et le composent ; lesquelles , si elles sont chez lui dans une proportion convenable , lui donnent de la force et de l'agilité, et en même temps cette aisance d'action qui fait que les organes de la respiration ne se fatiguent pas facilement, et lui permettent de continuer à courir, pendant que d'autres , moins bien traités par la nature, sont forcés de ralentir le pas. Les effets avantageux d'une bonne haleine dans un cheval de course sont de deux sortes : d'abord elle lui donne un avantage marqué dans la course
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même, et puis des chevaux ainsi organisés exigent moins de travail préalable pour les mettre en état de courir. Le passage suivant sur ce sujet est digne de remarque : «Quand l'animal fait de grands efforts, une augmentation plus considérable de sang purifié est nécessaire pour soutenir la force vitale , et l'action des muscles oblige le sang de couler plus rapidement dans les veines : de là vient qu'un cheval en courant respire avec plus de vitesse et plus profondément; de là aussi lanécessité d'une poitrine vaste, en état de fournir une provision d'air suffisante, et la liaison de cette capacité de la poitrine avec la rapidité du cheval et sa faculté de supporter la fatigue ; de là encore le merveilleux soulagement qu'éprouve un cheval haletant et essoufflé, quand on desserre les sangles de la selle, ce qui permet à sa poitrine de se déployer et de se contracter avec plus de facilité et par conséquent de fournir plus de sang purifié; de là enfin le soulagement que procurent quelques moments de repos, pendant lesquels cette dépense n'est point nécessaire , et qui donnent aux forces presque épuisées des organes le temps de se remettre. C'est ce qui prouve aussi la nécessité d'une grande ampleur
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de poitrine pour raccumiilation de tant de chair et de graisse : car si une portion considérable du sang est employée à la croissance de l'animal , et si cet emploi est subitement changé , il faut que les moyens qui doivent contribuer à cette rapide puriiication existent ; or elle ne peut être effectuée que par l'augmentation de la masse des poumons et par la largeur correspondante de la poitrine qui doit les contenir. »
JDf la CouUur î>u cï)(mi 'be pure vace.
La beauté des formes que l'on observe dans le règne animal est subordonnée à l'utilité générale ; ces formes nous plaisent d'autant plus qu'elles réunissent ces deux qualités. Nous admirons l'élégante structure du cygne, mais notre plaisir redouble quand nous contemplons l'aisance et la dignité de ses mouvements. Toutefois les couleurs que la nature a répandues avec