INTRODUCTION
La lecture de quelques observations nous ayant montré— non sans surprise — d’une part la bénignité relative des néphrectomies faites au cours de la grossesse, et, d’autre part, l’évolution heureuse de grossesses survenues chez des malades antérieurement néphrectomisées, nous avons réuni les différents cas publiés ; et, de ces faits cliniques, nous avons essayé de tirer quelque enseignement.
A cette étude, il nous a semblé qu’une préface intéressante serait fournie par quelques considérations sur l’urologie de la grossesse. Grâce aux recherches nouvelles faites sur ce point, on paraît, en effet, tendre à admettre que cet état physiologique n’apporte pas dans la dépuration urinaire des modifications aussi ‘profondes qu’on se l'était imaginé pendant longtemps.
Nous ne nous proposons pas de reprendre l’étude de l'urine pendant la grossesse. En effet, la recherche, le dosage des éléments normaux de l’urine montrent que l'élimination rénale dans cet état physiologique ne subit que des variations peu considérables. Quelques-unes cependant méritent de nous arrêter : car la question se pose de savoir si elles n’impliquent pas un certain degré d’imperméabilité rénale.
Nous étudierons également les éléments anormaux que l’on a coutume de trouver dans l’urine de la femme enceinte bien portante : sucre, urobiline, acétone; et nous verrons si de leur pré-
sence, on peut tirer quelques notions utiles sur la valeur fonctionnelle des reins. |
Pour résoudre ce problème, deux méthodes nouvelles dont nous ne devons pas négliger les résultats ont été employées dans la grossesse : l'épreuve du bleu de méthylène et la cryoscopie.
Enfin nous terminerons par quelques considérations sur l’importante question qui résume les précédentes: la toxicité urinaire chez la femme enceinte.