CONCLUSIONS
IL existe des néphrites avec œdèmes, s’accompagnant de rétention de l’eau et des chlorures, sans diminution du pouvoir de sécrétion rénale de l’urée (néphrite hydropigène, sans insuffisance uréo-sécrétoire). Cette forme de néphrite est peu fréquente et son diagnostic ne peut être établi avec certitude sans exploration complète du fonctionnement rénal.
. Le dosage de l’urée urinaire fournit des indications utiles, mais insuffisantes dans l'évaluation de la perméabilité rénale uréique.
Il est nécessaire de tenir compte de la notion d'hydrémie dans l'interprétation de l’azotémie des néphrites hydropigènes.
On peut constater un taux normal d’urée dans le sang, malgré une altération notable de la perméabilité uréique. Dans les cas où l'insuffisance uréo-sécrétoire ne s'accompagne pas d’un taux élevé d’urée dans le sang, la recherche correcte de la constante d'Ambard décèle le trouble de sécrétion rénale et permet d’en suivre l’évolution.
L'étude de la diurèse et du bilan des chlorures, la pesée des malades permettent de juger de l'existence, du degré et de l’évolution de la rétention hydro-chlorurée dans les néphrites hydropigènes. Le dosage du chlorure de sodium du sang, la recherche du seuil d’excrétion chlorurée ne présentent pas d'applications pratiques.
La viscosité sanguine est généralement inférieure à la normale dans les néphrites hydropigènes; il s'agirait d’une baisse de la viscosité par hydrémie. La disparition de l’œdème s’accom-
LS 00 EE pagne d'une élévation de la viscosité sanguine. La rétention des chlorures est l'un des facteurs importants de l’hydrémie.
La néphrite hydropigène s'accompagne, le plus souvent, d'hypertension artérielle minima et maxima. Cette hypertension diminue et parfois disparait à mesure que disparaissent les œædèmes. La rétention hydro-chlorurée est un facteur puissant d'hypertension.
Nous avons constaté chez nos malades les signes cliniques de la néphrite hydropigène, sans les manifestations d'ordre toxique relevant de l'imperméabilité rénale véritable. Il est indispensable de tenir compte du déséquilibre cardio-vasculaire (hypertension, hydrémie) pour comprendre et traiter les accidents mécaniques dont le pronostic dépend.
La réduction des liquides, la théobromine, la restriction partielle des chlorures dans le régime alimentaire ont facilité la disparition des signes d'infiltration et le retour à l'équilibre hydro-chloruré.
Vu, bon à imprimer : Vu : Le Douen, Le Président de la Thèse, C. SIGALAS.
E. CASSAËT.
Vu. et permis d'imprimer :
Bordeaux, le. 23 avril 1914.
Le Recteur de l'Académie,
R. THAMIN.