INTRODUCTION
Les agents pathogènes microscopiques, comme tous les êtres vivants, sont en perpétuel état d'évolution.
S'ils modifient peu leur apparence morphologique, leurs mutations sont beaucoup plus importantes en ce qui concerne leur virulence, celle-ci pouvant s’atténuer, s’exacerber ou atteindre à une étroite spécificité.
A ce dernier stade, certains microbes paraissent avoir atteint leur but définitif, et les conditions idéales semblent réunies, qui assurent le parfait développement des individus et la continuité de l'espèce : tel est le cas des agents des ma ladies vénériennes. ÿ
Pour d’autres espèces, la réunion de ces conditions favorables date de peu, aussi leur domaine est-il encore en voie d'extension.
C'est le cas des Brucella.
Au point de vue géographique, leur expansion est considérable au cours des cinquante dernières années. Parties de Malte, au centre du Bassin Méditerranéen, les Brucella que l’on peut suivre dans leurs migrations, grâce à l'histoire même de la mélitococcie, gagnent rapidement la totalité des rivages
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méditerranéens, l'Espagne, l'italie, la France (plus des deux tiers du territoire, en 1945), et même l'Allemagne et la Scandinavie. Le nombre des sujets atteints augmente sans cesse.
Cette expansion du germe est facilitée par le fait que le réservoir de virus ést la chèvre. L'aptitude des Brucella à s'adapter à des conditicns nouvelles est marquée par son passage de la chèvre maltaise à la chèvre indigène, de la chèvre à la brebis, et de la brebis à la vache.
Tous ces herbivores sont soumis à des migrations périodiques qui assurent le brassage nécessaire au développement des Brucella.
La transmission d'homme à homme n’existant pas, ces animaux sont, en effet, indispensables au mélitocoque, et l'avenir pathogène de ce dernier est étroitement lié aux modifications du cheptel lui-même.
Etudions maintenant le comportement des Brucella visà-vis de l'être humain, aux différents stades de son évolution.
I y à vingi-cinq ans, les auteurs ne décrivaient que des formes septicémiques de la mélitococcie : la fièvre ondulante et les sueurs profuses étaient les signes cardinaux. Ensuite, pendant dix ans, on décrivit de nombreuses formes encéphalitiques et nerveuses, contemporaines de l'encéphalite épidémique qui sévit pendant l’après-guerre.. Endn, il y à une dizaine d'années, apparurent les formes articulaires d’une part, les formes viscérales d'autre part, les viscères principalement atteints étant le foie et le rein. L’hépato-néphrite mélitococcique devint banale, et ses symptômes sont bien connus.
A l'heure actuelle les formes articulaires sont de beaucoup les plus fréquentes, et il semble que lon se trouve moins souvent en présence de déterminations viscérales.
Mais l’évolution des Brucella n’est pas terminée, leur vi-
rulence peut encore varier, l'organisme humain s’adaptera