‹ Néron, sa vie et son époqueChapitre 112 sur 215 · Suétone. Vie de Perse · texte numérisé non relu

Suétone. Vie de Perse

VIE DE NÉRON

Bien quel’élôge donlQuintilien honore l'ami deThraséas, nous dispose en faveur de ce dernier et nous autorise à croire que ses satires obtenaient le plus grand succès * , on connaît trop la haute opinion qu’avait de lui-mème le jeune Lucain, qui osait se comparer à Virgile, pour être impressionné par l'cm- ‘ phase espagnole de ses applaudissements*.

On ne serait pas loin de la vérité en disant que Lucain, entraîné vers les stoïciens par l’influence de Sénèque, qui se détachait de la cour, cherchait surtout dans les louanges exagérées qu’il adressait à Perse, une justification des applaudissements prodigués à Néron. Sous celte admiration bruyante pour un rival qu’il ne craignait pas d’élever à son niveau, on sent le besoin et le désir secret d’étre honoré de l’estime du jeune homme austère qui touchait de près à Thraséas. Mais Lucain eut beau s’ingénier pour se rapprocher de Perse et pour l’attirer à lui ; leur caractère ainsi que leur conduite, leurs talents et leurs destinées, n’eurent jamais rien de commun.

Perse Ut assez tard la connaissance de Sénèque, sans doute par l’intermédiaire de Lucain, mais il ne fut pas séduit par son esprit^; Cornutus et Thraséas l’avaient accoutumé à une nourriture intellectuelle plus virile. Le contraste était trop blessant entre le passé coupable de Sénèque, l’éclat de sa fortune et J’auslérité de ses déclamations; le jeune poète comprit bientôt le vide de celte philosophie et l’inanité de cette vertu. Les travaux littéraires de Perse absorbèrent toute sa vie. Sa phrase concise, et tourmentée comme un oracle, emprisonne la pensée dans quelques mots avec une précision violente qui

i. Multiim et veræ glorijc, quamTis uno libro Porsius meruit. Quistiliei. Imt. oralo., liv. X, ch. i.

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