Saint Pacl. Dexxièmt Épiire à TimoMt, ch. iv, verset
VIK DE NÉRON
surtout leur énergie. Avec l'armée défaite, avec la ville prise, disparaissait la nationalité. Le vaincu se transformait en e.sclave, et dès que le maître lui avait lié les mains, il tenait l’homme tout entier. Quelle était donc cette race jusqu’aloi-s ignorée, qu'on voyait subir les prisons et les supplices sans rien perdre de son indépendance? L’esprit de ces hommes habite le corps comme un étranger. On les tient attachés et on n'a rien en son pouvoir. Les cœurs insaisissables sont libres sous les chaînes. Quand ces chrétiens meurent leurs âmes semblent se répandre, passer dans d’autres corps et se multiplier à l’infini. Quelle est cette superstition élrangère qui nous fait voir l’homme juste d’Horace dans le dernier des misérables? Le monde romain l'écrase sans l’émouvoir. L’esclave et le barbare forment une famille en dehors de la puissance césarienne; ils composent une association morale et supérieure qui donne droit de cité à tous les hommes, et c’est par eux que la liberté- renaît dans le monde.