‹ Néron, sa vie et son époqueChapitre 149 sur 215 · VOYAGE DE NÉRON EN GRÈCE · texte numérisé non relu

VOYAGE DE NÉRON EN GRÈCE

Néron aitiré en Grèce par des flatteries. — Sa suite nombreuse. — Il figure dans tous les concouin. — Néron tremblant devant scs juges. — Les Grecs osent disputé les prix à César. — Violences qu'il exerce contre ses rivaux. «—Néron s'abstient de visiter Sparte et Athènes. — Stade d’Olympic. — Génie de Tara&ipus qui épouvante les chevaux. — Les Grecs se moquent de Néron. — Il n’ose pas se faire initier aux mystères d’Êleuiis. — Néron donne la liberté aux Grecs. — Plutarque et Pausanias apprécient ce bienfait. — Percement de l'Isthme de Corinthe. — La gouvernante de Sporus « abuse de sa ronfian>‘c. — Mort de Corhulon, defdeux Scrihonius et de («assius.

liC souvenir (le ses crimes et la nécessité de compter avec la conscience du genre humain furent un si grand supplice pour Néron, (ju’ii ne voulut plus entendre parler que théâtre, musique, perfection artistique et merveilles de l’art. Les villes de la Grèce avaient coutume de lui envoyer, pour honorer son talent, les couronnes décernées dans les concours. Il accueillait avec plaisir les ambassadeurs, et ces Grecs n'attendaient pas leift- audience. Le prince les aSmettait à sa table. Quelques-uns de ces envoyés, epeouragès par sa lionne grâce, le

prièrent pendant le repas de leur faire cnlendrc sa voi\

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célesle. Il \ consciilil. Ses convives l applaudirent vivement et avec à-propos; Néron s’écria que les Grecs seuls se connaissaient en musique. Le désir qu’il avait de visiter leur pays et de prendre part à leurs concours se réveilla soudain avec plus de force. 11 résolut de passer en Grèce, donna des ordres et fit ses préparatifs de voyage. Les villes imporlantes durent avancer ou reculer l’époque de la célébration des jeux jusqu’au temps do son séjour dans leur ■province, po;ur qu’il lui fût po.tsible de disputer tous les prix.

Il partit donc vers ta fin de l’-an tifi. Sa .suite était as.scz nombreuse pour sullire à la conquête des Indes, si scs gens . avaient eu des armes à la main au lieu de jmrter des instruments de musique, des masques et des écbasses tragiques*. En arrivant à Cassiope, dans l'ilc de Corcyre, Néron chanta dans le temple de Jupiter. Il partit de là pour aller visiter toutes le,s grandes villes de la Grèce. On vit alors se reproduire les prétentions, les intrigues et les violences qqi avaient signalé ses premiers débuts. 11 est fatigant d'avoir à revenir sur ce même sujet; mais dans I bistoiro d'un prince qui n’estimait rien au-dessus de l'art dramatique et des arts, c’est un inconvénient qu’on ne saurait éviter : ici du moins le théâtre et les spectateurs ne sont plus tes mêmes.

Les musiciens et les chanteurs qui disputaient le prix ne pouvaient, pendant qu’ils étaient en scène, ni se rtqaoser en s'asseyant, ni cracher, ni se moucher, ni essuyer la sueur de leur front qu’avec le pan de leur rol»e. Néron s’assujettit de bonne grâce à ces règlemenU, et quand il finissait de chanter, il mettait un genou en terre et, tendant re.spectueusement la

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