DOMINATION DA0R1P1MN
Changement dans l'administration. — Anicct placd auprès de Néron. ~ Néron est élevé au Palatin, ses compagnons d'étude. — Il no révc que théâtre, ses amusements avec Dritannicus. — Cruauté d'Agrippine, elle se fait présenter la léto do Lollia Paulina et met son doigt dans la bouche. — Sen*>que, précepteur du jeune Domilius. — Claude adopte le fils de sa femme, qui reçoit alors le nom de Néron. — Origine et sens do ce nom. — Britannicus est abandonné. ~ PriMliges. — Agrippine domine son fils. — Elle lui fait prendre avec éclat la robe virile à quinze ans. — Le caractère de Néron cliangc. — Sa querelle avec BriUnicus. — Agrip- {dne fait nommer Burrhus préfet du prétoire. — Impertinence de Pallas. — Famine dans Rome. — Agrippine en profite pour bâter rélévalion de son fils. — Néron donne des jeux. ~ importance toujours croissante d'Agrippine. — Sa politique, son caractère.
Aussitôt qu’Agrippine fut l’épouse de Claude, il y eut un maître au Palatin. La faction des affranchis tomba comme brisée, et toute l'influence vint se concentrer dans les mains viriles d'une femme. Tacite exprime à merveille cette transformation. f Dès ce moment, dit-il, la cité change, tout obéit à une » femme. Mais ce n’est plus comme sous Messaline se jouant
• de la chose publique par impudence ou par lasciveté, .\ulour
• d’Agrippine... l’administration fut grave et ferme: en pu- » blic la sévérité et le plus souvent 1a hauteur, au dedans
• rien d’immoral, à moins que ce ne fût un moyen de gouver-
VIF. DF NfillON
ner * ». Ainsi Rome et le monde avaient une impératrice, et la chose existait dans toute sa force bien avant que le mot fût connu.
C’est à peu près vers ce terap.s-là qu’Anicet, plus tard si important, fut placé auprès de Néron en qualitfr^e pédagogue. Il était le client et peut-être l’affranchi de Lépida qui lui donna ce poste de confiance. Néron grandissait; les biens de son père venaient de lui être rendus, Agrippine devenait puissante. Il est vraisemblable que Lépida, après avoir recueilli chez elle le fils de son frère, voulut s’assurer de sa reconnaissance, et que dans ce but elle installa un homme tout dévoué à ses intérêts auprès de son neveu que tant d'heureuses circonstances préparaient à l’empire.
Les goûts de Néron et ses aptitudes se développaient avec une sorte d'éclat. Il aimait avec passion la danse et tous les exercices du corps, la peinture, la musique, la scul[iture, la poésie et principalement le théâtre où tous les arts concourent pour ajouter à la pompe des spectacles. Quand Agrippine entra victorieusement au Palatin, son fils l'y suivit avec sa maison, qu'elle gouverna despotiquement; mais rien n’effaça les impressions qu’il avait déjà reçues et ses premiers penchants résistèrent à sa position nouvelle. La sollicitude d'une mère pouvait seule veiller sur Néron d'assez près pour tourner son esprit vers des études plus dignes d'un prince; mais Agrippine avait d'autres préoccupations. Elle ordonnait de haut et de loin, et, quand on s'inclinait avec respect, elle se tenait satisfaite. Au lieu d'envoyer son fils aux écoles publiques, ce qui répugnait à sa fierté, elle lui donna quelques compagnons d'étude pour exciter son émulation, et le fit instruire dans le