‹ Néron, sa vie et son époqueChapitre 27 sur 215 · MORT DE CLACDE — FIDÉLITÉ DE NARCISSE · texte numérisé non relu

MORT DE CLACDE — FIDÉLITÉ DE NARCISSE

Privilèges exagérés des inicndanls do prince. ~ Agrippine pr^orfuit son but. Néron forcé d’accuser Lépida, sa tante. Il était déjà flétri par sa mère. — Dévouement de Narcisse pour Claude. — On éloigne l’affran* chi. — Néron voit Locuste, il est initié aux crimes de sa mère, Claude est empoisonné. — Sénèque et Burrhus complices muets d'Agrippine. — ^ Néron proclamé César. — Agrippine prêtresse de Claude qu'elle tait mettre au rang des Dieux. ^ Litcheto générale, vertu exceptionnelle de Narcisse. — Tacite el Racine Tool mal jugé. — Agrippine exerce la dictature.

Claude avait beaucoup ajouté aux privilèges dos iiitondanls, qu'il envoyait gérer ses biens dans les provinces et percevoir les droits du fisc. Ils furent alors investis du pouvoir de juger en matière civile; Claude rendit leurs sentences obligatoires ainsi que celles du prince, et ne craignit pas de les égder aux jugements des préteurs. L’importance de ces hommes nouveaux rendait les -patriciens ennemis de l'Empire, et les haines se fortifiaient ainsi chaque jour entre les sénateurs et les cc.sars.

Au milieu des sourdes rumeurs cl à travers ces dissentiments, Agrippine marchait résolument à son but. Elle en fut distraite un instant par sa cupidité, qui lui fit convoiter les grandes richesses et les somptueux jardins de Stalilius Taurus, ancien procureur d’Afrique; Priscus, son lieutenant, l'ayant

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accusé, Statilius se laa. N'insislons pas sur ccs faits : ce sont, dans la vie d’Agrippine, menus crimes, iniquités de détail et simples préparations à de plus grands forfaits. Son attenlton était fixée sur Domitia Lépida, tante paternelle de Néron. Cette dame cultirait alors avec trop de soins l’affection qu’elle avait su inspirer à son neveu.

Il se souvenait d’avoir été recueilli par elle dans son enfance et Domitia entretenait la reconnaissance du jeune prince par des caresses, par des présents, témoignages d’une amitié qui s’était manifestée dans les mauvais jours. Chez .\grippine, au contraire, l’amour maternel était mêle d’ambition personnelle, d’égjïsme et d’orgueil. Malheureusement pour Domitia Néron répondait cordialement à l’alTection de sa tant; et la mère comprit qu’il y avait là pour elle un danger.

Domiilia Lépida descendait d’Auguste comme Agrippine; l(^ cousine-germaine de Gcrmanicus, elle touchait de près à la famille des césars. Des armées d’esclaves indisciplinés étaient nourris dans scs domaines de la Calabre, elle rivalisait presque de richesses, d’induence et de beauté avec la mère de Néron. La vraie cause de sa ruine fut qu’Agrippino la savait aussi perdue de mœurs, aussi capable d’un crime qu'elic-mêrae. Celte Lépida, qu’on avait accusée d’inceste avec son frère, était ferr me à s’emparer de son neveu par le même moyen, et personne plus qu’Agrippine n’était disposé à croire à des abominations qui lui étaient familières. Elle fit donc accuser Domitia de sortilèges et de magie, on lui reprocha de troubler la paix des provinces avec ses armées d’esclaves. Néron lui-méme, ainsi que l'honnéte et savant Tillemont le reconnaît, fut contraint à l’abandonner et à jiarler contre elle *.

I Le Nais dm TiLi.BVoxr. Hiitoire des Empireurs. Claule, ch. ixvm.

Les hisloriens qui accusent à ce propos Néron d’ingratitude, oublient qu’Agrippine avait déjà souillé son fils par des caresses incestueuses. Tacite accuse formellement Agrippine d’avoir voulu st'duire Néron, et Suétone fait remonter les commencements de ce commerce criminel à l’époque où Domitia fut condamnée ‘ . Il est donc certain que Néron, tenu par le pouvoir d’Agrippine, dominé par son caractère et déjà lié par l’inceste, a dil subir toutes les exigences de sa mère.

C’est avec un sentiment d’horreur qu’on pénètre dans ces cryptes obscures de la décadence romaine outrée par. le paganisme; on est forcé de comprendre qu’entre la mère et la tante s’éleva,’au sujet de Néron, une rivalité monstrueuse, et qu’Agrippine l’ayant emporté, ce jeune prince, honteux et bouleversé, dut abandonner la sœur de ‘son père, cette même Domitia qui l’avait recueilli dans sa maison. Pas une protestation ne s’éleva contre Agrippine, pas une voix ne se fil 0 entendre en faveur de la victime : je me trompe ; Narcisse osa parler pour elle et se montrer résolu à la sauver, Narcisse lui seul.

■ On doit à cet affranchi la justice do dire qu’il fut assez intelligent pour pénétrer le secret des ressorts qu’Agrippinc faisait mouvoir, et assez courageux pour lui faire obstacle. Alors que les personnages les plus considérables dans l'État étaient les complices de cette usurpation, il n’Iiôsila pas à se dévouer au salut du prince. La fidélité de Narcisse et son courage étaient d’autant plus dignes d’étre appréciés, que s’il parvenait à donner l’empire à Britannicus, celui-ci vengerait pins lard la mort de sa mère que Narcisse avait ordonnée.

Agrippine, qui le connaissait bien, lui fil l’honneur de le

1. Olim eliam quoties lectica cum maire Teherelnr, libidinalum incealo ac maculis vcslis prodilum affirmant. Scétose. Vie df Xéron, ch. xiviii.

VIE DE XfcRON

craindre; elle n’osa frapper le dernier coup qu’aprfcs l'avoir éloigné. Narcisse souffrait de la goutte; on l’envoya prendre les eaux chaudes en Campanie. Lui présent, impossible d’attenter à la vie de l’empereur, dont il était un gardien trèsattentif et très-fidèle *. Claude avait laissé voir son intention de donner avec éclat la robe prétexte à Britannicus, il fit même un testament pour lui assurer l’empire et tous les magistrats le signèrent : vaines précautions; Agrippine était instruite do tout. Le souvenir de ce qu’elle avait osé la pressait de chercher un abri dans le pouvoir suprême. L’audace de Narci.sse pouvait lui susciter quelque délateur, et le sort de Messaline était un avertissement: elle sentit qu’il fallait assurer, par un dernier crime, le trône à son fils et l’impunité à elle-même.

La mort de Claud%une fois arrêtée, vu l’urgence des circonstances et l’opportunité du moment, Agrippine entreprit résolument de perpétrer ce dernier attentat. Ce qui étonne dans celte femme et mêle une sorte d’admiration à l’horreur qu elle inspire, c’est le calme, l'assurance, la sérénité d'esprit qu elle conserve au milieu des crimes et des dangers. Elle choisit le poison pour attenter aux jours de son mari. La gloutonnerie de Claude et ses excès de table journaliers en rendraient l'emploi plus facile et moins dangereux. Au milieu de ses indigestions et de ses vomissements ordinaires, les effets du poison n’auraient en apparence rien que de naturel. Toutefois on délibéra sur la question de savoir s’il valait mieux foudroyer Claude que d^ l6 tuer doucement. La violence des moyens laissait trop voir le crime, la lenteur donnait à la victime le temps de se venger. On fil venir une empoison-

Diox Cassiis. //il/, flom., Uv. L\, ch xxxiv.

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ncuse déjà célèbre nommée Locusie, certains disent Lucuste, artiste consommée en ces matières et sous le coupd’une récente condamnation. Son habileté à préparer les poisons parut alors plus digne d’élre utilisée que punie; on la conservait, dit Tacite, comme un instrument de règne.

Néron vit Locuste à cette occasion : soit qu’on allât consulter l’empoisonneuse chez Pollioc, qui en avait la garde et qui en répondait, soit qu’on la fît sortir secrètement de prisoiv, toute cette odieuse aiïairc se déroula devant lui. 11 est incontestable que Burrhus et Sénèque connaissaient les projets d’Agrippine et qu’ils voyaient aussi bien que Narcisse le but de son ambition, Mais il serait injuste de prétendre qu’ils ont approuvé, ou conseillé le crime. Sans doute ils ne l’ont pas ignoré, car Agrippine leur était connue. Liés par les bienfaits déjà reçus et par les espérances, ils suivirent sa fortune et aucun d’eux n’osa lui refuser la complicité du silence.

Le côté le plus odieux dans la conduite de cette femme, c’est d’avoir associé son fils au parricide. Elle fit à Néron sa part dans ce crime pour lui prouver qu’elle seule avait le, courage de lui assurer l’empire, et parce que les plus saintes lois étant déjà violées, il n’y avait plus entre eux à rougir de rien.

Narcis.se écarté, rien de plus facile que de faire prendre à Claude le poison. Agrippine soupait avec son mari; elle avait gagné Ilalotus, l’affranchi qui goûtait les mets avant de les présenter au maître. .\éno|ihon, médecin du prince, était aussi du complot. On apporta un platdecliampignons, des morilles, que l’empereur aimait beaucoup. Agrippine en mangi'a la I»reinière et réserva pour Claude le champignon le plus beau; c’était là qu’était le poison. Animé |)ar l’exemple et n’ayant aucun .soupçon, Claude mangea avec avidité ce qu’on lui pré-

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sentoit. L'cITel du poison fut rapide; il fallut einporl,er César; mais ceia.no surprit personne, tous ses repas se terminaient ainsi.

Dans ce corps plein de viandes et de vin, la violence du poison parut d’abord s’être perdue et ne produire que de fortes évacuations. Claude ne se plaignait pas; on le crut sauvé. Agrippine, impatiente, dut recourir à Xénophon. Ce scélérat, qui dernièrement encore avait été honoré des éloges et des faveurs du prince, introduisit une plume dans le gosier du malade comme pour provoquer des vomissements, c’était une nouvelle dose du poison, et Claude expira; son médecin lui - avait administré la mort : cet homme savait que s’il y a quelque péril à tenter un grand crime, il y a tout bénéfice à l’achever.

Agrippine cacha la mort de Claude : elle laissa continuer les sacrifices que tous les magistrats faisaient pour sa guérison ; cependant elle prenait des mesures avec scs complices pour annoncer l’avénemeiit de .Néron au peuple et aux soldats. . C’était un jour néfaste au matin ; on crut devojr attendre le moment favorable marqué par les astrologues. La curiosité publique était amusée par de faux bruits, on disait que l’empereur allait mieux, et des pantomimes furent mandés au Palatin comme s’il en eût désiré le divertissement.

Une odieuse comédie se jouait autour du cadavre. L’austère Burrhus se préparait a présenter aux prétoriens le nouveau prince. .Agrippine, baignée de larmes, embrassait Bri- • tannicus pour le retenir dans le palais. Sénèque faisait réciter à Néron les discours qu’il devait prononcer au camp et an -sénat. Au dehors cependant, rien de changé dans l'a.spect du Palatin ; les prétoriens étaient à Içur poste, la couronne civique d’Auguste et la couronne navale de Claude ornaient le frontis-

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pice du palais. Les portes s’ouvrirent enfin, et Néron, acconi' pagné de Burrhns, fut présenté à la cohorte prétorienne qui était de garde. Sur un signe de leur chef, les soldats saluèrent Néron empereur. Quelques-uns, étonnés, demandèrent Britannicus; voix faibles, voix perdues dans ce triomphe bruyant de l’iniquité.

Néron monte en litière, on le conduit au camp; là il harangue les cohorte.s et fait largesse aux soldats qui le proclament. Même succès au sénat : dès qu'il se présenta, cette illustre compagnie, admirablement préparée par Sénèque, déféra tous les titres de la souveraine puissance, même celui de père de la patrie, à ce jeune homme de dix-sept ans. 11 refusa modestement ce dernier honneur, puis il rentra maître du monde au Palatin, grâce au crime et à l'habilclô de sa mère. ' • Celle-ci se hâta d’en finir avec Claude : on lui rendit les honneurs divins comme à Auguste : Néron prononça. l’éloge funèbre de son père adoptif. Dans cette pièce oratoire, dont Sénèque élait l’auteur, ce philosophe avait exagéré le mérite de Claude popr provoquer les railleries du sénat; il y réussit.

En lui attribuant des vertus que le défunt n’avait pas, Sénèque préludait à la satire qu’il écrivit plus tard contre ce prince, outrageant à la fois son âge, sa dignité et son malheur. Après avoir fait un dieu de son pauvre mari, qui n’était pas un homme, Agrippine poussa l’audace jusqu’à vouloir être la prêtresse de celui qu’elle avait empoisonné. L’apothéose de Claude fut une odieuse moquerie; on le traîna dans l’Olympe comme aux gémonies, au milieu des huées et tiré par un croc; un.[)laisant de Borne en fit la remarque. Rien n’est plus lamentable dans le spectacle decette mortque de voir les sénateurs et les personnages les plus coosidérahles indifférents ou railleurs. L’odieux de l’attentat semble n’être compris de personne.

En outrageant ainsi toutes les lois divines et humaines, Agrippine ne se vit entourée que de complices, les uns servant son ambition, les autres se moquant de sa victime.

Le seul homme d’une conduite droite et digne en ces Tristes circonstances, ce fut Narcisse. .Malgré ses crimes il reste fidèle à son maître, fidèle jusqu'au bout. Veillant à la sûreté de César avec une extrême vigilance, il eût donné sa vie pour le sauver. Agrippine se hâta d’ordonner l’arrestation et la mort de Narcisse ; son empressement témoigne en faveur de cet affranchi qu’elle estimait seul assez courageux pour venger son maître, comme elle l’avait éprouvé seul assez dévoué pour le défendre. Narcisse se tua, dit-on, près du tombeau de Messaline, dont lui-même avait ordonné la mort; mais avant il eut soin de brûler les papiers de Claude qui étaient en son pouvoir, et dont Agrippine aurait usé pour proscrire ceux qui se plaignaient de sa tyrannie. Cette générosité suprême de l'affranchi envers des inconnus dont il ne pouvait rien attendre, annonce une élévation de sentiment que l’origine de cet homme et la prostration commune font étrangement ressortir. On peut regretter que Racine, au lieu de respecter cette figure, ait prolongé de quelques années la vie de Narcisse pour lui faire jouer un rôle de traître dans une tragédie dont falTranchi aurait changé le dénoûment. Le grand Corneille, maître historien en ses poèmes, n’eùt'pss commis cette faute, qui est une injustice. A l’exemple de Pline-le-Jeune et de Tacite, l’auteur de Brilannicua a cru qu’il n’y avait pas à se gêner envers un homme d'origine servile. Telle est la puissance des historiens et des poètes de l’antiquité, que ces grands enchanteurs nous imposent leurs préjugés avec l’admiration de leurs œuvres.

Narcisse fut sacrifié contre le gré de Néron qui exprima le désir de le sauver, mais Agrippine ne tint pas compte des

intentions de soi^fils. Tacite et les historiens que son autorité dispense d’aller au fond des choses, attribuent à la dépravation précoce de Néron sa sympathie pour 4in scélérat qui aurait été son digne ministre. Sous cette apparence de profondeur il n’y a rien.

.\u milieu des affranchis qui s’agitaient en foule autour des césars, on comptait bon nombre d’hommes distingués, qu’on avait employés dans les grandes affaires et qui avaient servi Tibère, Caïus et Claude, comme intendants des biens de l’empereur et comme gouverneurs de province. A qui persuadera-t-on que les sympathies de Néron et ses mauvais instincts se soient arrêtés de préférence sur Narcisse, ennemi particulier d’Agrippine, sur Narcisse dont le projet avoué était de rétablir les affaires de Brilannicus? Les prodigalités, les débauches et la rapacité des ministres de Claude étaient les vices ordinaires des affranchis, et Néron n’a pas pu distinguer Narcisse par ce qu’il avaitde commun avec tous les autres.

Bientét nous le verrons avoir pour complaisants et pour serviteurs de toutes ses fantaisies, ses amis, sa mère et Sénèque lui-même. Dans cette époque d'abaissement le mérite saillant de Narcisse ne pouvait pas être sa perversité que le prince retrouvait partout autour de lui. Il est plus vrai do dire que Néron, dont Pline-le-Naturaliste, Suétone et Dion attestent l’intelligence et la vivacité d’esprit, fut étonné du courage avec lequel Narcisse luttait seul contre sa mère dont la domination lui pesa dès le commencement. Il se souvint que Narci.sse avait bravement défendu sa tante Lépida, ■ que lui - même s’était vu forcé d’accuser. De tous les affranchis de Claude, le seul Narcisse lui était resté fidèle et ou avait dû l’éloigner. Il s’offrait à Néron comme un secours unique contre la tyrannie d’Agrippine qui s’annonçait par des

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loa

violences el des crimes. Il est donc évident que datis celle foule d’affranchis, Narcisse était l’homme exceptionnellement courageux et fidèle, et qu'il faut dire absolument le contraire de ce qu’affirme Tacite pour être dans la vérité.

N’oublions pas que Narcisse eut le mérite de comprendre et de protéger Vespasien. Il le fit nommer lieutenant dans une légion, et l’un des plus grands empereurs qui gouvernèrent le monde romain lui dut le commencement de sa fortune'.

Le premier acte d’.\grippine après la mort de Claude tut de proscrire Silanus, personnage important. Issu du sang d’Auguste et proconsul d’Asie, il était ouvertement reconnu par le grand nombre plus digne de l’empire que le fils des Domitius. Le chevalier romain Céler et l’affranchi llélius furent chargés de l’empoisonner. Agrippine crut devoir [irendre cette mesure sans en informer Néron. Elle l'avait initié à tous ses crimes quand il était son fils, à peine fut-il son empereur qu’elle dédaigna de le consulter. Im. brebis d'or, c'est ainsi que Caligula nommait Silanus à cause de sa douceur, fut immolée à l’ambition d’Agrippine. A la façon dont sa terrible mère en usait avec lui, Néron dut comprendre qu’elle avait usurpé l’empire pour clle-inéme et qu’il deviendrait sa première victime s’il n’était pas son premier sujet.

1. Claudio principe, Narcissi gralia, Icgatus logionis in Germaniam misius est. ScÉTOSE. In Vttpai., ch. iv.

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