iNsoMMi; v\\\ ii)i;k kixk si ijco^sciente
le cliiimp visuel pour chacun des yeux est réduit ;ui minimum; il n'atti'lnt pas 10"; la vision cousclonte n'existe, comme on le voit, (pit> poui' le point central.
Les mouN (Mueiils ne présenlent (pie peu de modifications ; je note de temps en temps une tendance aux attitudes cataleptiques et un certain deii;ré de contracture qui se développe dans les jambes ii la suite des attaques convulsives qui surviennent quelquefois, (piolque assez rarement.
La mémoire présente de la manière la plus nette l'altération que j'ai décrite sous le nom d'amnésie cojitinue^ ; elle est nette et précise pour tous les événements antérieurs à l'âge de 34 ans, c'est-à-dire jusqu'au début de la maladie actuelle ; elle est presque nulle pour les événements de ces deux dernières années. Zy. ne se souvient (|ue îles laits les plus saillants et elle semble oublier les faits au fur et à mesure de leur production. Il est vrai que le souvenir réapparaît de temps en temps dune manière incomplète quand lesprit est un peu plus actif.
En effet, le caractère le plus important de cette malade c'est la disparition presque complète et presque continuelle de toute activité cérébrale. Cette femme qui prétend ne dormir jamais a continuellement l'aspect d'une personne à demi endormie. La face est inerte et stupide, les yeux vagues, le corps sans énergie reste effondré sur une chaise ou sur un lit. Souvent la malade éprouve des sortes d'excitations au mouvement; elle marche au hasard indéfiniment avec une allure titubante ; mais le plus souvent elle reste immobile sans remuer et sans parler. Il est absolument impossible depuis deux ans d'obtenir d'elle qu'elle essaye le moindre travail ou accepte la moindre occupation. Auparavant au contraire elle était très active et ne restait jamais inoccupée. Elle est devenue complètement indifférente à tout ce qui lui plaisait ou la préoccupait jadis. En dehors de quelques idées hypocondriaques, qui, comme on le verra, jouent un grand rôle dans sa pensée, rien ne peut la toucher ou l'émotionner.
Cette inertie complète se manifeste également par absence totale; d'attention. Elle ne comprend pas \\ la lecture deux lignes de suite ; ses yeux d'ailleurs vacillent et se remplissent de larmes dès qu'elle essaye de regarder fixement un objet ou de lire. C'est
1. Pierre .Tanol, Amnésie conlimuv lid'itc gcnvrale des sciences, 130 mars 1 89.3, p. 169 cl cliapitrc m de cet ouvrage.
CONSKOIENCES DE CETTE INSOMME
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la forme d'asthénopie qui m'a semblé se rattacher aux troubles de r attention. Elle a essayé plusieurs fois sans y parvenir d écrire qnclques mots à son mari. C'est tout au plus si elle peut pendant peu de temps suivre une conversation très simple et comprendre assez ce qu'on lui demande pour répondre à peu près correctement; le plus souvent d'ailleurs, elle refuse de répondre et même d'écouter. Dans ces conditions, il ne faut pas songer a répéter les expériences de MM. Patrick et Allen Gilbert. J'ai cependant pu à plusieurs reprises prendre les temps de réaction.
Voici dans un très rapide résumé le résultat de ces recherches. Une série de réactions simples à un contact cutané est mesurée
F.G. (i4. - Co«be des temps de réaction simple à des excitations tactiles chez Zy.
FiG. (3j.
(r.ourbe
des temps de réaction simple à des excitations visuelles chez Zy.
avec l'appareil de D'Arsonval. Les signaux se suivent rapidement, à peu près 20 par minute, les temps sont comptés en centièmes de seconde. Pour iOO expériences: maximum .51, minimum 3, moyenne 17,32, variation moyenne 3,55. Pour cent autres temps de réaction après des excitations visuelles, maximum 66 minimum 5, movenne 22,10, variation moyenne 4,09. Bailleurs les figures 64 et 65, l'une donnant la courbe des réactions tactiles l'autre la courbe des réactions visuelles résument ces recherches suivant l'une des méthodes qui a été adoptée dans le chapitre ii.
3011 iNsoMMi- \\\n ii)i:K ki\e si hconsciente
Ces moyennes cl ces courbes, surtout la seconde, sont un peu élevées ; mais elles ne sont pas celles que Ton aurait attendues a j>ri(>ri chez un sujel aussi diMiué d'attention et présentant en apparence une si lorte aslln-nopie. Les vaiiations moyennes et la réj^ularité de la courbe indiquent également peu de distractions.
C/est que chez ces malades, comme on l'a déjà vu, le mouvement de réaction se fait souvent d'une manière automatique et sa durée ne peut être, dans ces cas, considérée comme une mesure de l'attention consciente.
L'altéialion de la santé physique, quoique manifeste, ne semble pas en proportion de ces troubles psvcholooiques, au moins quand on s'en tient à l'observation clinique. La circulation du sang présente peu de troubles appréciables, le pouls reste en moyenne à 6 i, la température est toujours restée normale, des plaques rouges qui apparaissent de temps en temps sur la figure et sur le corps indiquent seulement quelques troubles vaso-moteurs. Les fonctions digestives semblent plus fortement troublées, non d'une manière très régulière, mais par périodes. La malade qui a conservé eu grande partie le goût, la sensibilité du pharynx et de l'œsophage et qui ne semble pas, au moins autant que l'on peut le vérifier, avoir de graves anesthésies viscérales, mange en général assez peu, mais digère assez bien. Puis, pendant quelque temps, une semaine, par exemple, elle refuse de manger, ou bien présente des vomissements incoercibles. On note quelquefois des diarrhées, mais le plus souvent Zy est fortement constipée. L'analyse des urines faite à plusieurs reprises par M. Yvon, que je remercie de son obligeance, nous montre tous les éléments très réduits, ce que j'ai déjà remarqué à pro[)os de plusieurs des cas précédents.
Les réflexes sont normaux, mais il faut constater à de certains moments une inégalité pupillaire que j'ai retrouvée fréquemment dans les états de ce genre'. Le symptôme le plus iin- |)ortant c'est que la malade se plaint perpétuellement de grands maux de tète (jui, dit-elle, n'ont jamais cessé depuis deux ans, maux de tète (jui siègent surtout dans la partie antérieure du crâne sans localisation bien précise.
1. Histoire (l'une idée fixe. Ixcsite i>liilosoi)lnque, fé^^ie^ 18'.)i, j». 150.
CONSliOUENCE!> DE CETTE INSOMME
Analyse de l'urine des 24 heures chez Zy.