‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 126 sur 326 · REL.VTIONS ÉTROITES ENTRE CES DIVERS PHÉNOMÈNES · texte numérisé non relu

REL.VTIONS ÉTROITES ENTRE CES DIVERS PHÉNOMÈNES

Cela est évident dans certains cas où le somnambulisme a le temps de se développer davantage. Dans l'observation V, Mr. présente d'abord un somnambulisme véritable à la suite d'un rêve, mais dans cet état elle se jette par la fenêtre, se blesse et se réveille complètement. Le fait du réveil est bien ici secondaire au somnambulisme. Dans certains cas plus curieux encore, la relation des trois phénomènes est encore mieux démontrée, car ils se présentent tous les trois chez le même sujet, à propos de la même idée fixe.

Observation X. — Ro., âgée de 28 ans, faible d'esprit et hystérique, a été élevée par un oncle et une tante qu'elle aime beaucoup. Elle a été bouleversée par leur mort survenue à deux mois d'intervalle. Depuis elle présente plusieurs accidents névropathiques. Tantôt elle perd conscience au milieu de la journée, reste évanouie, les yeux fermés ou même quelquefois les veux ouverts et fixes pendant plusieurs heures. Tantôt le sommeil est troublé par de véritables somnambulismes : elle se lève, s'habille, veut sortir de la chambre et quand on l'en empêche se met à genoux, prie ou pleure dans un coin, puis se recouche et se rendort sans garder de la scène aucun souvenir au réveil. Tantôt enfin elle a des terreurs nocturnes qui la réveillent subitement dès qu'elle commence à s'endormir. Il est bien facile de constater pendant le sommeil hypnotique que la pensée obsédante de son oncle et de sa tante accompagne également ces trois accidents. Sans doute, je le répète, il y a pour ces phénomènes hystériques d'autres conditions physiques et morales que l'idée fixe. Mais ces idées fixes n'en sont pas moins un des éléments intégrants, un des symptômes qui entrent dans la constitution des sommeils, des somnambulismes, des insomnies. Il faudra déterminer dans chaque cas particulier si le rôle joué par cet élément est plus ou moins prépondérant.

Il résulte de ces réflexions que nous devons proposer pour le cas de Zy. un diagnostic en apparence assez paradoxal. Cette malade continuellement insomnique depuis deux ans est en réalité une somnambule. Ces réveils rentrent dans la grande classe des phénomènes d'automatisme psychologique que l'on désigne sous le nom de somnambulismes.

Il n'était pas sans intérêt de remarquer ces quelques notions à propos de ce cas embarrassant : P L'insomnie persistante peut être un phénomène hystérique ; "2" elle détermine un affaiblissement énorme des phénomènes de synthèse mentale qui se mani-

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fcsle suiiout sous forme de confusion mentale ; 3° cette insomnie se rattache dans certains cas à des phénomènes de somnanilmlisiiie phis ou moins complet; i" elle peut dépendre comme les somnamhulismes eux-mêmes de la persistance de certaines idées fixes subconscientes plus ou moins méconnues; 5" enfin, elle est guérie facihMuent par le traitement des idées fixes ellesmêmes. Sans préjuger du problème général des insomnies et de leurs conditions physi(jucs, cette étude peut nous renseigner sur une forme particulière qui a son importance dans les névroses.

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