INFLUENCE DE CETTE PENSÉE
suite un état d'esprit très bizarre et que j'ai noté chez quelquesunes, quoique assez rarement ; elles obéissent malgré elles et se débarrassent du joug le plus tôt possible. Chez ces malades la période d'influence ne dure guère et n'a jamais les caractères précédents.
(^ette lutte contre la pensée de l'hypnotiseur est particulièrement intéressante quand un sujet longtemps endormi par une personne passe tout d'un coup entre les mains d'une autre. Les pensées des deux hypnotiseurs alternent, s'opposent ou se combinent. Mais pendant cette période de transition le sujet est malheureux et souvent fort malade et ne retrouve le calme et la santé qu'au moment où la pensée du second maître a complètement effiacé celle du premier. Il est curieux de voir chez ces sujets comme chez les précédents, chez ceux en un mot qui pour une raison ou pour une autre ne conservent pas la préoccupation de l'hypnotiseur, les somnambulismes provoqués rester inutiles, n'être suivis d'aucun développement de la sensibilité ni de la mémoire, n'amener aucune satisfaction et ne déterminer aucun besoin. Cette remarque nous montre bien que ce n'est pas uniquement le phénomène physique du sommeil, la perturbation nerveuse de l'hypnotisme qui détermine ces changements et ces phases. C'est une certaine pensée à propos d'une personne particulière qui envahit l'esprit du sujet et qui dirige cet esprit.
Même chez les malades les plus dociles, comme on vient de le voir, la période d influence se termine spontanément au bout de quelques jours ou de quelques semaines; eh bien, je remarque;! ce moment une disparition ou une modification caractéristique dans le sentiment que le sujet gardait pour son hvpnotiseur. En apparence les malades pensent encore beaucoup à lui puisqu'ils le réclament tout le temps et n'ont qu'un désir, c'est celui de se faire endormir de nouveau par lui; mais cette pensée n'est plus bienfaisante, elle n'arrête plus les attaques, ni les soufl'rances, ni les idées fixes. C'est que cette pensée a perdu ses caractères distinctifs : elle n'est j)lus automatique et puissante, comme elle était précédemment.
En premier lieu, cette pensée de l'hypnotiseur n'éveille plus les sentiments. Voici une remarque que m'ont bien souvent communiquée les parents des malades : « Pendant les premiers jours, cette personne vous craignait et vous aimait à la fois d'une ma-