‹ Nestorius et EutychèsChapitre 165 sur 279 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

grave et qui pouvait faire échouer tous les efforts de Dioscore, car il ne se dissimulait pas qu’une fois hors de là beaucoup d’évêques ne revinssent pas ou même ne se rétractassent, et alors les opérations de cette laborieuse session devenaient nulles comme non confirmées par les signatures.

Le président appela vers lui pour en délibérer les principaux de sa faction, .et tous convinrent qu’on ne pouvait pas compter sur le lendemain, et qu'il fallait lier tous ces évêques peureux par leur souscription tandis qu’on les tenait sous la main des soldats. Or comment faire, si le procès-verbal n’était pas rédigé? Un des membres consultés émit l’idée de le faire signer en blanc, les notaires et Dioscore se chargeant de le remplir ensuite à loisir. Ge fut le parti qu’on adopta; mais il était tellement nouveau que beaucoup d’évêques hésitèrent à donner leur signature, se demandant quel usage l'on en ferait. Dioscore alors se mit à l’œuvre. Assisté de Juvénal et flanqué de deux individus étrangers au concile, d’inconnus à l’air menaçant‘, disent les actes de l'enquête qui se fit plus tard sur ces faits, il alla de banc en banc, présentant aux évêques la page où ils devaient mettre leur nom. Ceux qui faisaient quelque difficulté étaient rudoyés, et on leur criait qu'ils étaient hérétiques. Plusieurs souscrivirent en montrant du doigt les soldats comme pour attester qu'ils ne cédaient qu’à la violence ; on leur répondait en les frappant. La formule qu'on leur dictait était

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