‹ Neuf années à Constantinople, observations sur la topographie de cette capitale, l'hygiène et les mœurs de ses habitants, l'islamisme et son influence: la peste, ses causes, ses variétés, sa marche et son traitement; la noncontagion de cette maladie; les quarantaines et les lazaretsChapitre 57 sur 92 · VINGT-SIXIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

VINGT-SIXIÈME OBSERVATION

Aura pestilentialis major avec céphalalgie, vertiges. — Eruption soudaine de deux bubons indolores. — Traitement excitant. — Evacuations alvines, sueurs abondantes. — Disparition des

bubons; guérison.

Le capitaine subrécargue Gaëtano Aquilino, Maltais, âgé de trente ans environ, arrive à Constantinople le 1° septembre 1820; sa santé était parfaite. Obligé de faire promptement des courses nombreuses, il marche beaucoup par une chaleur très grande. En sortant de la maison du consul d'Angleterre où, pour se rafraichir, il avait bu à la hâte quelques verres de vin, il se sent un grand mal de tête, il éprouve des vertiges. Au lieu de

« pital de la marine à qui il était survenu au-dessous du pli de « laine une tumeur inflammatoire accompagnée de fièvre. Heu- «reusement il a été pleinement démontré que les symptômes qui «se sont présentés n'étaient que ceux de certaine maladie qui « règne sporadiquement toutes les années, vers l’époque de la crue «du Nil, dans différentes parties de l'Egypte, et que les indi- « gènes désignent sous le nom de #hiars (concombres }. »

Ces khiars, ainsi sans doute appelés de la forme et de la dureté de la tumeur inflammatoire, sont également connus à Constantinople. On ne les y regarde pas comme aussi innocents qu’à Alexandrie, et ils me semblent devoir être rangés dans la classe de l'aura

pestilentialis major; sinon maxime.

descendre à Galata, il prend le chemin opposé du Grand-Champ-des-Morts. IL s’aperçoit enfin qu’il s’est trompé, retourne sur ses pas et va faire débarquer plusieurs caisses de marchandises très pressées. En chemin il lui sort à ja région inguinale un bubon gros comme une noisette et un autre sous l’aisselle dans le tissu cellulaire; ils étaient durs, sans changement de couleur à la peau et nullement douloureux.PD’autant plus effrayé que, dans la peste de 1813, à Malte, il avait perdu en trois jours sa femme grosse de six mois, 1l tombe dans le délire. Comme moyen curatif, l se met à boire beaucoup d’eau- de-vie; il marche toute la journée. Le troisième jour 1l a quatre selles; une sueur abondante se manifeste. Les bubons disparaissent , et le surlendemain il est parfaitement guéri. Dans son délire, il avait couru a l’albero dire à tout le monde qu’il avait la peste; on s'était empressé de le rassurer 1.

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