VINGT-HUITIÈME OBSERVATION
Aura peslilentialis major avec symptômes graves. — Deux
bubons. — Guérison.
Dans le mois d'août 1819, un capitaine de la marine marchande de l’Adriatique attendait impatiemment à Arnaout-Keuïu les vents favorables
pour se rendre dans la Mer-Noire. Je le connaissais pour lui avoir donné quelques conseils sur sa santé. Il me rencontre lorsque je traversais ce village. Tout effrayé, il n’informe qu'après avoir diné copieusement avec quelques amis 1l a eu depuis deux jours un sommeil très agité, un grand mal de tête, la langue sale, la bouche amere, et quelques nausées qui auraient dégénéré en vomissements s’il ne les avait calmées par un peu de grog. Il ajoute que, la veille au soir, il a senti des élancements dans la région inguinale droite et sous Vaisselle gauche; que pendant la nuit il s’y est formé deux bubons très durs qui, quoique indolores , lui inspirent la plus grande frayeur ; car si le vent allait devenir favorable, qu’il partit et que ces tumeurs augmentassent de volume, il se trouverait dans le plus grand embarras en arrivant à Odessa. Le regard du capitaine était encore naturel. Je commençai par calmer son moral en l’assurant que beaucoup de cas semblables avaient eu lieu à Péra et s'étaient dissipés d'eux-mêmes. Je lui prescrivis la diète la plus sévère, cinq à six ocques de limonade froide à boire chaque jour, et à petite dose, un exercice modéré, et surtout pas de grog. Cinq jours après je le revis; il avait exactement suivi mes conseils; il était parfaitement guéri.