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LES TRAVAUX PUBLICS

A ce propos, je dois signaler une démarche inspirée par un désir d'entente et de conciliation, que firent au mois de novembre MM. R. Wardlaw, Thompson et Evan Spicer, inspecteurs de la London Mtssionary Society. Après m'avoir rendu visite, ces missionnaires adressèrent à leurs adhérents indigènes une lettre, rendue publique, contenant des déclarations très franches et très nettes, qui dissipaient toute équivoque, et spécifiaient clairement leur volonté de maintenir leurs œuvres d'évangéKsation sur le terrain exclusivement religieux.

Pendant la saison sèche de 1897, les travaux publics furent poussés activement partout, sous l'énergique impulsion du commandant Roques, qui, ayant terminé les premières études de Tavant-projet du chemin de fer, avait été nommé directeur des Travaux publics de la colonie.

A Tananarive, d'importants ouvrages furent exécutés pour l'assainissement et l'embellissement de la capitale. Un vaste système d'égouts fut créé dans les principaux quartiers; en £ace de la Résidence générale, l'avenue de France conmiença à se construire.

Les travaux des deux routes de Tamatave et de Majunga progressèrent rapidement. Sur la première, l'amélioration de la piste des dunes permit de faire tous les transports par voiture entre Tamatave et Andévorante. Au delà, après avoir d'abord terminé le sentier muletier et l'avoir rendu partout praticable, on avait commencé la route carrossable empierrée. L'augmentation du trafic était significative : en quelques mois, le nombre des porteurs, circulant entre Andévorante et Tananarive, était passé de 2 500 à 30000.

Sur la route de Majunga, où l'empierrement et les travaux de parachèvement furent différés, on avait pu ouvrir avant la un de l'année les communications entre Mévêtanana et Tananarive. Le 10 novembre, 24 voitures, venant directement de Mévêtanana, firent leur entrée dans la capitale. Leur arrivée sur la place Jean-Laborde excita vivement la curiosité des Malgaches,

et, Pesprit d^imitatîon aidant, on vît, un mois plus tard, circuler de nombreux véhicules conduits par les indigènes.

Dans les villes de la côte, des travaux divers se poursuivaient. Je mentionnerai particulièrement :

A Tamatave : les études du port; le projet d'établissement d'tme digue pour la protection de la ville contre les érosions de la mer; la construction d'un magasin à pétrole et d'un entrepôt des douanes; les travaux d'assainissement du Ranonandriana, du Manangareza et du village de Tanambao.

A Majunga : les travaux d'assainissement de la ville; les études d'ime digue destinée à protéger la Pointe-de-Sable contre l'envahissement de. la mer; les études du phare de Katsépé.

A Diégo-Suarez : les premiers travaux d'amélioration des chemins conduisant d'Antsirane à la montagne d'Ambre, et du cap Diego à la baie du Courrier; l'aménagement du feu de l'îlot des Aigrettes pour faciliter l'entrée de la rade aux navires; les études pour le creusement éventuel d'un canal maritime reliant la rade de Diego à l'une des baies les plus voisines de la côte ouest.

En même temps, on poursuivait activement le percement des pangalanes, pour assurer la continuité de la navigation fluviale entre Tamatave et Andévorante.

Le développement de la production agricole et la préservation du domaine forestier de la colonie furent aussi l'objet, dans les derniers mois de 1897, de mesures administratives importantes.

Au conmiencement de novembre, je fis procéder, avec une certaine solennité, en présence des notables hovas de Tananarive, des élèves de l'école professionnelle et d'une affluence considérable d'indigènes des environs, à un essai de labour à la charrue dans une rizière de la basse ville.

Dans toutes les parties de l'île, des déboisements abusifs et des incendies de forêt pratiqués par les indigènes avaient, depuis une trentaine d'aimées, diminué considérablement les richesses forestières. Pour conjurer une ruine totale et à brève échéance, les chefs de province furent chargés d'assurer désormais la

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