UN CONCOURS AGRICOLE
au mois de septembre. Sa mission est d^fime par Tarrèté d'organisation : étudier les questions agricoles» forestières et d'élevage; fournir des renseignements sur les productions de la colonie» et la possibilité d'y introduire certaines plantes ou d'y écouler certaines denrées ; éclairer les immigrants sur les conditions d'installation des entreprises basées sur la mise en valeur du soL
En Emyme, les résultats les plus satisfaisants commençaient à être obtenus pour la mise en valeur du pays par les colons et surtout par les indigènes, qui forment — on ne doit pas l'oublier — la grosse masse de la population et dont le rôle est, par suite, prépondérant, pour ne pas dire seul à considérer, dans l'appréciation du mouvement économique d'ensemble. Un concours agricole, organisé en avril 1902 aux environs de Tananariye, fit ressortir les progrès considérables réalisés à cet égard depuis 1896^ et montra que, dans toutes les branches de l'agriculture et de l'élevage^ les efforts ne s'étaient pas dépensés en vain. L'exposition chevaline fut surtout remarquée, parce qu'après une longue période de tâtonnements, et même de mécomptes, on avait enfin résolu le problème de la création d'une race appropriée aux besoins du pays. Il apparut de plus en plus que la solution — longtemps cherchée — consistait à renoncer à l'acclimatement, pour le service, des animaux importés et à ne peupler le pays que d'animaux obtenus parle croisement des jim[ients autochtones avec des étalons introduits uniquement pour faire l'ofi&ce de reproducteurs. Le nombre de chevaux présentés au jury, qui n'avait été que d'une quarantaine au concours agricole de 1900, dépassa 500 à celui de 1902. Ces produits, empruntant au père l'élégance, et à la mère la résistance et la rusticité, sont de petite taille, bien conformés, vigoureux, capables de fournir de longues courses et peu exigeants sous le rapport de l'alimentation.
Je constatai de même les heureux résultats de l'acclimatement des bovidés européens^ qui offrent pour la production laitière une supériorité incontestable sur les zébus malgaches, et aussi le
succès des tentatives faites pour la création d'une race de moutons producteurs de laine, par le croisement de béliers algériens et solognots avec les brebis du pays.
Parallèlement à Tessor économique, la situation politique adlait sans cesse en s'améliorant en Emyme, et la souverainete.de la France y était de plus< en plus affirmée et indiscutée. Depuis mon retour, les populations des régions centrales m'avaient donné des preuves non équivoques de fidélité et de leur désir sincère d'entrer résolument dans la voie de progrès qui lexir était tracée par l'administration française. Comme bien des peuples vaincus, elles ne demandaient rien, et leur seule ambition était de mériter par une absolue docilité la bienveillance que la nation victorieuse ne négligeait aucune occasion[,de leur manifester.
En raison même de cet état d'esprit, le moment me sembla venu de les relever à leurs propres yeux, et de les persuader une fois déplus que le régime nouveau, basé sur la suppression de l'arbitraire et la distribution d'une justice égale pour tous, n'avait pour programme que le bien général, avec des moyens appropriés au but économique, social et humanitaire qu'on se proposait d'atteindre. Ceci étant, il me parut que le présent le plus agréable à faire aux habitants du plateau central était de restaurer, en en rendant l'application vraiment libérale, quelques-uns des principes de leur organisation d'autrefois, et de leur donner ainsi un nouveau témoignage de confiance après ceux qui avaient consisté dans le droit d'élire certains chefs, puis, dans l'octroi du régime de la liberté du travail.
Je réorganisai en-Emyme le fokotifolonay institution déjà ancienne^ d'essence démocratique, l'une des plus curieuses qui existent en pays hova, et sur laquelle l'ancien premier ministre Rainilaiarivony s'était appuyé — tout en la tenant asservie — pour mener à bien sa lutte contre la féodalité malgache.
Lefokon^olona, sorte de gouvernement de place publique, est l'assemblée de tous les habitants d'un groupe de villaiges ou de hameaux formant le/o^on'tony, réunis pour discuter leurs intérêts