‹ Neuf ans à Madagascar [par le] général GallieniChapitre 33 sur 179 · POUR LES COLONS · texte numérisé non relu

POUR LES COLONS

race était complexe et devait comporter, comme l'expérience l'a démontré depuis, des tâtonnements nombreux. Pour commencer les essais, une jumenterie, constituée avec les meilleurs éléments qu'on put trouver, fut installée au mois de mars 1897 à Ampasika, sur un terrain en bordure de l'Ikopa, à proximité de Tananarive.

En même temps que je m'occupais de la première organisation des services publics, je tins aussi, dès mon arrivée, à entrer en relations suivies avec les colons français, qui, jusqu'alors, avaient connu tant de vicissitudes à Madagascar et méritaient, après les jours d'épreuve, de voir l'Autorité française aider au succès de leurs entreprises.

Pour préparer l'essor de la colonisation, la condition essentielle à cette époque était d'inculquer des habitudes de travail à la population indigène et d'amener les Malgaches, non seulement à s'employer dans les entreprises privées, mais encore à concourir à la création de l'outillage économique : routes, canaux, etc., sans lequel les transactions ne peuvent naître et se développer.

D'autre part, l'insurrection généralisée, l'extrême difficulté des ravitaillements, la famine menaçante pour la troupe et pour la population civile, créaient au début une situation anormale, extrêmement inquiétante, qui commandait des mesures exceptionnelles. C'est ainsi que, partisan de la liberté du travail et convaincu qu'il faut l'instituer aux colonies comme dans la Métropole, je fus amené néanmoins à ne l'accorder que progressivement aux Malgaches et, sous l'empire des circonstances, à maintenir certaines sujétions provisoires qui ont complètement disparu depuis.

Dans cet ordre d'idées, à la suite de l'abolition de l'esclavage, un arrêté du 21 octobre 1896 astreignit tout indigène valide, de seize à soixante ans, du sexe masculin, à fournir chaque année une prestation de cinquante jours au maximum pour le service des travaux publics, ou des convois de ravitaillement.

Ce régime différait entièrement de l'ancienne corvée, le

« fanompoana », indéfiniment exigible, selon le caprice des agents du Gouvernement malgache. Les prestataires recevaient un salaire journalier suffisant pour assurer leur alimentation; en outre, lorsque les circonstances ne s'y opposaient pas, le rachat était autorisé dans la plus large mesure.

Dans l'intérêt de la mise en valeur du pays par nos compatriotes, je pris aussi un arrêté qui, à charge de certaines justifications, exempta de prestations les indigènes régulièrement engagés dans les entreprises des colons français.

Cette première réglementation du travail a rendu d'incontestables services à la colonie naissante. Elle a permis le relèvement progressif du pays ruiné par l'insurrection, la reconstruction des villages détruits par les rebelles, la reprise des cultures, et enfin le premier essor de la colonisation européenne. Pour accentuer les résultats, je fis appel aux colons eux-mêmes. Il existait dans toutes les régions de Madagascar et principalement à Tananarive, Fianarantsoa et dans les ports les plus fréquentés, un certain nombre de Français, Européens ou créoles de Bourbon, qui, étabhs dans l'île depuis de longues années, pouvaient fournir d'utiles renseignements sur ses ressources naturelles et ses débouchés possibles. Il y avait un avantage manifeste à mettre à profit de tels éléments et, dans les principaux centres, à les grouper dans des assemblées locales associées, à titre consultatif, à l'œuvre d'organisation et de mise en valeur de la Colonie, Je créai donc, dès le mois de novembre 1896, des Chambres consultatives qui fonctionnèrent dans les villes les plus importantes et comprirent les chefs des principaux établissements agricoles, commerciaux et industriels de la circonscription où elles étaient établies. Le choix des membres de ces assemblées était fait par l'Administration, non pas que celle-ci tint à se réserver ainsi une prérogative, mais parce qu'à cette époque il y avait un intérêt majeur à s'éclairer des conseils des plus anciens et de ceux qui possédaient les biens les plus importants à Madagascar.

A maintes reprises, je provoquai les avis des Chambres consul-

l'atelier de peausserie a l'école professionnelle de TANAXARIVE.

LES MEDECINS MILITAIRES SONT tilIARGES I> INSl'Ei;Tl( INS DElYCilKNE ET DE TOURNÉES DE VACCINE.

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