‹ Neuf ans à Madagascar [par le] général GallieniChapitre 53 sur 179 · TERRAINS DE COLONISATION · texte numérisé non relu

TERRAINS DE COLONISATION

surveillance des massifs boisés, d'y prévenir les destructions par le feu et d'y réglementer les coupes.

Le rétablissement de l'ordre en Emyrne, la sécurité de bon, nombre de régions côtières, et, d'autre part, les facilités offertes' aux immigrants, avaient donné, dès la fin de l'année 1897, un important essor à la colonisation. Pour l'étude administrative des questions qui se posaient à ce sujet, l'île fut partagée en trois grandes circonscriptions : 1° l'Emyme et le Betsiléo; 2° la côte Est; 3° la côte Ouest. Un vérificateur du Service topographique fut chargé, dans chacune de ces trois régions, de procéder à la reconnaissance et à la délimitation des terrains susceptibles d'être donnés en concession.

Grâce à cette organisation, 262863 hectares de terrains propres à la colonisation avaient été reconnus à la fin de 1897, ^t 13758 hectares définitivement allotis.

Je fis poursuivre aussi dans toutes les parties de l'île les explorations et les recherches diverses qui, entreprises avant la conquête par M. Alfred Grandidier et d'autres savants, avaient commencé à faire connaître la géographie de Madagascar et l'ethnologie des principales races qui l'habitent.

Il fut recommandé aux chefs de province de s'attacher à pénétrer tous les recoins de leur circonscription, d'y recueillir les traditions locales et d'y rassembler des renseignements aussi complets que possible sur la géographie, l'hydrographie, la faune, la flore et les coutumes des habitants.

D'autre part, deux brigades topographiques du Service géographique de l'armée, débarquées à Tamatave au mois de mai, terminèrent avant de la fin de l'année des travaux qui se rattachèrent au réseau géodésique triangulé antérieurement sur le plateau central par les PP. Roblet et Colin.

Pour ne rien passer sous silence des événements de cette époque, je signalerai des secousses de tremblements de terre, assez fortes et assez nombreuses, qui se firent sentir, en novembre 1897, dans différentes régions de l'île.

Enfin, avant la fin de l'année de 1897, je tins à consacrer par une importante mesure politique et administrative les résultats généraux qui avaient été obtenus depuis un an pour l'extinction de l'insurrection et le rétablissement de l'ordre sur le plateau central. J'estimai que le moment était venu de témoigner ma satisfaction aux populations soumises, et de leur donner une marque de confiance en supprimant le régime exceptionnel auquel il avait fallu les astreindre quinze mois auparavant.

Le 4 décembre, je supprimai l'état de siège en Emyrne et dans le Betsiléo.

Ce présent de fin d'année aux indigènes ne fut pas approuvé unanimement par la colonie européenne, dont certains membres autorisés eussent préféré voir durer quelque temps encore ce régime d'exception. Je ne crus pas cependant devoir m'arrêter aux objections qui me furent faites, persuadé que la levée de l'état de siège n'amènerait aucune complication, à la condition de ne pas mettre une trop entière confiance dans la sincérité du ralliement des Ho vas, et de continuer à surveiller leur état d'esprit après cette première émancipation.

J'ajoute que si j'avais tenu à supprimer l'hégémonie hova en tant qu'elle représentait un système d'exactions pratiqué par une caste privilégiée, je m'attachai, après la pacification de l'Emyrne, à tenir la balance égale entre les divers peuples de l'île, et même à témoigner au peuple hova les espérances que — dès l'instant où il était fidèle — je fondais sur ses qualités propres et sur la supériorité incontestable de son intelligence et de ses aptitudes.

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