‹ NeurypnologieChapitre 50 sur 63 · MISS E. ATKINSON · texte numérisé non relu

MISS E. ATKINSON

— car j'avais soigneusement scruté son état avant et après chaque opération — et qu'elle put parler à voix haute et sans effort en sortant de l'hypnotisme le ««j«tè/«e jour, est une preuve suffisante que l'amélioration néla'U pas l'effet de l'irnaginaiion, mais bien de l'état physique amené par la continuation du procédé. Si la seule émotion mentale pouvait produire quelque effet, on devait s'attendre à en voir l'action plus marquée de prime abord, et à la voir diminuer d'intensité avec l'accoutumance. En faisant l'essai de la fonction le 2 juillet, immédiatement avant Copération, je m'aperçus que les opérations précédentes n'avaient pas produit d'amélioration (la malade avait été opérée huit fois) et je me décidai à la pousser plus loin cette fois ; le résultat fut celui qu'on a vu : au réveil, elle parla tout haut sans efforts. Il est également important, comme confirmation des déclarations de bon nombre d'autres malades qui ont été guéris par l'hypnotisme d'affections non moins tenaces, de remarquer qu'ils entendaient distinctement, et conservaient pendant toute la durée de l'opération la conscience de ce qui se passait autour d'eux. Il est cependant nécessaire, dans quelques cas, de pousser l'hypnotisme jusqu'à la dernière phase, jusqu'à la période d'insensibilité.

Le 19 octobre 1842, j'eus le plaisir de recevoir de Miss Atkinson,une lettre dont je transcris le passage suivant, comme preuve de la persistance de sa guérison :

" Vous serez heureux d'apprendre que j'ai conservé ma voix sans interruption, depuis que je vous ai quitté. La seule différence est qu'elle est devenue plus forte ; de même ma santé est excellente sous tous les rapports. » J'eus encore le plaisir d'avoir de ses nouvelles par un ami, il y a quelques jours ; miss Atkinson est toujours en bonne santé; neuf mois et démise sont écoulés depuis que la voix lui est revenue.

Sans doute, quelques personnes, lisant les observations que j'ai détaillées dans ce traité, seront disposées à rappeler le fait bien connu que différentes affections ont été

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guéries tout à coup par la seule émoi ion mentale ; on croira peut-être ainsi discréditer la puissance curative de l'hypnotisme. Tout en admettant le fail, je nie la justesse de la déduction et, afin de traiter le sujet en connaissance de cause, je vais citer quelques-uns des cas les plus remarquables dont on ait conservé le souvenir. « Le docteur Grégoire racontait l'histoire d'un officier de marine, gardant le lit depuis quelque temps dans sa cabine, et incapable de bouger à cause d'une violente attaque de goutte; on vint lui dire un jour que le feu était au navire ; quelques minutes après, il était sur le pont et se montrait le plus actif à bord. On rapporte des cas encore plus étonnants. Une femme, dont Diemerbroeck fait menticjn, para lysée depuis plusieurs années, recouvra l'usage de ses jambes pendant un orage violent qui l'effrayait fort, en faisant de grands efforts pour s'échapper d'une chambre où elle avait été laissée seule Un homme, affecté de la même manière, guérit quand il vit sa maison en feu ; un autre, souffrant depuis six ans, retrouva l'usage de ses membres paralysés, pendant un violent accès de colère. » (Abercrombie, On the inlelleclunl powers, pp. .398-399,)

Ajoutons encore l'iniluence qu'a la vue de la clef ou du davier servant à l'extraction des dents, ou simplement l'approche de la demeure du dentiste, dans la guérisnn du mal de dents.

Quelles sont les conclusii)ns légitimes que l'on peut tirer de l'exposé de ces cas? N'est-ce pas la possibilité de tels résultats, et leur réalisation par différents moyens ? Et s'il parait que des résultats analogues peuvent être produits par l'hypnotisme, je demanderai si l'hypnotisme n'est pas un remède aussi convenable et aussi pratique que de mettre le feu à un navire, de soulever une tempête, de convertir la maison du malade en feu de joie, ou de mettre celui-ci dans « un violent accès de colère » ?

Je demanderai, de plus, à ceux qui discourent tant de la puissance de l'imagination, ce qu'elle est. Comment agitelle pour produire des résultats si extraordinaires et si

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contradictoires? Par exemple, les émotions de la joie et du chagrin, de l'amitié et de la haine, de la crainte et du courage, de la bienveillance et de la colère, peuvent toutes provenir de causes réelles, ou smlement de causes imaginaires, et peuvent affecter sérieusement les parties organiques du corps. Dans bon nombre de cas, ces émotions difîérentes et opposées sont devenues instantanément funestes ; dans d'autres cas, elles se sont montrées au contraire bienfaisantes.

Comment tout cela se produit-il ? Toutes ces émotions ne sont-elles pas accompagnées de modifications remarquables dans la respiration et dans la circulation, aussi bien que dans la sensibilité ? Ces fonctions ne sont-elles pas fortement surexcitées parles unes, déprimées, au contraire, par les autres? Et ce dernier fait n'agit-il pas comme cause immédiate des bons résuliats permanents qui s'établissent pendant l'hypnotisme? Comme nous l'avons déjà expliqué, l'hypnotisme peut produire des résultats physiques analogues ; et le fait que nous ne pouvons pas positivement arriver à établir son modus operandi n'est pas une raison valable pour ne pas en profiter dans le traitement des maladies. Il semble évident que nous avons acquis avec l'hypnotisme un contrôle plus facile, plus certain et plus utile, sur les manifestations physiques en question, qu'avec tout autre mode d'action impressionnant l'imagination seule.

Le rhumatisme est une autre affection, pour le soulagement de laquelle j'ai trouvé dans l'hypnotisme un remède de la plus grande valeur. J'ai cependant rencontré certains cas de rhumatisme qui ont résisté à ce traitement comme à toute autre méthode ; j'en ai rencontré d'autres qui n'ont reçu qu'un soulagement passager; en somme, j'ai vu des soulagements rapides et caractérisés suivre plus que tout autre ce mode de traitement. Je l'ai surtout essayé dans les cas de rhumatisme chronique. En l'appliquant, je provoque d'abord un état de scimniilence, puisjemetsen action les différents muscles que je crois

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directemenl affccfus, ou au moyen desquels je compte modifier la cii'culatioa capillaire et la sensibilité nerveuse des parties atteintes. Il faut maintenir le malade dans la position choisie, plus ou moins longtemps, selon les circonstances. Les observalidns suivantes montreront les effets de ce mode de traitement.

32° CAS. — Joseph Barnet, près de Ho|)e Inn, Heaton Norris, Stockpor't, âgé de 62 ans, vint me consulter le

10 décembre 1841, pour une affection rhumatismale du dos, de la hanche et de la jambe, affection dont il souffrait depuis treize ans ; elle avait été si douloureuse que depuis cette époque il lui était impossible de faire une jnurnée de travail.

11 soutirait constamment et reposait mal la nuit. Il vint me voir en s'appuyant faiblement sur sa canne, souffrant avec angoisse à chaque pas et à chaque mouvement du corps.

11 avait été traité au commencement de son affection par un médecin, mais ne trouvant pa^ de soulagement, il avait, comme tant d'autres, eu recours à toute sorte de panacées, y compris des bains chauds d'eau salée. Je l'hypnotisai, le plaçant dans les attitudes particulières qu'exigeait son cas, et quinze minutes après, je le réveillai ; il put alors ployer librement son corps, et non seulement marcher, mais encore courir. Il vint me voir quelques jours plus tard, et me dit qu'il avait bien dormi et qu'il s'était trouvé parfaitement à son aise depuis le moment où il m'avait quitté jusqu'à la veille. Je l'opérai de nouveau avec succès, et quelques autres opérations suffirent pour le rétablir complètement. Ce malade vint à deux de mes conférences et témoigna de ces faits. Après l'une de ces conférences, ayant manqué la Voiture, il rentra chez lui à pied, à la dislance de six milles. Celte manière d'agir n'était pas prudente, mais elle prouvait incontestablement l'amélioration.

Je ne connaissais pas alors, comme je l'ai connue depuis, la grande puissance de Fhypnolisme dans ces affections ; je lui fis donc prendre des médicaments après la

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première opération; mais je pus remarquer que le soulagement suivait immédiatement l'opération, avant que la médecine ne fût prise, et que les douleurs réapparaissaient jusqu'à un certain point la nmiprécédant la visite suivante; si l'amélioration avait clé due au médicament, elle aurait diminué avec l'effet de ce dernier, mais le soulagement suivait de nouveau l'hypnotisme, je fus donc convaincu que le médicament n'avait aucune part dans l'amélioration, et j'abandonnailes médicaments pour m'en remettre entièrement àl'hypnolisme. Au commencement de janvier 1842, quand ce malade vint me voir, il était en si bon état que je crus d'autres opérations inutiles pour le moment, mais je lui conseillai, s'il y avait rechute, de revenir se faire hypnotiser gratuitement, ce qu'il promit.

A ma conférence du 25 décembre 18-41, on lui fit plusieurs questions qui amenèrent les réponses suivantes:

— « Vous affirmez ne vous être jamais trouvé aussi bien qu'à présent ? ■>

— « Oui , je n'ai jamais pu gagner deux shillings aupavant. L'hiver dernier j'étais plus malade que jamais. »

— Avez-vous marché, avant de quitter mon cabinet, et sans avoir pris aucun médicament? »

— « Oui. j'ai marché et j'ai même couru. »

Voirie Manchester Guardian, 1°"' janvier 18-42.

Je n'entendis plus parler de ce malade, pendant environ sept mois ; je pouvais donc croire, me rappelant l'offre que je lui avais faite à sa dernière visite, qu'il avait continué à se bien porter. Il paraît, cependant, qu'il avait eu une petite rechute après m'avoir quitté, et que les siens, dont il dépendait, étant eux-mêmes sans travail, il n'avait pu se procurer l'argent nécessaire pour le voyage en chemin de fer. Cette rechute fut la cause d'attaques contre moi; on m'accusa d'avoir falsifié l'histoire de ce cas; je crus devoir visiter le malade, en compagnie de deux amis ; j'ai reçu le document suivant :

« Joseph Barnet, Providence street, Heaton Norris souffrait d'une affection rhumatismale douloureuse, quand,

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en décembre dernier, il vint consulter M. Braid. Il fut d'abord soigné par M.... de Higher Hillgate, qui le saigna, lui mit des ventouses, et lui prescrivit des médicaments ; mais ses douleurs ne diminuèrent point. A partir de cette époque, il prit diverses choses, que lui recommandaient ceux qui avaient été affliges comme lui et qui croyaient qu'il en tirerait le même soulagement, mais en vain. Il consulta ensuite M.,., de Manchester, dont le traitement le soulagea pendant une quinzaine ; les douleurs revenant il prit des bains chauds à Liverpool, où il resta tant que ses moyens le lui permirent, mais sans obtenir de soulagement.

» Il se mit encore, à partir de ce moment, à essayer ce que lui recommandaient dillorentes personnes. Pendant toute cette période, il fut incapable de faire une journée de travail. Quand il vint consulter M. Braid, en décembre dernier (1841), il souiï'rait de douleurs extrêmes à chaque mouvement du corps ; il marchait très courbé, s'appuyant sur une canne. 11 fut opéré par M. Braid; réveillé un quart d'heure après, il se sentit capable do marcher et de courir. Tout d'abord, M. Braid le fit marcher en lui tenant la main, puis le iit courir sans aide, ainsi que sa femme et d'autres personnes présentes peuvent l'affirmer. L'histoire du malade, telle qu'elle fut présentée par M. Braid à sa conférence, en présence de ce dernier, était parfaitement exacte, et il en porta témoignage au moment. Ne pouvant payer les dépenses du chemin de fer, il ne lui fut pas possible de revenir voir M. Braid quand les douleurs se renouvelèrent. Il n'avait jamais informé M. Braid de la réapparition des douleurs et ne le revit plus jusqu'au soir du 2G juillet 18i2.

» Signé, Joseph f Barnet.

,1. A. Walker.

Thomas Brown.

llARAiï Brooks.

(fille de J. Barnet). >>

LE lillOMATISJIE 199

33° CAS.— Le 11 janvier 1842, Mme B..., âgée de -48 ans. Menstruation arrêtée depuis le printemps dernier. Celte dame soutTre d'une aflection rhumatismale douloureuse depuis trois mois, et garde le lit depuis deux mois. Les jambes, les bras, le cou et la tête, sont le siège de fortes douleurs, et le moindre mouvement la fait souffrir cruellement. C'est avec une vive appréhension qu'elle me vit lui prendre le bras pour tâter le pouls. Elle ne pouvait se retourner dans le lit, ni supporter le plus léger attouchement.

Le 41 janvier 18-42. je l'hypnotisai pendant dix minutes; au réveil, les douleurs avaient disparu ; elle pouvait marcher, se baisser, remuer les bras, les poignets et les dr)igts avec facilité. Le 12, elle avait dormi confortablement toute la nuit, et avait pu se coucher sur le côté, chose qui lui était impossible depuis trois mois ; elle se levait de sa chaise, et remuait les jambes et les bras sans aucune douleur. Certains endroits, le long des membres, sans être positivement douloureux, étaient cependant très sensibles. Je l'hypnotisai pendant huit minutes; la sensibilité devint moindre, et elle put me suivre au bas des escaliers, et les remonter avec moi, sans se servir de la rampe, en faisant des pas bien réguliers et alternativement de l'un et l'autre pied. Le 4-4, je la trouvai levée dans une pièce du rez-dechaussée, en compagnie de son père, de son mari et de plusieurs amis, et à peu près en bonne santé. Je l'hypnotisai de nouveau, ainsi qu'un jour ou deux plus tard ; le rhumatisme ne reparut plus, quoiqu'il restât un certain degré de roideur des membres. Je ne lui fis pas prendre de médecine jusqu'à ce que le rhumatisme eût disparu ; elle en prit plus tard, mais pour autre chose. Cette malade vint chez moi environ sept mois après, et la dé'claration ci-dessus fut lue en sa présence, et devant une soixantaine de personnes, y compris plusieurs médecins ; elle confirma l'exactitude de la déclaration jusqu'au moment présent; je n'ai pas entendu parler de rechute depuis, et j'ose affirmer qu'il n'y en a pas eu.

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34= CAS. — Mme S... a déjà été menlionnée dans la 6"» observation. Elle avait beaucoup soull'erl de rhumatisme pendant de nombreuses années, et, malgré les traitements qu'elle avait suivis, elle ne s'était jamais trouvée entièrement soulagée. Après la première opération, le soulagement fut sensible, et après plusieurs séances, les douleurs avaient totalement disparu. Elles ont reparu qushiuefois depuis, mais une ou deux opérations de la même nature, opérations qui ne sont ni pénibles ni désagréables, les ont toujours fait disparaître.

35° CAS. — Autre cas de rhumatisme ; le patient est âgé de 33 ans, et son affectian dure depuis sept ans. On s'efforçait de faire dormir le malade fatigué à l'aide de puissants narcotiques ; une fois, il avait pris -400 gouttes de laudanum dans l'espace de deux heures: cependant les douleurs avaient continué ; mais en quinze minutes de sommeil hj-pnotique il fut délivré de ces cruelles souffrances. Au sujet de ce cas, connaissant la valeur du praticien qu'on avait consulté, je suis certain que tous les remèdes connus avaient été mis en usage, mais en vain ; cependant, cet agent curatif réussit en quelques minutes. Ce malade souffrait cruellement depuis sept ans : il fut hypnotisé pour la première fois le 10 février 1842, puis de nouveau le 17 et le 19. Il semblait autant que possible affranchi de douleurs, et avait très peu souffert depuis la première séance, moins qu'il ne lui était encore arrivé depuis sept ans qu'il était rhumatisant. J'ai appris récemment qu'il avait eu une rechute quelque temps après notre dernière entrevue ; mais aucune personne raisonnable ne s'attendrait à ce que trois opérations pussent suffire pour guérir d'une façon définitive un mal si obstiné ; il est très probable qu'une répétition du procédé serait arrivée à ce résultat.

36° CAS. — M. John Thomas, 153, Deansgate, vint me consulter vers la fin d'avril 1842, pour une aiïeclion rhumatismale douloureuse des lombes, de la hanche et de la jambe droites, affection qui durait depuis deux semai-

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ries : il avait eu une fièvre rhumatismale deux ans auparavant, qui l'avait lenu au lit pendant seize jours et dans la chambre pendant une semaine de plus ; quand il put sortir, il essaya des bains de Buxton et Motlock, ainsi que des bains médicamenteux et des bains sulfureux à Manchester ; malgré cela les douleurs persistèrent. Quand il vint me voir (avril 1842), je l'hypnotisai ; au réveil, les douleurs avaient presque entièrement disparu, et n'exigèrent pas de nouvelle opération, il ne prit pas de médecine. Le 28 juillet, il revint me voir pour m'annoncer que sa santé était restée bonne sous tous les rapports depuis qu'il avaitété hypnotisé ; il donna attestation de ces faits en inscrivant son nom dans mon carnet à observations ; de nombreux amis, médecins et autres, l'ont vu et peuvent confirmer les mêmes faits. Sa santé n'avait pas périclité, lors de sa dernière visite.

37° CAS. — Le jeune J. Lancashire, âgé de 12 ans, me fut amené en septembre 1842. 11 souffrait violemment de rhumatisme dans les jambes, le dos et la poitrine et on dut le poj-ter dans la maison. Après l'hypnotisation, il se trouva tellement soulagé, qu'il put marcher dans la chambre avec facilité, et aller, sans être aidé, jusqu'à la voilure. Le jour suivant, il fut hypnotisé de nouveau et quitta la maison, ne souffrant plus; il n'eut plus besoin d'autre opération. Il n'avait pris aucune médecine, soit externe, soit interne. Sa mère et lui vinrent me voir plus tard pour m'informer que la gucrison s'était maintenue ; ils affirmèrent tous deux l'exactitude de cette observation.

38'^ CAS. — Mme P..., âgée de plus de 50 ans, soufl'rait de rhumatisme à un tel point que, depuis sept mois, elle n'avait pas eu une nuit de bon sommeil. On avait essayé des remèdes internes et externes qui avaient diyà réussi pour des attaques semblables, mais qui cette fois, demeuraient sans résultats. (Juand on vint me prier de la visiter, elle souffrait de douleurs intolérables dans une jambe, surtout vers le genou. Je lui proposai de la soulager par l'hypnotisme, mais elle repoussa l'idée, déclarant qu'elle

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n'y avait pas foi et qu'elle était certaine delà parfaite inutilité d'une opération de ce genre. Je lui répondis que son manque de foi dans le remède était chose indifférente, pourvu qu'elle voulût bien se soumettre à l'opération comme je l'indiquerais. Elle consentit enfm et fut hypnotisée en présence de ses trois filles. Réveillée au bout de huit minutes, elle était délivrée de ses douleurs ; elle demanda alors ce que je lui avais fait, affirmant que l'hypnotisme ne pouvait pas l'avoir soulagée. Je répondis àsa question en lui demandant où elle ressentait sa douleur présentement. Elle déclara ne ressentir aucune douleur, mais persista dans sou affirmation que je n'avais rien fait pour la soulager. La façon dont elle marchait et remuait ses membres était preuve suffisante que la douleur était partie, en dépit de son scepticisme à l'endroit de l'agent curalif. Quand je vins la voir, le jour suivant, on me dit qu elle avait bien dormi toute la nuit, et que, se trouvant bien, elle était sortie Je revins deux jours après; la malade me raconta alors qu'elle avait été surprise par une averse, qu'elle s'était fatiguée pour rentrer et que les douleurs étaient revenues, mais moins intenses qu'auparavant. Je l'hypnotisai de nouveau et cette opération fut suivie de soulagement complet, il ne fut plus nécessaire de répéter l'opération, et, malgré son scept,icisme, elle se trouve débarrassée de son vieil ennemi depuis onze mois.

Nous avons donc ici une preuve réelle que l'imagination n'y est pour rien ; en un mot, c'est une modification physique et non pas mentale qui effectua la guérison.

39° CAS. — M. Hampson ; autre cas de rhumatisme .que l'on me pria de voir le 10 mai 1842. Le malade était un jeune homme de 23 ans fortement développé, qui souffrait depuis trois semaines, et qui depuis quinze jours ne quittait plus son lit. Il lui était impossible de mouvoir ses jambes, ou de porter une cuillère à sa bouche ; depuis quinze jours, il n'avait pas dormi dix minutes de suite à cause de la violence de ses douleurs et des mouvements spasmodiques

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qui le rcveillaieiit. La main gauche, les duigts el le poignet étaient très tuméfiés et excessivement douloureux, assez pour l'effrayer quand je voulus lui prendre le pouls. Après avoir été hypnotisé pendant cinq minutes dans le décubitus dorsal, je lui fis étendre les bras et je le réveillai ; il pouvait déjà mouvoir son poignet et ses doigts avec une facilité relative. Je l'hypnotisai de nouveau et opérai sur la jambe. Dans l'espace de six minules, il put se mettre sur ses pieds, faire le tour de son lit, y remonter et se coucher sans aide. Le jour suivant, je le trouvai levé, habillé, et en état de marcher facilement. Il avait bien dormi pendant la nuit. Je l'hypnotisai de nouveau. La nuit suivante, il dormit sans interruption, et à rexcepti(jn d'une légère douleur dans l'épaule gauche, tout son mal avait disparu dans la matinée. Le jour suivant, il ne ressentait absolument plus rien. Il n'avait pris d'autre médicament qu'un léger purgatif.

Je crois que les cas que je viens de détailler suffisent pour prouver la valeur de cet agent dans le traitement du rhumatisme chronique. Je vais maintenant montrer les résultats de son application dans deux cas de rhumatisme aigu.

40° CAS. — M. G..., homme de lettres, vint me consulter l'hiver dernier. Il souffrait de fortes douleurs dans le bras droit et dans la main ; un point, en particulier, environ de la dimension d'un shilling, à la partie externe du bras, un peu au-dessous du coude, était excessivement douloureux. Il était très chaudement couvert ; malgré cela, il grelottait, avait la cliaii- de poule, ei i^Q pulsations par minute. Je lui déclarai que je croyais à un commencement de fièvre rhumatismale, et que j'essaierais volontiers si l'hypnolisme pouvait juguler l'accès. Il n'avait jamais été opéré de cette façon ; cependant, il consentit sans hésitation. En six minutes, il était baigné de sueur, et notablement soulagé de ses douleurs. Je le fis alors mettre au lit et lui fis prendre un mélailge contenant du vin de colchique. Le jour suivant, il était très soulagé, et son affection

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fut peu douloureuse après le jour de l'opération; sa peau était moite et en bon état ; le pouls était à 80. Je lui fis garder le lit, et continuer son médicament. Le jour suivant, le pouls n'était plus qu'à 70, il ne souffrait plus, et le lendemain il put se lever et s'occuper de ses affaires habituelles. II n'y eut pas de rechute.

41" CAS. — MmeB..., mère d'une nombreuse famille, avait une forte fièvre rhumatismale ; plusieurs jointures avaient été prises successivement, et elle souffrait aussi de violentes douleurs dans la tête. Je lui proposai de se faire sortir du lit pour l'hypnotiser. Elis souffrait tant dans les genoux, dans les pieds et dans les chevilles qu'il ne lui fut pas possible d'allonger les jambes, ni de se soutenir, si peu que ce fût. On fut donc obligé de la transporter de son lit à la chaise sur laquelle je devais l'hypnotiser. Elle fut réveillée au bout de cinq minutes ; le mal de tète avait disparu, et les douleurs dans les jambes et dans les pieds avaient tellement diminué d'intensité, qu'elle put marcher jusqu'à son lit, soutenue légèrement par le bras. Les douleurs ne revinrent plus aussi fortes. Je l'hypnotisai encore plusieurs fois et toujours avec amélioration. Natui-ellement, je prescrivis les médicaments que je crus nécessaires pour améliorer l'état des sécrétions, de manière à terminer l'attaque aussi rapidement que possible, mais on ne saurait mettre en doute l'influence de l'hypnotisme dans la diminution des douleurs et dans la terminaison de l'attaque, plus rapide certainement que si l'on s'en était rapporté entièrement au seul effet des médicaments.

C'est ici le lieu assurément de présenter les cas suivants, Il s'agit d'affections douloureuses des membres, provenant de l'action irrégulière des muscles, en conséquence de lésions mécaniques.

42° CAS. — M. J. J...vint me consulter le 6novembre 1842. Il raconta qu'il était tombé de son cheval cinq mois auparavant, et qu'il s'était blessé à la hanche et à la cuisse gauche. Il resta au lit pendant deux semaines, soigné par un médecin ; on supposait qu'il avait été fortement contu-

CONTRACTIONS MUSCULAIRES IRRÉGULIÈRES 2Uo

sionnû. Il se leva ensuite, mais ne marchait qu'avec des béquilles; la marche lui occasionnait de grandes souffrances. Il veut consultation, et les consultants tombèrent d'accord qu'il y avait dislocation de la hanche, mais on essaya en vain de la réduire. Neuf semaines après l'accident, on fît venir un autre chirurgien, éloigné de 40 milles de l'endroit, qui confirma l'opinion de la dislocation de la hanche et réussit à la réduire. Le malade garda encore le lit pendant quinze Jours au bout desquels il put aller et venir à l'aide d'une canne, sans ses béquilles. Cependant, il boitait toujours et souffrait beaucoup. Quand il vint me voir, le 6 novembi-e 18 12, les douleurs n'étaient plus aussi intenses, mais il boitait fortement. Le genou avançait un peu, et les orteils étaient rejetés en dehors. Dans la marche, sans sa canne, le corps penchait à gauche à chaque pas, comme si la jambe eût été beaucoup plus courte. Ceci, joint à d autres symptômes, me fit soupçonner une fracture intra-capsulaire du col du fémur. Un examen minutieux me prouva qu'il n'en était rien, et j'admis alors qu'il y avait une action irrégulière de tous les muscles de la hanche et de la cuisse, les uns étant atrophiés et demi paralysés, les autres beaucoup plus tendus qu'à l'ordinaire.

Telle étant mon opinion, je crus que je pourrais rectifier la distribution irrégulière de l'énergie nerveuse et musculaire par l'hypnotisme ; l'événement prouva rapidement la justesse de mes vues : j'hypnotisai le malade, et plaçai la jambe dans la position voulue pour rétablir les fonctions; dix minutes après, je le réveillai et fus agréablement surpris de l'amélioration qui se manifestait. Le lendemain matin, il fut opéré de nouveau, et se trouva presque entièrement débarrassé de sa claudication, et complètement débarrassé des douleurs ; il me demanda même si je croyais nécessaire qu'il prit sa canne dans une course qu'il se proposait de faire en ville. Il vint me voir les trois jours suivants, puis retourna chez lui, aussi heureux que moi des résultats de nos opérations. 11 n'avait pas pris

Braid. 12

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de médicaments iiileriies, et il n'j- avait eu aucune application externe, pendant mon traitement : il cerlilia l'exactitude de cette observation avant son départ : et comme je n'ai plus entendu parler de lui depuis, j'ai des raisons de croire (lu'il a continué à se bien porter.

Plusieurs personnes, dont quelques médecins, virent ce malade et peuvent témoigner de l'exactitude de ces déclarations qu'ils entendirent toutes de sa bouche.

43° CAS. — M. J.H..., âgé de 08 ans, vint me consulter le 8 novembre 1842, pour des douleurs dans l'épaule gauche, conséquence d'un coup qu'il avait reçu deux mois auparavant. Il avait été traité par deux médecins éminents, depuis l'époque de la blessure jusqu'au jour à peu près où je le vis. Il y avait atrophie des muscles de l'épaule, grande douleur dans les mouvements du bras, qui était si faible qu'il ne lui était môme pas pos^ible de boutonner son paletot. Après la première séance, il put le mouvoir librement au-dessus de sa tète et dans toutes les directions.

Après l'opération du lendemain, il avait encore plus de force. Le jour suivant, il ressentit une légère douleur derrière l'épaule, sous l'omoplate; douleur qui disparut après une nouvelle h^fpnotisation dans le cours de laquelle j'avais mis les muscles affectés en action. II me quitta, le samedi 12 novembre 18i2, tout à fait remis et retourna à ses afl'aires. Ce malade, ainsi que son fils, certifièrent l'exactitude de ce rapport dans mon carnet d'observations.

44° CAS. — J.W..., âgé de 23 ans, avait reçu une violente contusion à la hanche, suivie de suppuration dans la région située entre le trochanter etl'ischium ; il s'était fait à cet endroit une ouverture fistuleuse ; la jambe était fléchie et sans mouvements, et soutenue par un bandage passant sur l'épaule. Le malade se soutenait péniblement sur deux béquilles, car sa santé s'était considérablement affaiblie depuis le commencement de sa maladie. Il me dit qu'il sortait d'un hôpital où on ne lui avait pas laissé d'espoir de guérison. Je l'hypnotisai, et pendant son sommeil,

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