‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 62 sur 92 · SAMUEL EDWARD · texte numérisé non relu

SAMUEL EDWARD

il avait été seul jusqu’à la rue Ducie. L’opération fut répétée.

Ce malade continua à aller mieux, et le 29 juin il parut à ma conférence. Sa parole était devenue bien meilleure, immédiatement après la première opération, et ses idées semblaient plus claires et plus vivaces. Il put aussi signer son nom, ce qu’il fît d’une façon très nette, pour la première fois depuis sa dernière attaque. Je ne dois pas oublier d’ajouter qu'il avait recouvré le contrôle de son sphincter anal ; en dix jours, il avait acquis assez de force dans les mains pour se livrer à quelques travaux. Son état avait fait des progrès considérables quand il eut le malheur de faire une chute et de se blesser dans la région lombaire ; cet accident enraya l’amélioration qui s’était produite dans les jambes, Le mieux est un peu revenu, mais il n’est pas aussi caractérisé que quelque temps après le début de mon traitement. Les bras, toutefois, conservaient la force acquise récemment, car je vis le malade, dernièrement, soulever une chaise de la main droite et la maintenir à bras tendu ; l’esprit est beaucoup plus lucide qu’avant l’hypnotisation. Je dirai encore qu’il a de temps à autres des crises d’entéralgie dont il souffre beaucoup.

Il serait difficile de produire une preuve plus frappante de la puissance de l’hypnotisme ; ce cas présentait plusieurs points en souffrance, qui, tous, furent améliorés, et d’une façon constante pour quelques-uns.

24® CAS. — M. John ’VV..., âgé de 21 ans, vint me consulter le 18 avril 1842, pour un état paralytique du côté gauche de la face : cette affection existait depuis treize jours. Il n’avait aucun contrôle sur les muscles du côté gauche ; la bouche était déviée à droite, et il ne pouvait fermer l’œil gauche. Dix minutes après l’hypnotisation, et après des frictons, il ouvrait et fermait son œil avec facilité, et ramenait sa bouche dans la position accoutumée.

25® CAS. — Je fus consulté, le 11 juillet, par Samuel Edward, qui avait été obligé d’abandonner son travail de-

DE l’hypnotisme

puis six semaines, à cause d’un état paralytique des muscles extenseurs du poignet, et d’un état semi-paralytique des muscles fléchisseurs et des muscles extenseurs des doigts. Il s’était blessé le bras environ deux ans auparavant en recevant un coup et en soulevant un poids trop lourd. L’état paralytique s’établit tout d’un coup, six semaines environ avant que je ne le visse ; cet état était accompagné d’une sensation de fourmillement ou de piqûres dans les doigts. Je l’hypnofisai, mettant, autant que possible, les muscles faibles et paralysés en action. Par suite de cette manipulation, il se vit en état de fléchir et d’étendre le poignet, le bras étant dans la position horizontale et le cubitus en bas ; il recouvra de même la faculté de préhension aussitôt après la première opération. Ces mouvements lui étaient impossibles avant l’hypnotisation, comme purent le témoigner plusieurs personnes des plus respectables, qui assistaient à l’opération. Dans la soirée du jour suivant, il put traire une vache de la main malade et, quand il vint me voir, deux jours plus tard, je pus constater une amélioration considérable. 11 fut opéré de nouveau avec résultat avantageux ; il pouvait alors saisir si fermement les objets qu’il lui suffisait de se retenir d’un doigt pour qu’on pût le tirer de sa chaise, sans qu’il se laissât choir.

Il avait été traité par différents procédés, y compris les vésicatoires, quand j’entrepris son traitement.

Il vint me voir, le 17 juillet 1842 ; il avait encore plus de force dans la main.

Après l’opération, il lui fut possible de soulever le coin d’une lourde table, de la main qui, cinq ou six jours auparavant,^ était tout à fait impuissante. Il me dit qu’il avait pu s’en servir constamment depuis le moment où je l’avais quitté, le 14.

Le 31, il vint me voir ; son amélioration continuait. Il fut opéré de nouveau.

Le 7 août, la première chose qu’il fit une fois entré dans mon cabinet, fut d’étendre le bras, et de me montrer qu’il

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