PREMIER JOUR
LE DON DE CRAINTE Vice opposé à ce don : l'orgueil.
“ La crainte est un don du Saint-Esprit qui nous fait craindre Dieu comme un Père, et fuir le péché parce qu’il lui déplaît. ”
La crainte du Seigneur, dit le saint Roi David, est le commencement de la Sagesse.
. La crainte du Seigneur, ajoute le Sage, est la véritable gloire et un juste sujet de se glorifier; c’est une source de joie et une couronne d’allégresse, la crainte du Seigneur réjouira le cœur ; elle donnera la jo’, l’allégresse et une longue vie. Celui qui craint le Seigneur, se trouvera heureux à la fin de sa vie et il sera béni au jour de sa mort: car, la crainte du Seigneur chasse le péché et elle
donne la plénitude de la paix et les fruits de salut (x). :
Les sept dons du Saint-Esprit sont opposés aux sept péchés capitaux.
Le don de crainte est opposé à l’orgueil. — Pour l’orgueilleux, c'est-à-dire pour un homme qui n’a plus la crainte du Seigneur, plus de prière sérieuse, plus de vigilance sévère et soutenue, plus de conseils demandés ou acceptés : plein de lui-même, il sait tout, il a tout vu, il se suffit en tout : lui est toujours lui. Présomptueux, tranchant, hautain, rampant devant le fort, despote à l'égard du faible, égoïste, querelleur, haïssable à tous et ingouvernable, il devient la preuve vivante de cette vérité : que ’orgueil est la déformation la plus radicale de la nature humaine, ‘parce que celui qui met sa confiance en ses propres pensées, dit l’Esprit-Saint, agit en impie (2). ” |
(1) Eccu., C. E., passim. — (2) Prov., XII, 2.
mu ER.
Cette déformation conduit à la dissolution de tous les biens sociaux, et donne naïissance à a religion du mépris. L'adepte de cette religion satanique méprise tout : Dieu, ses commandements, ses promesses et ses menaces ; l'Eglise, sa parole, ses droits et ses ministres : les parents, leur autorité, leur tendresse, leurs cheveux blancs ; l’âme, le corps et toutes. les créatures. De la vie il use et abuse, comme s'il .en était propriétaire et propriétaire irresponsable, ‘‘ Parce que le mé-
chant, lorsqu'il est descendu au plus profond de l’abîme de ses péchés, méprise tout ; mais lignominie et l’opprobre le suivent (1). ”