DEUXIEME JOUR
LE DON DE PIÉTÉ Vice opposé à ce don: l'envie.
« La piété est un don du Saint-Esprit qui nous remplit d'affection filiale envers Dieu, et nous le fait honorer comme un père. »
Le don de piété est opposé à l’envie.—
Tandis que le don de piété attendrit le cœur, l’ennoblit, le dilate et le répand en effusions d'amour sur Dieu et l’homme, l'envie endurdit le cœur, le dégrade, le resserre, le rend méchant et malheureux. Ver dans le bois, rouille dans le fer, teigne dans l’étoffe : voilà l’envie dans lé cœur. Elle le ronge et le remplit de toute espèce de mal et le dépouille de toute espèce de bien. Les autres vices sont opposés à une vertu particulière : l’envie
est opposée à toutes. Comme cet oiseau de nuit que la lumière offusque, f’envieux ne peut supporter l'éclat d'aucune vertu, d’aucune supériorité, d'aucun avantage, d'aucune affection qui ne s'adresse pas à lui.
De là vient que l’envie est appelée, non:
pas seulement une Défe mauvaise, mais une bête très mauvaise (1). C'est l'envie qui a perdu les Anges dans le Ciel. C’est l’envié qui a perdu nos premiers parents au paradis:
terrestre. C’est l’envie qui à rendu Caïn fratricide. C’est l'envie qui a vendu Joseph- C'est l'envie qui a crucifié le Fils de Dieu. Si on voulait dire toutes les noirceurs, les. empoisonnements, les calomnies, les haines, les injustices, les divisions, les actes de cruel égoisme, c’est-à-dire les hontes, les malheurs enfantés par l'envie, il faudrait citer presque toutes les pages de l’histoire des peuples et des familles. Délivrer l'humanité d’un tel
(1) S. BoNaAv. Diœa sal. c. IV.
fléau, est le bienfait réservé à l'Esprit de piété : « Parce que la piété est utile à tout, ayant les promesses de la vie présente comme celles da la vie future (1). »