CHAPITRE L DONS QUI PERFECTIONNENT L'ENTENDEMENT
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N père étant assis avec son fils sous un dl arbre chargé de fruits : 4 Mon enfant, »
lui dit-il, « que faudrait-il à cet arbre pour qu’il ne rompit pas sous le poids dont il est chargé ? » Et le fils répondit : € Une main qui cueillit ces fruits.» Le père.avec un profond sentiment de piété, lui dit alors : € Le Saint-Esprit est l'arbre fruitier où abondent les grâces et les dons célestes, et la volonté du chrétien fidèle est la main qui les cueille. »
Ce père si profondément pieux, n'est-ce pas le père commun des fidèles, notre Saint-Père le Pape Léon XIII, qui, dans ses lettres encyciiques, dit à tous ses enfants: Dans le jardin de l’Église, il y a un arbre de bénédiction, chargé des fruits les plus abondants : c'est le Saint-Es-
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prit qui habite dans les justes, comme dans 50! temple. « Ve saurez zous pas que vos membre sont les temples du Saint-Esprit que est en vou: que vous avez reçu de Len tx. {E Cor, VE F9.
Oui l'Esprit-Saint habite dans l'âme des juste avec ses dons ineffables ; son unique désir es de nous les communiquer.
Et quels sont ces dons? Ils sont au nombr de sept. Les uns perfectionnent notre entende ment, les autres notre volonté. Les premiers s désignent sous les noms de sagesse, d’intell vence, de science et de conseil; les seconds 5 nomment : piété, force et crainte de Dieu.
En ce premier jour, voyons les dons qui pe:
fectionnent notre entendement.
1. Qu'il est heureux le chrétien qui a l'Espr de Dieu ! Cet Esprit est une vive lumière, qui 1 fait voir chaque chose sous son véritable jour. L monde avec toutes ses merveilles est pour luit vrand livre, où le Don de Science lui fait lire le perfections adorables du Créateur.—- Les vérit de la foi ne l’effraient pas : au contraire le profondeur le réjouit. Que dis-je? loin de I trouver obscures, le Don d'Intelligence \u € fait,en quelque sorte, briser l'écorce,et savoure dans une contemplation sublime, ce qu’elles o de plus mystérieux et de plus caché. — Dans cas à résoudre, ce n’est pas à l’amour-prop qu’il va s'adresser. Il a en lui-même une lumiè qui le sert à merveille: c'est le ZJon de Conseil. donl’accompagne partout:il le dirige dans tout ses pensées, ses paroles et ses actions, et lui f: éviter les pièges de ses ennemis. Ce chréti s’avance d'un pas ferme dans la voie du salut. Enfin, pour couronner en lui le cortège des v
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du Saint-Esprit. 15
tus,ilaen partage le Don de Sagesse, don suprême qui élève, je dirai, tout son être, qui Île divinise en quelque sorte, et lui fait tout apprécier et goûter comme Dieu le fait lui même.
« lon Dieu et mon Tout!» telle est sa seule devise.
>, Le Saint-Esprit nous communique ces dons, qui perfectionnent notre entendement, pour nous aider à détruire en nous certains vices qui sont les plus opposés à notre perfection.C’est la doctrine de saint Grégoire (240. 2, Moral. c. 26): il dit que « le don de sagesse nous est donné contre:la folle estime que nous faisons des bien sensibles ; le don d'intelligence, contre la stupidité que nous expérimentons dans lintellisence des choses de Dieu: le don de conseil, pour remédier à notre incc isidération ; le don de science, pour dissiper notre ignorance. »
3. Ces mêmes dons ne nous aident pas moins à l'acquisition des vertus, qu'à la destruction des vices. La sagesse nous fait goûter les choses spirituelles ; l'intelligence nous ouvre et nous fait approfondir les mystères de la foi ; le don de science nous élève des créatures à la connaissance du Créateur ; le don de conseil, comme un soleil entre les autres, nous éclaire dans nos doutes ; il préside à toutes nos délibérations, et nous empêche de tomber dans les pièges que nous dresse dans nos voies l'esprit de ténèbres, qui contrefait souvent l’ange de lumière.
Que rendrons-nous à cet Esprit de grace et de charité pour de si précieux dons; pour ces armes célestes qui nous font triompher de tous les obstacles à la sainteté, et nous aident dans la pratique de toutes les vertus ? Ce qu'il
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demande de notre reconnaissance, c’est de nous en juger indignes, c'est de les conserver avec un soin respectueux, c'est surtout de nous appliquer avec ferveur à les mettre en usage dans la pratique de toutes les vertus, de peur qu'il ne
nous reproche un jour, comme à un serviteur paresseux, d'avoir enfoui les talents qu'il nous avait confiés.
PRATIQUE. — laissons dans le plus profond recueillement les jours de ja Neuvaine en l'honneur du Saint-Esprit. Demandons-lui ses sept dons. Ces dons ont été déposés dans nos âmes au jour du Baptème. Gardons-les avec soin. Augmentons-les par notre fidélité à suivre leurs attraits. En toui temps,en tout lieu,laissonsnous docilement diriger et gouverner par eux. Ils nous Lnnduiront sans danger, at milieu des épreuves de la vie, jusqu'au séjour de l'éternel repos. — Préparons-nous : la belle fête de la Pentecôte, par une bonne confession et une sainte Communion.
EXEMPLES. -- Saint Alphonse de Liguori, animé de l'Esprit de sagesse, goûtait Dieu lui-même par
une connaissance expérimentale, et jugeait d'après ce goût suprême tous les eftets créés.
__ Saint Arsène, l'iliustre préceptent des fils « l'empereur Théodose, lorsqu'il vivait encore parmi les anachorètes, avait appris à connaître un vieillard d'une naissance obscure et Sans ja moindre instruction. l'avait choisi pour conseiller. Un des frères en fut tellement étonné, qu'il lui dit: & Comment, Arsène, vous êtes au courant de toutes les sciences des Grecs et des Romains, et vous allez chercher des conseils de sagesse chez cet homme rustique 2» Le Saint répondit: « Les sciences profanes ne Mme sont pas étrangères : mais Sitchez que je ne connais pas encore l'alphabet de la science que possède ce vieillard, » 11 voulait parler de Ja science du salut, qui ne vient que du Saint-Esprit.
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du Saint-Esprit. 17
— Le PBienheureux Gérard Majella, rédemptoriste, n'était qu'un simple tailleur qui n'avait point étudié les lettres. Cependant les évêques et les prêtres qui le connaissaient, le regardaient avec raison comme un grand théaïogien. Un archiprètre assura que, dans une dissertation théologique, il entendit le saint frère exposer les mystèies de l'adorable Trinité et de l'Incarnation d'une manière si parfaite, que saint Augustin et saint Thomas n'auraient pu mieux le faire. Ce sont ses propres termes. D'où verait donc à ce simple frère cette science divine qu'il n'avait pas puisée dans nos livres? Elle lui venait du don d'intelligence qu'il possédait à un haut degré.
— Le cardinal Jacques de Vitry, parlant de la bienheureuse Marie d'Oignies,dit que cette servante de Dieu éclairée de l'Esprit de sonseil, n'agissait jamais avec précipitation, mais toujours avec soin, circonspection, délibération. En tout ce qu'il fallait faire ou laisser, elle attendait la lumière de celui qui devait la prémunir contre la pusillanimité, et la préserver de l'empressement et du caprice.
PRIÈRE DE LA NEUVAINF, page 11.
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