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(|iie si un congrès de soiivciaiiis l'eiil jurée et signée.
— Ne craignez plus ces Irclons et ces abeilles (|in vous ont gouvernés, dit alors l;i i-eiiie. Leurs niéclianls esprits vont comparaître devant le conseil souverain des fées, (pii ordonnera de leur sort. (Jiiant a leur dépouille, voyez ce (pi'elle va devenir.
Aussitôt l'on vil sortir île terre une armée eUroyalde de Jourmis noires et monstrueuses ipii ramassèrent avec empressement les cadavres des insectes morts et mourants, et (jui les emportèreni dans leurs cavernes avec des démon-
GUIBOUILLE. 125
slrations de joie et de gourmandise qui soulevaient le cœur de dégoût el d'Iiorreur.
Après avoir contemplé ce hideux spectacle, la foule se retourna vers le bûcher de Gribouille, qui n'offrait plus qu'une montagne de cendres; mais, au faîte de celte montagne, on vit s'épanouir une belle fleur que Ton nomme
souvenez-vous de moi. La reine des prés cueillii celle fleur
12'. CHinOL'ILI.E.
cl lu mil dans son sein; puis elle et son armée, [jivnanl les cendres du bûcher, s'envolèrent vers les cieux, et. en parlant, ils semaient les cendres de ce bûcher sur toute la conirée. Aussitôt poussaient des fleurs, des moissons, des arbres chargés de tVuils, mille richesses qui ré|)arèrenl au centuple les pertes occasionnées par la guerre.
Depuis ce jour-là, les habitants du pays de Gribouille vécurent fort heureux sous la protection de la reine des prés, et un temple lut élevé a la mémoire de Gribouille. Tous les
ans, à l'anniversaire de sa mort, tous les habilants de la contrée venaient avec des bou(iuets de ileurs de souvenezvous de moi chanter les chansons que Gribouille leur avait enseignées. Ce jour-là, il était ordonné, i)ar les lois du royaume, de terminer tous les ditïérends et de pardomier
un (BOUILLE. l2o
louk's les laules et toutes les injures. Cela lit du tort au\ procureurs et aux avocats qui avaient pullulé dans le pays au temps du roi Bourdon. .Mais ils prirent d'autres métiers, [tuisqu'aussi bien un temps arriva où il n'y eut plus de procès, et 011 sur toutes choses tout le monde fut d'accord.
Quant à Gribouille, devenu petite fleur bleue, son sort ne lut point regrettable. Sa marraine l'emporta dans son île, où, pour tout le reste de l'existence des fées, existence dont personne ne connaît le terme, il fut alternativement pendant cent ans petite fleur bleue, bien tranquille et bien heureuse au bord d'un ruisseau, dans la prairie enchantée, et pendant cent ans jeune et beau sylphe, dansant, chantant, riant, aimant et faisant fête à sa marraine.
.\Ol\ELLES ET SEULES VÉRITABLES