‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 15 sur 241 · RÉSERVOIRS ET SINUS EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

RÉSERVOIRS ET SINUS EN PARTICULIER

A.— Réservoirs.

1. Réservoir postérieur, occipital ou pressoir d’ Hérophile (torcular Herophili seu confluens sinuum). — Ce réservoir constitue une excavation triangulaire dont la base tournée en arriére et se trouvant au point de jonction de la faux du cerveau avec la tente et la faux du cervelet, répond à la protubérance occipitale interne.

Le confluent postérieur est pourvu de six ouvertures, à savoir, une supérieure qui s’abouche avec le sinus longitudinal supérieur; deux inférieures pour les sinus occipitaux postérieurs; deux latérales qui se continuent avec les sinus latéraux; et une antérieure pour le sinus droit ou oblique.

2. Confluent antérieur ( pétro-sphénoidal, Cruv.). — Ces confluents, au nombre de deux, un de chaque côté , se trouvent, comme nous l’avons déjà dit, entre le sommet du rocher et le sphénoide. Dans chacun de ces réservoirs ou confiuents, qui a une forme plus ou moins quadrangulaire, se déversent cinq sinus, à savoir : les sinus pétreux, supérieur et inférieur; les sinus caverneux ; le sinus circulaire ou coronaire de Ridley; et le sinus occipital transverse.

B.— Sinus.

1. Sinus longitudinal supérieur ou falciforme (sinus longitudinalis superior seu sinus falciformis superior.) — Il se trouve dans l'épaisseur du bord supérieur de la faux du cerveau, et dans la gouttière osseuse longitudinale correspondante. Il s'étend du trou borgne au pressoir d'Hérophile, en s’élargissant graduellement d'avant en arrière. Sa forme, comme celle des autres sinus, est celle d’un prisme triangulaire, et offre, dans son intérieur, des brides fibreuses trèsprononcées qui s’entrecroisent dans toutes les directions, les embou-

SINUS DE LA DURE-MERE. 11 chures des veines de la convexité du cerveau et quelquefois même, des glandules de Pacchioni.

Ce sinus déviant quelquefois de la ligne médiane, se continue directement avec un des sinus latéraux, le plus souvent, avec le droit.

Dans ce sinus, aboutissent les veines suivantes : la veine du trou borgne, les veines cérébrales externes et internes, les veines propres de la dure-mère, les veines diploiques (venæ diploeticæ), de nombreuses veines du périoste externe, et parmi lesquelles il faut noter les veines émissaires de Santorini traversant les trous pariétaux.

2. Sinus longitudinal inférieur ou falciforme inférieur (sinus

longitudinalis inferior seu falciformis inferior). — Décrit pour la première fois par Vésale : comme un sinus, il a été mis au rang des veines par M. Cruveilhier.

Considérablement plus étroit que le précédent , ce sinus s'étend le long de la moitié ou des trois quarts postérieurs du bord inférieur ou concave de la faux du cerveau , et possède une largeur plus considérable en arrière qu’en avant, où il se termine en s’effilant.

Dans son parcours, il reçoit une partie des veines de la faux, et aboutit, conjointement avec les veines de Galien, dans le sinus droit.

3. Sinus droit (sinus rectus).— Il occupe le point d’intersection de la faux du cerveau et de la tente du cervelet, et parcourt un trajet oblique, d'avant en arrière et de haut en bas, pour s’aboucher, d'une part, avec le pressoir d’Hérophile, ordinairement dans le voisinage du sinus latéral gauche, et de l’autre, avec le sinus longitudinal inférieur et les veines de Galien. Dans tout son parcours, ce sinus reçoit les veines des lobes postérieurs du cerveau et les veines de la face supérieure du cervelet.

A. Sinus circulaire ou coronaire de Ridley (sinus circularis seu coronartus Ridleyi ). — 11 environne la base de l’infundibulum et occupe le repli de la dure-mère qui couvre le corps pituitaire dans la selle turcique. La partie postérieure de ce sinus, particulièrement prononcée chez les vieillards, est plus étroite que la partie antérieure. Le sinus coronaire communique de chaque côté avec le sinus caverneux. En outre, il est le point aboutissant des petites veines de la glande pituitaire, de quelques veines de la dure-mère, et du corps du sphénoïde.

5. Sinus transverse ou basilaire (sinus transversus seu occipitalis anterior Haller’). — Comme le précédent, développé surtout chez les

personnes d'un âge avancé, ce sinus, qui est assez souvent double, a un parcours transversal du sommet du rocher, d’un côté, à celui du côté opposé. Il occupe la gouttière basilaire au niveau de jonction de la lame carrée du sphénoïde avec l’occipital. Par son intermédiaire, les sinus caverneux, pétreux supérieur et pétreux inférieur, d’un côté, communiquent avec les mêmes sinus du côté opposé. En bas, ce sinus se joint aux plexus veineux longitudinaux du canal rachidien, établissant ainsi une communication entre les sinus antérieurs de la cavité crânienne et les veines du canal vertébral. Le sinus transverse reçoit les petites veines du pont de Varole et du diploé.

1. Sinus caverneux (sinus cavernosi). — Déjà connus des anciens anatomistes, ces sinus se trouvent dans les gouttières latérales de la selle turcique. Leurs parties antérieures sont placées sous l’apophyse clynoïde antérieure, où elles présentent une dilatation qui est le point aboutissant de la veine ophthalmique (sinus ophthalmicus seu spheno-parietalis). Les parties postérieures de ces sinus se terminent dans les réservoirs pétro-sphénoïdaux. Leur intérieur offre de nombreux filaments rougeatres fibreux et vasculaires, lesquels, se croisant dans différentes directions, leur donnent l’apparence d’un tissu caverneux, d’où leur nom de sinus caverneux.

Chacun de ces sinus renferme l'artère carotide interne, entourée du plexus nerveux du grand sympathique (plexus caverneux). Mais jusqu'à présent il est encore douteux si cette artère baigne, sans aucun intermédiaire, dans le sang de ce sinus, ou si elle en est séparée par la membrane interne des veines.

A la partie externe de cette artère, et dans le sinus par conséquent, se trouve le nerf moteur oculaire externe anastomosé avec le nerf sympathique. Mais dans l'épaisseur de la paroi externe de chacun de ces sinus, sont logés les nerfs moteur oculaire commun, pathétique, et la branche ophthalmique de Willis.

Ces sinus reçoivent les veines de la dure-mère et celles de la face inférieure des lobes antérieurs du cerveau, et communiquent entre eux par le sinus coronaire de Ridley.

2. Sinus pétreux supérieurs (sinus petrost superiores). — Gonnus du temps de Fallope, ces sinus très-étroits sont logés de chaque côté, entre la bifurcation de la tente du cervelet et dans la petite gouttière du bord supérieur du rocher. En avant, ils communiquent avec les réservoirs pétro-sphénoïdaux ; en arrière, avec les sinus latéraux par l'intermédiaire desquels ils se déversent dans les golfes des veines jugulaires internes. Pendant leur trajet, ils reçoivent quelques veines de

la protubérance annulaire, une des veines latérales du cervelet, et plusieurs veines de la dure-mère.

3. Sinus pétreux inférieurs (sinus petrosi inferiores.) — Plus courts mais plus larges que les précédents, ces sinus occupent les gouttières au fond de chacune desquelles se trouve la suture occipitopétrée. En avant, chaque sinus communique avec le réservoir pétrosphénoidal; en arrière, il s’ouvre dans la partie inférieure du sinus latéral, et souvent même dans la dilatation, ou golfe de la veine jugulaire interne, et recoit la veine émissaire qui passe par le trou déchiré antérieur.

h. Sinus latéraux (sinus laterales). — D'une capacité supérieure à tous les sinus de la dure-mère, et, comme eux, prismatique et triangulaire, ces canaux veineux vont en s’élargissant d’arriére en avant. Le sinus latéral droit est en général d’une plus grande dimension que le sinus latéral gauche.

A partir du pressoir d'Hérophile, chacun de ces sinus se dirige horizontalement en dehors, et un peu en avant, dans l'épaisseur de la moitié postérieure de la tente du cervelet, et répond, par conséquent, aux gouttières latérales. Au niveau de la base du rocher, ce sinus change de direction, pour se porter en bas. Ensuite sinclinant en dedans et en avant, et remontant légèrement vers le trou déchiré postérieur, il s’abouche avec le golfe de la veine jugulaire interne. Les sinus latéraux reçoivent les sinus pétreux supérieurs, et quelquefois les inférieurs, les sinus occipitaux postérieurs, et la veine mastoïdienne de chaque côté, laquelle établit dans cet endroit une communication entre les veines extra-crâniennes et les principaux sinus de la dure-mère.

Cette disposition anatomique nous explique pourquoi, depuis les temps les plus reculés, on applique des sangsues à ces endroits (c'est-à-dire derrière les oreilles), pour combattre les inflammations cérébrales. De cette manière, en effet, on dégorge les grands vaisseaux qui aboutissent aux sinus.

5. Sinus occipitaux postérieurs (sinus occipitales posteriores). — Ces sinus, mentionnés pour la première fois par Duverney, commencent au niveau des trous déchirés postérieurs, et longeant de chaque côté le bord postérieur de la faux du cervelet, ils s’ouvrent au moyen de deux trous dans le pressoir d’Hérophile. L’extrémité inférieure de chacun de ces sinus se confond en partie avec le plexus veineux qui entoure le trou occipital, et, de cette manière, ces sinus communiquent avec les plexus veineux longitudinaux postérieurs du canal rachidien.

Aux sinus occipitaux postérieurs aboutissent quelques veines de la dure-mère, des veines des os du crâne, et des veines des vertèbres supérieures.

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