‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 178 sur 241 · MUSCLES DROITS · texte numérisé non relu

MUSCLES DROITS

(Musculi recti.)

Les quatre muscles droits répondent aux quatre parois de la cavité orbitaire et sont distingués, comme elles, en supérieur, inférieur, externe et interne, ou, par les noms qui rappellent leurs fonctions, en élévateur, abaisseur, abducteur et adducteur. Ges muscles s’étendent du sommet vers la base de l'orbite en formant une pyramide musculaire analogue, pour la forme, à celle que présente la cavité osseuse à laquelle elle est concentrique. La base de cette pyramide embrasse le globe de l'œil et forme sur sa face antérieure, à 4 millimètres à peu près de la cornée transparente, une expansion aponévrotique, décrite comme une tunique propre sous le nom de tunzque albuginée.

D’après les recherches minutieuses et intéressantes de M. Sappey, il résulterait que l'intervalle compris entre les insertions de ces muscles et la cornée, diminue de haut en bas et de dehors en dedans ; de manière que ces muscles s’insèrent sur la sclérotique en décrivant une ligne spirale qui, à son origine, est éloignée de la cornée, et à sa terminaison, en est rapprochée.

Cette diminution progressive dans la distance de la cornée peut s'exprimer en nombres ronds par 8, 7, 6, 5; c’est-à-dire que le tendon du muscle droit supérieur est éloigné de 8, 5 millimètres de la circonférence de la cornée; le tendon du muscle droit externe de 7, 2 millim.; le tendon du muscle droit inférieur de 6, 7 millim.; et le tendon du muscle droit interne de 5, 5 millim. Ainsi le muscle droit supérieur est le plus éloigné de la cornée transparente, et le muscle droit interne en est le plus rapproché.

Le sommet de la pyramide offre deux ouvertures : l’une interne, pour le passage du nerf optique et de l'artère ophthalmique ; l’autre externe, que traversent plusieurs des nerfs de l'orbite, savoir : le moteur ocu-

DES MUSCLES DROITS. M15 laire commun, le moteur oculaire externe et la branche nasale de Yophthalmique.

Le muscle droit externe s’insère entièrement à l'anneau externe (anneau de Zinn); le muscle droit interne s’insère entièrement à l'anneau interne; les muscles droits supérieur et inférieur s’insèrent dans leur partie externe à l’anneau externe, et dans leur partie interne, à l’anneau interne.

Tous les muscles droits sont plus ou moins triangulaires ; ils sont tous aplatis, le supérieur et l'inférieur de haut en bas, l’externe et l’interne de dehors en dedans ; on leur considère deux faces, l’une orbitaire, l’autre oculaire. La face orbitaire répond au périoste, auquel elle adhère par un tissu cellulaire graisseux ; la face oculaire regarde, en arrière le nerf optique, et en avant le globe de l'œil ; l'intervalle qui la sépare du nerf optique est rempli par une grande quantité de graisse, dans laquelle on trouve les divisions des vaisseaux ophthalmiques, la branche nasale de l’ophthalmique de Willis, le ganglion ophthalmique, les nerfs ciliaires et le nerf du petit oblique. On remarque encore à la face oculaire des muscles droits supérieur, inférieur et interne, les rameaux du nerf moteur oculaire commun, et a la face oculaire du droit externe, le nerf moteur oculaire externe.

L’aponévrose orbito-oculaire fournit une gaine à la moitié antérieure de chacun des muscles droits ; elle enveloppe aussi les expansions aponévrotiques, par lesquelles ils s’insérent à la base de l'orbite.

Malgré les caractères de similitude que nous venons de signaler, les muscles droits offrent chacun des dispositions et des fonctions spéciales; aussi doivent-ils être examinés successivement à part.

Muscle droit supérieur, ou élévateur de l'œil. — Placé sous le releveur de la paupière supérieure, qu'il déborde un peu en dehors, le droit supérieur s'attache en arrière, d’une part, sur la gaine fibreuse du nerf optique, d’une autre part, sur un anneau aponévrotique (anneau de Zinn) qui prend lui-même ses insertions, au moyen d’une expansion aponévrotique (tendon de Zinn), à la partie antérieure de la gouttière caverneuse. Du sommet de l'orbite, ce muscle, le plus long et le moins épais des muscles droits, se dirige presque horizontalement en avant et se divise en deux portions : l’une, oculaire, qui se réfléchit sur le globe de l'œil et s’insère sur la sclérotique, un peu en arrière et au-dessus de la cornée ; l’autre, orbito-palpébrale, qui offre la disposition suivante.

Gette portion orbito-palpébrale se subdivise en trois faisceaux, dont. Yun se fixe à la base de l'orbite, au niveau de la suture fronto-

malaire, au-dessous du faisceau orbitaire externe de l’élévateur de la paupière ; dont l’autre s attache sur le tendon du grand oblique aussitôt qu'il a traversé la trochlée ; dont le troisième, enfin, se confond avec le tendon du releveur de la paupière.

La face supérieure du droit supérieur est recouverte par le releveur de la paupière, et adhère tout à fait en arrière aux nerfs pathétique et frontal; sa face inférieure correspond, comme celle de tous les muscles droits, au nerf optique, au paquet graisseux du fond de l'orbite et au globe de l'œil, en arrière elle est croisée par la branche nasale de l’ophthalmique ; enfin, une des branches du moteur qculaire commun s’épanouit sur cette face, envoie des filets le long de son bord interne et se perd dans le droit supérieur et dans l’élévateur de la paupière supérieure.

Droit inférieur, ou abaisseur de l'œil. — Ge muscle, couché sur le plancher de l'orbite, dont il n’est séparé que par du tissu graisseux, s'insère en arrière sur l'anneau de Zinn et sur la gaine fibreuse du nerf optique, entre le droit interne et le droit externe; en avant, il offre une disposition analogue à celle du droit supérieur. Il se divise comme lui, en deux faisceaux, dont l’un, oculaire, s’attache à la sclérotique un peu en arrière et au-dessous de la cornée transparente ; dont l’autre, orbitaire, se perd en partie dans la paupière inférieure et va se fixer, d'autre part, sur le plancher de l'orbite, à côté du petit oblique, c’est-à-dire un peu en dehors de la gouttière lacrymale.

Sa face inférieure répond au plancher de l'orbite, dont elle est séparée par de la graisse; en avant, elle est recouverte par la conjonctive. Quant aux rapports spéciaux de sa face supérieure ou oculaire, elle reçoit des ramifications du nerf moteur oculaire commun, et son bord externe est longé par le rameau du petit oblique.

Droit interne, ou adducteur de l'œil. — Le plus court des muscles droits, le droit interne, longe la face interne de l'orbite et s'attache, en arrière, à la partie interne de la gaine fibreuse du nerf optique, en confondant son insertion avec celle du droit supérieur. Du sommet de l'orbite, il gagne le globe de l'œil et se divise en deux faisceaux, dont l’un s’attache sur la sclérotique, un peu en arrière et en dedans de la cornée transparente, tandis que l’autre s’insère à la crête de l'os unguis.

Sa face interne répond à la face interne de l'orbite; sa face externe ou oculaire offre les mêmes rapports que la face oculaire de tous les muscles droits et reçoit un rameau du moteur oculaire commun ; son bord supérieur est croisé par le nerf nasal de l'ophthalmique.

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