‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 180 sur 241 · MUSCLES OBLIQUES · texte numérisé non relu

MUSCLES OBLIQUES

(Museuli obliqui.)

Ils sont au nombre de deux : l’un supérieur, ou grand oblique, et l’autre inférieur, ou petit oblique.

4° Oblique supérieur de l'œil, ou grand oblique (muscle trochiéaire). — Le plus long des muscles de l'œil, mais le moins épais et le moins large, le grand oblique est situé à la partie supérieure et interne de la cavité orbitaire, au-dessous du releveur de la paupière,

DES MUSCLES OBLIQUES. hig entre le droit supérieur et le droit interne. Il s’attache, en arrière, sur la gaîne fibreuse du nerf optique, en confondant un peu son insertion avec celle du releveur de la paupiére ; puis ilse porte horizontalement en avant, dans l’angle interne et supérieur de l'orbite, jusqu'à une petite poulie dans laquelle il sengage et au dela de laquelle il se réfléchit à angle aigu, de haut en bas, d’avant en arrière et de dedans en dehors, pour aller s’insérer sur la sclérotique, derrière le droit supérieur et au niveau du diamètre transversal du globe oculaire.

La poulie dont nous venons de parler est formée par un cartilage représentant à peu près les quatre cinquièmes d’un anneau, et retenu par des fibres ligamenteuses aux rugosités d’une fossette située vers la partie antérieure et interne de la voûte de l'orbite. Le grand oblique, dont les fibres charnues deviennent tendineuses un peu avant de traverser la poulie, glisse dans celle-ci au moyen d’une synoviale qui se prolonge en deca et au delà, et revêt le cartilage et le tendon.

Dans sa portion horizontale, le grand oblique est placé, comme nous lavons dit en commençant, au-dessous du releveur de la paupière, entre le droit interne et le droit supérieur; dans sa portion réfléchie, il est en rapport avec la face supérieure et postérieure du globe de l wil et avec la face inférieure du droit supérieur. Il reçoit à lui seul tout un nerf, le pathétique, qui le pénètre par son côté extérieur, contrairement aux muscles droits, dont les nerfs se ramifient à leur face intérieure. ;

2° Oblique inférieur, ou petit oblique. — Le petit oblique, ainsi noinmé à cause de sa direction et de son peu de longueur, puisqu'il est le plus court des muscles de l'œil, est situé à la partie inférieure et antérieure de la cavité orbitaire, et ne s'étend pas, comme les autres muscles, du sommet vers la base de l'orbite, mais entoure le globe oculaire dans les deux tiers externes. Un peu plus large et moins arrondi que le grand oblique, il s'attache, d’une part à la partie interne et antérieure de la surface orbitaire de los maxillaire supérieur, un peu en dehors de la gouttière lacrymale, et quelquefois même sur le sac. De là, il se dirige en arrière et en dehors, en passant entre le globe oculaire et le muscle droit inférieur, se recourbe en haut et se place entre le muscle droit externe et le globe de l'œil, à la partie postérieure duquel il s'insère par une large aponévrose, au niveau du bord externe du muscle droit supériear et en arrière du grand oblique, avec le tendon duquel il se confond presque toujours.

Le petit oblique recoit un des plus gros rameaux du nerf moteur oculaire commun.

Action des muscles obliques. — Sous l'influence du muscle grand oblique, le globe de l’æil exécute un mouvement de rotation de dehors en dedans ; son hémisphère postérieur se dirige en même temps un peu en haut; son hémisphère antérieur et partant, la pupille, est tourné en bas et en dehors. Suivant M. Cruveilhier, l'œil éprouverait autour de son axe antéro-postérieur un mouvement de rotation de dehors en dedans; M. Gerdy nie la possibilité de ce mouvement : d’après lui, l’action de chacun des deux obliques se borne à tirer l'œil en avant.

Le petit oblique, en se contractant, tire le globe de l'œil en avant et entraîne l'hémisphère postérieur en haut et en dehors, de sorte que la pupille regarde en haut et en dedans. D’après M. Cruveilhier, il fait tourner l’œil autour de son axe antéro-postérieur, dans un sens opposé à celui du grand oblique.

Les deux obliques, lorsqu'ils se contractent à la fois, portent le globe de l’œil en avant, et sur le cadavre ils le tendent s’il est flasque ; ces deux muscles sont donc antagonistes des muscles droits qui attirent l'œil en arrière. On conçoit alors que, dans une contraction simultanée des droits et des obliques, les uns tirant en sens inverse des autres, ils parviennent à allonger le diamètre antéro-postérieur du globe de l ceil, allongement qu’on attribue déjà à la seule action simultanée des muscles droits.

Du reste, les muscles droits, comme les obliques, abstraction faite de leurs mouvements propres, prennent une part dans l’action des mouvements de rotation.

APONEVROSE ORBITO-OCULAIRE.

L’aponévrose orbito-oculaire, découverte par Ténon et décrite par M. le docteur Hélie, est une membrane fibreuse qui naît du pourtour de la base de l’orbite, en se continuant avec le périoste de cette cavité. Adossée d’abord à la conjonctive palpébrale, elle se replie sur la conjonctive oculaire, qu’elle abandonne à quelques millimètres en arrière de la cornée, pour embrasser la moitié postérieure du globe de l'œil et lui former une espèce de coque (capsula Tenonis) qui se prolonge en arrière et se termine sur le nerf optique. Un tissu cellulaire lamelleux et trés-lache unit l’aponévrose à la conjonctive et au globe de Veil et permet l'exécution facile des divers mouvements.

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