CARTILAGES DU NEZ
On en compte cinq principaux, qui sont distingués en pairs et en impairs. Les premiers, au nombre de quatre, occupent les parties latérales : ce sont les deux cartilages latéraux proprement dits, et les deux cartilages des ailes du nez ou des narines; le dernier est situé sur la ligne médiane et s'appelle cartilage médian, ou de la cloison (septum cartilagineum) .
Il existe encore des noyaux cartilagineux pairs, en nombre inddterminé, développés entre les cartilages précédents,.et parmi lesquels on en a décrit plus spécialement trois de chaque côté, sous le nom de
CARTILAGES DU NEZ. 519 cartilages carrés. Enfin, Huschke fait mention de deux lamelles cartilagineuses (cartilages vomériens), entre lesquelles vient se placer le bord inférieur du cartilage médian.
De cette manière, le nombre des cartilages du nez, porté à onze par Santorini, s’élèverait jusqu'à treize, dont douze pairs, indépendamment des cartilages sésamoides proprement dits.
1° Cartilages latéraux proprement dits. — Irréguliérement triangulaires, aplatis de dehors en dedans, ils sont situés au-dessous des os propres du nez et au-dessus des cartilages des narines, à la branche externe desquels ils adhèrent par un tissu fibreux dense et serré. Leur bord supérieur s'enfonce sous le bord inférieur de l'os propre du nez et de la partie voisine de l’apophyse montante, et s’y attache par du tissu fibreux ; leur bord interne, uni à celui du côté opposé dont il est à peine séparé par un sillon superficiel, se continue avec le bord supérieur du cartilage de la cloison. Leur face externe est couverte par les muscles triangulaire et pyramidal; leur face interne est tapisséce par la membrane pituitaire. '
2° Cartilages des ailes du nez où des narines.— Situés au-dessous des précédents, ces cartilages appartiennent spécialement aux ouver= tures des narines, qu'ils maintiennent continuellement béantes. Ils sont recourbés sur eux-mêmes, de manière à représenter de chaque côté une ellipse coupée en arrière ou deux branches coudées à angle arrondi tourné en avant. Des deux branches, l’une est externe et l’autre est interne.
La première (branche pinnale), tres-mince, se dirige un peu en haut et en arrière au-dessus de l'aile du nez, dont son bord inférieur forme le sillon, et se termine par une extrémité arrondie dans le tissu fibreux qui la réunit au cartilage précédent. Elle est recouverte en dehors, où elle est. convexe, par le muscle triangulaire et par la peau ; en dedans, où elle est concave, par la muqueuse pituitaire.
La seconde, horizontale, plus étroite que la précédente qu’elle déborde inférieurement, revêtue en dehors par la pituitaire, est contiguë en dedans à la cloison, supérieurement, et à la branche du côté Opposé, inférieurement. Elle adhère à cette dernière par un tissu cellulaire lâche, dans lequel se prolonge habituellement l'artère de la souscloison, Large en avant, la branche interne se termine en arrière par une extrémité étroite, mince et recourbée en dehors, fixée par du tissu cellulaire à l’épine nasale antérieure et inférieure. La contiguité de son bord inférieur à celui du côté opposé constitue la sous-cloison, recouverte par la peau. La contiguité des angles des deux cartilages
des narines constitue en avant une saillie plus ou moins prononcée, qui détermine la forme du lobe du nez et qui offre dans son milieu une rainure appréciable sous la peau, par le toucher.
3° Cartilage de la cloison. —Il est situé à la partie antérieure et inférieure de la paroi interne des fosses nasales, dans l’échancrure triangulaire interceptée par la lame perpendiculaire de l’ethmoïde et le vomer. Il est aplati transversalement et à peu près triangulaire ; le plus ordinairement vertical il est souvent aussi plus ou moins dévié à droite ou à gauche, et surtout dans ce dernier sens. Ses deux faces, revêtues par la membrane pituitaire, servent à constituer les parois internes des fosses nasales. Son bord supérieur et postérieur, épais, rugueux, incliné en arrière et en bas, s'articule par continuité de tissu avec le bord inférieur de la lame perpendiculaire de l’ethmoide. Son bord inférieur répond en avant aux branches internes des cartilages des narines, auxquelles il adhère par un tissu cellulaire lâche ; en arrière, il repose sur le tissu cellulaire qui unit les deux cartilages vomeriens et sur le bord antérieur du vomer, entre les deux lames duquel il envoie chez les jeunes sujets un prolongement (prolongement caudal) qui va se fixer au rostrum du sphénoïde. Les deux faces latérales de ce prolongement sont longées de chaque côté par le nerf naso-palatin interne.
Son bord antérieur, continu en haut avec les cartilages latéraux qui lui forment des espèces d'ailes, est contigu inférieurement aux branches internes des cartilages des narines, et se termine en formant avec le bord inférieur un angle obtus.
he Cartilages vomériens. — Huschke décrit sous ce nom deux petites lamelles cartilagineuses, longues de 15 millimètres à peu près, dirigées horizontalement en arrière depuis l’épine nasale antérieure et inférieure jusqu'à l'extrémité antérieure du vomer. Ces cartilages, réunis par un tissu cellulaire lâche, laissent entre eux un sillon dans lequel vient se placer le bord inférieur du cartilage de la cloison et le bord inférieur du vomer. Dans quelques cas, ils se joignent en arrière à deux autres bandelettes cartilagineuses qui leur sont parallèles, et avec lesquelles ils forment de chaque côté, sur la paroi inférieure des fosses nasales, un sillon longitudinal.
5° Cartilages carrés. — Ge sont de petits disques, au nombre de trois de chaque côté, situés sur la face externe de l’aile du nez, et unis en arrière à l’extrémité postérieure de la branche externe du cartilage des narines.
Il existe encore des noyaux cartilagineux (cartilages sésamoides),
MEMBRANE FIBREUSE DU NEZ. 521 en nombre indéterminé, placés dans la membrane fibreuse qui s’étend entre les cartilages latéraux et les cartilages des narines.
Structure. — Les cartilages du nez appartiennent aux cartilages véritables, et se rapprochent, relativement à leur structure, des cartilages du larynx, Ils en diffèrent cependant en ce que le contenu des cellules cartilagineuses du nez est pâle, est dépourvu de graisse ; les parois de ces cellules sont au contraire épaisses, et leur substance fondamentale est finement granuleuse. Nous trouvons également sous le périchondre de ces cartilages une couche de cellules aplaties, laquelle a sur la cloison du nez une épaisseur de 5 millimètres; et, au contraire, dans Ja profondeur des cartilages, ces cellules sont arrondies, plus grandes et disposées par groupes, suivant leur épaisseur.
Usages des cartilages. — Les cartilages du nez donnent par leur élasticité, à la partie la plus saillante de cet organe, le degré de souplesse et de mobilité dont elle jouit. C’est de cette manière qu ils préviennent les ruptures auxquelles elle aurait été infailliblement exposée, si le nez possédait dans toute son étendue la structure osseuse. Les cartilages des narines sont aussi destinés à maintenir ces ouvertures béantes.
Toutes ces pièces que nous venons de décrire rappellent d’ailleurs parfaitement la forme des parties osseuses. Le cartilage latéral proprement dit, la branche externe du cartilage de la narine, et la membrane fibreuse intermédiaire prolongent les os propres du nez, Le cartilage de la cloison fait suite à la lame perpendiculaire de l’ethmoide; son bord inférieur, comme celui de cette dernière, est reçu entre les deux lames du vomer, et plus en avant entre les cartilages vomériens et les branches internes des cartilages des narines; le mode d'union de son bord supérieur avec les cartilages latéraux explique la solidité que présente encore a cet endroit le bord antérieur du nez, et ressemble exactement au mode d’union de la lame perpendiculaire avec les os propres du nez.