‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 26 sur 241 · LYMPHATIQUES DE LA PIE-MÈRE · texte numérisé non relu

LYMPHATIQUES DE LA PIE-MÈRE

Niés par Haller et d’autres anatomistes, ces vaisseaux ont été décrits avec soin par Mascagni, Fohmann et Arnold.

Mascagni affirme que les lymphatiques qui se trouvent à la convexité du cerveau, se dirigent vers le sinus longitudinal supérieur, pour se perdre dans la dure-mère. Il a vu en outre des lymphatiques autour des artères vertébrale et carotide interne.

D’après Fohmann et Arnold, il existerait à la surface externe de la

pie-mère un réseau lymphatique, lequel pénétrerait conjointement avec cette membrane dans les anfractuosités du cerveau. C’est de ce réseau que naissent de petits troncs qui se dirigent avec les vaisseaux sanguins jusqu'à la base du cerveau, où ils s'ouvrent dans les veines satellites des artères.

Cependant, M. Sappey, se fondant sur de nouvelles recherches, soutient que le réseau lymphatique représenté dans les planches de Fohmann et d’Arnold, n’est certainement autre chose qu'un épanchement du mercure dans les mailles du tissu cellulaire sous-arachnoïdien.

C'est Lancisi qui a pour la première fois mentionné les nerfs de la pie-mère, et qu’il fait venir du nerf facial, ce qui contredit cependant les recherches les plus minutieuses. Des investigations les plus modernes on peut conclure que les nerfs de la pie-mère proviennent des plexus nerveux sympathiques qui entourent les artères, fait que, en me fondant sur les recherches qui me sont communes avec M. Bourgery, j'ai déjà eu l’occasion de faire connaître dans un mémoire communiqué à l'Académie des sciences de Paris, et dans lequel j'ai désigné ces nerfs sous le nom de nerv? nervorum.

GRANULATIONS MÉNINGIENNES OU GLANDULES DE PACCHIONI. (Corpuscula s, glandulæ Pacchioni.)

Les glandules ou corpuscules de Pacchioni, très-peu considérables chez le fœtus se développent avec l’âge et sont plus nombreuses chez les vieillards. C’est précisément cette disposition qui les a fait admettre par Meckel, Portal et Blandin, comme un état pathologique. Elles se trouvent en plus grand nombre le long des sinus, et surtout du sinus longitudinal supérieur, autour de l'embouchure des veines cérébrales, et dans la partie supérieure et interne des hémisphères du cerveau, dans quelques autres points des régions supérieure et inférieure de cet organe, et sur l'extrémité antérieure et supérieure du cervelet. Ces granulations ont la forme de grains de millet, et se trouvent principalement dans le tissu cellulaire sous-arachnoidien ; il arrive même très-souvent qu'elles soulèvent l’arachnoide et la duremère, et se creusent de petites excavations dans la voûte crânienne, et principalement le long de la gouttière longitudinale supérieure des os pariétaux, quoiqu’on rencontre également ces excavations dans les os frontal, occipital, et même dans la portion pierreuse des os temporaux.

Les anciens, qui connaissaient ces excavations osseuses, les ont con-

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PIE-MÈRE RACHIDIENNE. 37

sidérées comme des signes de la carie des os; mais à présent, on en a une idée plus nette ; elles sont seulement le résultat de la présence, à cet endroit, de ces petits amas glandulaires, qui produisent à la longue ces excavations, de la même manière que des gouttes d’eau tombant d’une certaine hauteur et pendant un certain temps, finissent par creuser la pierre. Il arrive même quelquefois que ces granulations perforent complétement les os et font saillie à l’extérieur sous le cuir chevelu ; ce sont ces petites tumeurs qu’il ne faut pas être tenté d'enlever, et qu’on peut d’ailleurs distinguer des autres par leur position antéro-postérieure, de chaque côté de la ligne médiane du crâne.

STRUCTURE

Jusque dans ces derniers temps on n'avait pas encore eu une idée nette de la structure de ces corpuscules. Pacchioni, le premier, les a considérés comme des glandules, d’où leur nom. Ruysch, ayant surtout égard à leur couleur et à leur siége dans le tissu cellulaire, les considérait comme des globules de graisse. Les recherches microscopiques nous montrent que chaque granulation simple ou lobée est formée à la périphérie d’une couche de tissu lamineux à fibres entrecroisées en tout sens et au centre de petits îlots composés surtout de phosphate de chaux, un peu de carbonate et des traces de silice. Le tout mélangé de granulations graisseuses renfermant quelquefois de petits vaisseaux sanguins. Ces granulations offrent un court pédicule simple ou multiple formé de fibres et de tissu lamineux assez dense. L'opinion la plus généralement adoptée à présent est que ces granulations proviennent à la suite des changements que provoque la vieillesse, et appartiennent aux signes de sénilité.

PIE-MÈRE RACHIDIENNE.

(Pia mater spinalis.) Voyez planches IX et X.

Préparation. — Afin de voir la surface extérieure de la pie-mère spinale, il suffit d'inciser l’arachnoïde et d’en renverser les lambeaux de chaque côté. D'ailleurs cette face externe de la pie-mère est facile à reconnaître à son réseau vasculaire veineux qui, même sans injection, est assez visible. Mais pour bien étudier la surface intérieure de la pie-mère, on peut avoir recours à plusieurs procédés :

1° Isolez complétement la moelle du canal rachidien et de ses deux enveloppes extérieures; divisez la pie-mère circulairement, au niveau du bulbe rachidien ; repliez-la de haut en bas; tirez-la dans le même sens, de manière

à Visoler de la moelle, comme on dépouille une anguille ; il vous restera alors, d’une part, une espèce de gaine ou de boyau qui offre sur les côtés toutes les racines des nerfs rachidiens et les ligaments dentelés, et sur la partie inférieure le ligament caudal ou coccygien, et, d’autre part, le corps de la moelle, dépouillé de toutes ces parties, mais laissant voir ses sillons. C’est alors, afin de débarrasser la surface intérieure de la pie-mére de tous les débris de la moelle, qu il faut avoir recours au procédé de Keuffel, lequel consiste à immerger la pie-mère ainsi préparée dans une solution faible de potasse, et ensuite dans l’eau claire qu’on renouvelle au fur et à mesure qu’elle se trouble. De cette manière, les dernières particules qui s’y accolent finissent par disparaitre, entraînées par le liquide, et la pie-mère est mise à nu. Alors aussi on peut, par Vinsufflation, rendre à cette membrane sa forme primitive. Ce mode de préparation ne peut s'appliquer cependant qu'à une moelle trés-fraiche : telle est celle des suppliciés, des individus frappés de mort subite, ou des enfants nouveau-nés, peu de temps après leur mort.

2° Un autre mode de préparation d'autant plus pratique qu'il peut s’appliquer à toutes les moelles, et même de préférence à celles qui sont déjà envahies par la putréfaction, est le suivant :

On pratique à la partie supérieure de la moelle une ouverture; ensuite, par des pressions lentes et graduelles exercées sur la pie-mère de bas en haut, au moyen du manche du scapel, on refoule la substance corrompue de la moelle, et après avoir vidé ainsi complétement la pie-mère, on la soumet au procédé de Keuffel, décrit plus haut.

3° En exposant un segment de la moelle entourée de la pie-mére à l’action de l’acide chromique, qui a la propriété de durcir la moelle ainsi que la piemère, on peut aisément voir que cette membrane divise la moelle, par ses prolongements intérieurs, à la manière d’un citron coupé horizontalement.

La partie médullaire de la pie-mère est la continuation de la partie cérébrale de cette membrane, quoiqu’elle en diffère en ce que | élément fibreux est beaucoup plus considérable dans celle-ci que dans la pie-mère cérébrale. En effet, la pie-mére rachidienne porte le caractere évident des membranes fibro-vasculaires.

Ala partie inférieure, cette membrane est plus épaisse qu'à la partie supérieure, où elle devient graduellement plus mince pour se confondre avec la pie-mére cranienne. La pie-mère rachidienne, qui se trouve en dedans de l’arachnoïde, entoure immédiatement la moelle et se prolonge sur les racines des nerfs rachidiens, en formant de cette manière leurs névrilèmes. Elle n’est pas éloignée de la moelle comme les autres méninges, mais, au contraire, s’y applique en exerçant sur sa substance une certaine pression, comme on peut sen convaincre quand la pie-mère a été occupée ou lésée, car la substance de la moelle se dégage alors immédiatement de cette ouverture, en formant une sorte de hernie.

Ligament caudal. — La pie-mère rachidienne se termine dans la

PIE-MÈRE RACHIDIENNE, 39 région lombaire, en revêtant la forme d’un cordon mince ayant l’aspect d’un infundibulum à base tournée en haut. Ge cordon, désigné sous le nom de Ligament caudal ou coccygien, parcourt, accompagné d’une petite veine, les régions lombaire et sacrée, au milieu de la queue de cheval, et se termine ordinairement à la base du coccyx, à laquelle il sinsére. Il arrive cependant quelquefois que ce petit cordon n’a pas un trajet si étendu, et se confond déjà avec la pie-mère dans la région sacrée, Les anciens anatomistes ont considéré ce cordon comme un nerf impair; cependant il suffit d'observer attentivement que sa surface est nacrée et changeante, et qu’il constitue seulement le prolongement de la pie-mère, dont il présente la texture, pour se convaincre que leur opinion est évidemment erronée, Ce ligament caudal où cordon infundibuliforme, creusé dans sa partie supérieure, renferme cependant une substance grise et quelques minces fibres nerveuses,

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