GLANDE OU CORPS PITUITAIRE
(Glandula pituitaria s. hypophis cerebri.)
C’est un petit corps arrondi (voy. pl. 17, fig. A et 5), allongé transversalement, situé dans la selle turcique, et en communication en haut, par l’infundibulum, avec le tuber cinereum et le ventricule moyen. La glande pituitaire est enveloppée presque entièrement par la dure-mère, et longée par les sinus coronaire et caverneux.
Elle est formée de deux lobes séparés par une cloison membraniforme, dont l’un est antérieur, et l’autre, postérieur. L’antérieur, plus considérable et réniforme, est concave en arrière et convexe en avant. Le postérieur, logé dans l’échancrure du lobe précédent, est plus mou, plus arrondi, et de moitié plus petit.
Deux substances, l’externe, d’un gris foncé, et interne, d’un jaune blanchatre, constituent le lobe antérieur. Une seule substance, d’une teinte uniforme, plus ou moins grise et analogue à celle qui revêt les circonvolutions, forme le lobe postérieur. Un grand nombre de vaisseaux capillaires pénètrent les deux lobes du corps pituitaire, qui est creusé d’une cavité en communication avec le ventricule moyen.
Structure. — La glande pituitaire est une glande sanguine. Son lobe antérieur se compose de tissu conjonctif et vasculaire dont les mailles proviennent de l’entrecroisement des fibres entre elles, et renferment dans leur intérieur des cellules à noyaux d’une composition grenue, entre lesquelles se trouvent des cellules embryonnaires, ou, comme cela se voit chez les vieillards, des globules gélatineux. Le lobe postérieur, également vasculaire, renferme une substance grenue, délicate; des nucléoles et des fibres renflées qui proviennent de Vinfundibulum, d'où la ressemblance de ces lobules avec la substance grise.
Usage. — La fonction de la glande pituitaire est inconnue, et forme un sujet de controverse parmi les anatomistes. Ainsi, quelques-uns considèrent cet organe comme un ganglion lymphatique ; d'autres le rangent parmi les ganglions nerveux, et le regardent comme un des ganglions du grand sympathique. J’adopte d'autant plus cette dernière opinion que j'ai toujours vu dans mes dissections un grand nombre de filets nerveux se rendre des ganglions cervicaux supérieurs à cet organe. M. Bourgery, dont l'opinion lui a été suggérée par mes préparations, regarde la glande pituitaire comme l’origine cranienne du grand sympathique.