‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 68 sur 241 · VOUTE A TROIS PILIERS · texte numérisé non relu

VOUTE A TROIS PILIERS

(Fornix tricuspidalis s. trigon cerebrale.)

C’est une lame blanche, aplatie de haut en bas, située sur la ligne médiane, dont la forme est celle d'un triangle à base tournée en arrière, laquelle se bifurque en deux cordons médullaires divergents et aplatis, à sommet dirigé en avant, et simple en apparence. Appuyée sur les couches optiques, et couvrant médiatement le ventricule moyen, elle répond en haut au corps calleux qui lui est superposé en arrière et dont elle est séparée en avant par le septum lucidum.

On lui distingue une face supérieure, ‘une face inférieure, deux bords latéraux, une base et les piliers postérieurs, un sommet ou pilier antérieur.

La face supérieure, légèrement convexe, répond, en avant, et sur la ligne médiane, au bord inférieur de la cloison transparente et, en arrière, au corps calleux auquel elle adhère d’une manière intime, le reste de cette face est libre et concourt à former la paroi inférieure de l’étage supérieur des ventricules latéraux.

La face inférieure, concave, repose sur la toile choroïdienne, la glande pinéale, et recouvre médiatement le troisième ventricule et le tiers interne des faces supérieures des couches optiques. Gette face constitue en arrière (pl. 20, fig. 2) un espace triangulaire, excavé, dont les côtés sont circonscrits par les prolongements postérieurs de la voûte et la base par le bourrelet. Cet espace est formé par trois ordres de fibres : les unes transversales et onduleuses, les autres antéro-postérieures, les dernières obliques et convergentes en avant. La forme triangulaire de cet espace et la disposition variée des fibres, l'ont fait comparer à un instrument de musique dont quelques-unes des fibres seraient des cordes ; de là, la dénomination de lyre (psalte= rium ou corpus psalloides) qui a été donnée à cet espace. Il est re-

couvert d’une membrane mince et blanchâtre, qui dérobe à la vue les fibres transverses du corps calleux.

Les bords latéraux de lavoûte sont un peu concaves, minces, libres et longés par les plexus choroïdes qui les recouvrent souvent.

La base confondue supérieurement avec le bourrelet du corps calleux, est contiguë inférieurement aux tubercules nates et à la glande pinéale, dont la sépare la toile choroïdienne. Chacun des angles latéraux postérieurs ou piliers postérieurs se prolonge (voy. fig. 3) obliquement en dehors et en bas, dans la portion réfléchie des ventricules latéraux, en contournant l'extrémité postérieure de la couche optique correspondante, et se divise en deux portions ; lune se confond avec le grand pied d’hippocampe ou corne d’Ammon ; l’autre sous la forme d’une bandelette mince, revêt le bord concave de cette

corne, en formant une sorte de bordure désignée sous le nom de

corps frangé ou corps bordant. À ces deux parties, on peut en ajouter une troisième qui se rend dans la cavité digitale, pour se confondre avec l'écorce blanche de l’ergot de Morand.

Le sommet de la voûte est une espèce de cordon médullaire, volumineux, arrondi, mais plane en haut et en avant, et divisé en deux faisceaux nommés piliers (voy. pl. 17, fig. 1), dont chacun contourne l'extrémité antérieure de la couche optique, avec laquelle il forme le trou de Monro correspondant. Examinés au-dessous de ces trous, on voit ces piliers diverger un peu derrière la commissure cérébrale antérieure, se couder, se diriger en bas et un peu en arrière, pour traverser le tuber cinereum et après y avoir décrit une espèce de 8, pour former les tubercules mamillaires, et se terminer ensuite dans les couches optiques.

Trous de Monro.—Ce sont deux petits orifices, à peu près ovalaires, situés un peu au-dessus de la commissure antérieure, formés de chaque côté par deux échancrures pratiquées sur l'extrémité antérieure de la couche optique et le pilier antérieur correspondant de la voûte, qui établissent une communication entre les ventricules latéraux et le ventricule moyen. Ces orifices sont traversés par l'extrémité antérieure des plexus choroïdes qui se rendent à la toile choroïdienne.

Page 1