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CORPS CALLEUX

(Corpus callosum, commissura maxima s. trabs cerebri.)

(PLancues XXI et XXII.)

Préparation de la planche XXE. — FIGURE 1. — Le cerveau étant dépouillé de ses membranes et placé sur sa base, écartez l’un de l’autre les hémisphères dans leur milieu de manière à apercevoir au fond de la scissure médiane le corps calleux. Ensuite faites deux incisions horizontales antéro-postérieures, l'une qui divise le lobule frontal jusqu’au niveau du genou du corps calleux, l’autre qui s'étend depuis le lobule occipital jusqu’au bourrelet. Cela fait, inproduisez avec précaution l'extrémité du doigt dans le sillon de séparation (sinus corporis callosi ) intermédiaire au corps calleux et à la circonvolution qui le contourne ; pressez doucement le fond de cet intervalle avec la pulpe du doigt, de dedans en dehors, en le promenant successivement d’avant en arrière et d’arrière en avant: de cette manière vous décollez l'hémisphère du corps calleux.

{1 importe, pour assurer le succès de cette préparation quia été indiquée par M. Foville, d’avoir à sa disposition un cerveau bien frais ou durci par l’alcool.

Un autre mode de préparation, plus généralement suivi, consiste à enlever toute la portion supérieure des hémisphères par une section horizontale pratiquée à 3 ou 5 millimètres au-dessus du corps calleux. On découvre ainsi le centre ovale de Vieussens, qui résulte lui-même de la réunion des deux noyaux médullaires hémisphéraux avec le corps calleux.

Figure 2. — Placez d’abord sur la convexité le cerveau dépouillé de ses membranes ; découvrez complétement sa base par l’ablation du cervelet et de la moelle allongée, comme dans la préparation de la planche XX de la figure 4. Faites sur toute la ligne médiane une incision verticale antéro-postérieure ; écartez et renversez du côté gauche toute la portion correspondante divisée (fig. 2), vous pénétrez dans les ventricules. Enlevez le noyau intra-ventriculaire du corps strié pour mettre à nu la face supérieure de l'épanouissement pédonculaire (couronne rayonnante de Reil) (pl. 21, fig. 2); découvrez l'étage inférieur et la cavité digitale par une section légèrement oblique, qui divise les lobules sphénoïdal et occipital.

Ensuite portez du côté droit le couteau dans la scissure de Sylvius, et enlevez par une section oblique, d’avant en arrière, la moitié inférieure des lobules sphénoïdal et occipital, pour dégager le noyau extra-ventriculaire du corps strié et la cavité digitale ; faites l’ablation de ce noyau, vous découvrez la face inférieure de l'épanouissement pédonculaire. Coupez par une section horizontale toute la portion des lobules frontaux qui est au-dessus du niveau du genou et du bec du corps calleux. On termine par l’ablation complète de la voûte à trois piliers.

Préparation de Ia planche XXHE. — Pour faire les préparations des figures de la planche XXII, qui se rapportent à l’étude du corps calleux, il est bon d’avoir recours aux procédés indiqués dans les trois préparations suivantes.

FIGURE 14. — Procurez-vous un cerveau débarrassé de son enveloppe immédiate et durci par l'alcool. Isolez d’abord cet organe des autres parties encéphaliques ; couchez-le sur un des lobes et agrandissez la scissure médiane afin d’apercevoir au fond le corps calleux ; opérez le décollement de l’autre lobe par le procédé de M. Foville, indiqué dans la figure 4 de la planche 21, de maniére a décoiffer complétement toute la portion du corps calleux qui était recouverte, pour voir la forme tricorne de cet organe. Cela fait, pratiquez dessus des entailles superficielles gui vous donnent de petites lames trés-minces de substance, dont vous complétez la séparation par la traction avec les doigts. On peut de la sorte suivre et reconnaitre la direction des fibres du corps calleux et l'épanouissement pédonculaire.

Figure 2. — Faites d’abord une coupe horizontale qui met à nu les ventricules ; enlevez complétement le lobe postérieur par une section verticale et transversale, pratiquée de chaque côté, immédiatement derrière la couche optique.

-Séparez aussi le cervelet de la moelle allongée au moyen d’une autre section faite de chaque côté sur ses trois pédoncules : découvrez les fibres rayonnées qui émergent des côtés externes des couches optiques, par l’énucléation des noyaux intra-ventriculaires des corps striés ; enlevez d’un côté les deux tubercules quadrijumeaux, la commissure formée par les faisceaux triangulaires (rubans de Reil) et la partie postérieure de la couche optique correspondante, afin de suivre les prolongements supérieurs du cervelet jusque dans le

cerveau. Pratiquez une échancrure sur l'extrémité postérieure de la couche optique du côté opposé, pour constater le trajet de la commissure cérébrale postérieure. Cela fait, vous reproduisez exactement cette figure.

Figure 3. — Sciez le crâne et l’encéphale verticalement, dans la direction dune ligne transversale, demi-circulaire, qui commence au milieu de la suture sagittale, divise les bosses pariétales et les condyles occipitaux, en passant au devant de l’apophyse mastoide; enlevez complétement la portion occipitale ; le plan vu du côté de la section donne cette figure.

Le corps calleux est une commissure transverse qui réunit l’un à l’autre les deux hémisphères cérébraux. Il est constitué principalement par l'expansion fibreuse des lobes cérébraux et par une petite portion des pédoncules cérébraux. En faisant l'étude de cet organe, isolé des autres parties, on reconnait qu'il représente, de chaque côté, une espèce de noyau tricorne, autour duquel viennent s'appliquer les deux hémisphères. Ce noyau est plus près des lobes antérieurs du cerveau que de ses lobes postérieurs et de la base que de la convexité.

La forme du corps calleux est celle d'une voûte superposée transversalement aux ventricules latéraux et moyens, de manière à former une espèce d’enveloppe à ces cavités (teyumentum ventriculorum). Plus large en arrière qu’en avant, où il est recourbé, mince et bifurqué, épais et bifide en arrière, le corps calleux est encore bifide inférieurement et sur ses côtés, pour aboutir aux lobules moyens.

On lui distingue deux faces, supérieure et inférieure; deux bords latéraux, deux extrémités et trois cornes de chaque côté.

Face supérieure du corps calleux. — Elle est convexe dans le sens antéro-postérieur, légèrement excavée sur toute la ligne médiane et un peu convexe sur les côtés. Cette face ressemble à un carré long, ayant deux prolongements antérieurs appelés cornes antérieures ou frontales, et deux postérieurs nommés cornes postérieures ou occiprtales. La partie moyenne de cette face est libre, et répond aux artères calleuses et au bord inférieur de la faux, dont elle est séparée par l’arachnoïde.

Sur la partie moyenne de cette face se trouve un sillon médian antéro-postérieur, limité de chaque côté par des stries longitudinales appelées nerfs longitudinaux de Lancisi (chorde longitudinales). Ces stries offrent une disposition variée ; unies entre elles à la partie antérieure du corps calleux, elles peuvent être simples d’un côté, et doubles de l’autre, ou même s’anastomoser ensemble pour se diviser ensuite. Ces stries coupent perpendiculairement des fibres transversales qui leur sont subjacentes (chorde@ transversales).

Sur les côtés de la ligne médiane, entre la face supérieure du corps calleux et la circonvolution qui la borde, on découvre (voy. pl. 18, fig. A) une cavité longitudinale, nommée par Vésale sinus corporis callosi, et par Sabatier, ventricule du corps calleux.

Les parties latérales de cette face, un peu bombées, sont au contraire masquées complétement par les hémisphères, et représentent un bourrelet longitudinal, arrondi,"qui répond au bord externe des couches optiques et des corps striés.

Entre les bourrelets longitudinaux et la ligne médiane, on voit de chaque côté une espèce de raphé constituant les limites du ventricule du corps calleux.

Face inférieure du corps calleux. — Plus étendue que la supérieure, et plus ou moins carrée, cette face présente, de chaque côté, trois prolongements ou cornes, à savoir : la corne antérieure ou frontale, la corne moyenne ou sphénoïdale, et la corne postérieure ou occipitale. Cette face diffère donc de la supérieure en ce quelle est tricorne de chaque côté (voy. pl. 21, fig. 2).

Sur la ligne médiane de cette face se trouve un raphé (raphe inferior), coupé perpendiculairement par des fibres transversales. Les fibres d’un côté ne sont pas la continuation de celle du côté opposé, par la raison qu'elles sont isolées l’une de l'autre par le raphé médian. D'ailleurs, elles sont moins prononcées que celles de la face supérieure.

| Les fibres transversales de cette face se prolongent vers les cornes | de chaque côté, deviennent obliques. Les faisceaux de fibres obliques | et réfléchies qui pénètrent dans les cornes postérieures, et entourent lergot de Morand ou petit hippocampe, ont été appelées forceps major Reili. Les faisceaux de fibres qui s'introduisent dans l’étage inférieur du ventricule latéral, et qui entourent la corne d’Ammon, ont été désignés sous le nom de tapetum Reilii. De chaque côté les fibres transversales de cette face ne s’anastomosent pas avec les fibres rayonnantes pédonculaires, et n’en forment pas par conséquent la continuation, par les considérations suivantes :

- 4° Les fibres du corps calleux sont plus minces que celles de I’ épanouissement pédonculaire ; 2° leur direction n’est pas la méme et ne leur permet pas de s’unir ; 3° il existe entre ces fibres un raphé qui les isole les unes des autres, raphé qu’on peut considérer comme une seconde bandelette demi-circulaire.

Cette face se confond, sur la ligne médiane et en avant, avec le bord supérieur de la cloison transparente ; en arrière, avec la voûte

à trois piliers. De chaque côté, elle est libre, constitue la paroi supérieure des étages supérieurs, contribue à la formation des étages inférieurs et des cavités digitales des ventricules latéraux, et se trouve tapissée par l’épendyme des cavités ventriculaires.

Bords latéraux. — Leur point de terminaison est encore pour les anatomistes un sujet de controverse. La plupart d’entre eux admettent que le corps calleux se perd latéralement dans l'épaisseur des hémisphères. M. Foville exprime une opinion entièrement oppsoée. Cet organe n'aurait, selon lui, aucune connexion intime avec les hémisphères. Le corps calleux serait limité sur les côtés par un bourrelet longitudinal, arrondi, correspondant au niveau du bord externe des couches optiques et des corps striés, et constitué seulement par une incurvation de haut en bas des fibres du corps calleux, qui se continuent avec les radiations des pédoncules cérébraux. Aussi M. Foville regarde-t-il le corps calleux comme une commissure formée par l'expansion pédonculaire.

Dugès, se fondant sur l'anatomie comparée, professe une autre opinion. D’après cet auteur, deux couches de fibres contitueraient le corps calleux ; les fibres de l’une remonteraient vers les circonvolutions; les fibres de l’autre descendraient sur les couches optiques pour s'unir avec les pédoncules cérébraux.

M. Cruveilhier admet une double continuité du corps calleux avec les radiations des hémisphères, et avec celles des corps striés et des couches optiques ; et il explique cette continuité par un entrecroisement qui aurait lieu de la manière suivante :

« Les fibres radiées, émanées du côté externe du corps strié et de la couche optique du côté droit, se recourbent immédiatement en dedans, se portent de droite à gauche pour constituer le corps calleux, traversent la ligne médiane; parvenues au bord gauche du corps calleux, au niveau du côté externe du corps strié et de la couche optique gauche, ces fibres au lieu de se recourber pour se continuer avec les radiations émanées du corps strié et de la couche optique, comme le dit M. Foville, s’épanouissent et vont se terminer dans les circonvolutions de l'hémisphère gauche. D’un autre côté, les radiations blanches émanées du corps strié et de la couche optique gauche se recourbent immédiatement en dedans, rencontrent au lieu de cette courbure, c’est-à-dire au niveau du bord gauche du corps calleux, les radiations émanées de la couche optique et du corps strié droit, s’entrecroisent avec elles, et, après l’entrecroisement, s’associent avec ces radiations qui leur sont parallèles, pour constituer

CERVEAU. 125 toute l'épaisseur du corps calleux, traversent avec elles la ligne médiane, et, parvenues au bord droit du corps calleux, les abandonnent pour aller s'épanouir dans l'hémisphère droit et se terminer dans les circonvolutions de cet hémisphère. Le corps calleux est donc constitué par les radiations blanches émanées des deux hémisphéres. Il y a donc entrecroisement de ces radiations dans l'épaisseur du corps calleux. Get entrecroisement n’a pas lieu sur la ligne médiane, mais bien de chaque côté de cette ligne, sur les limites externes du ventricule latéral, au côté externe des corps striés et des couches optiques, et si cet entrecroisement a échappé à l'investigation des anatomistes, c'est parce qu'il y a parallélisme entre les fibres qui se croisent.

» Cet entrecroisement, qui résulte du double fait de la continuité du corps calleux, d’une part, avec les radiations émanées des couches optiques et des corps striés, d'autre part, avec les radiations des hémisphères, et par conséquent des circonvolutions; cet entrecroisement, dis-je, explique parfaitement l'effet croisé des maladies du cerveau, et fait qu'il n’est que partiellement expliqué par l’entrecroisement des pyramides : car cet entrecroisement porte sur tous les faisceaux de la moelle qui, se prolongeant dans le cerveau, ont échappé à l’entrecroisement du collet du bulbe. »

Cette manière de voir est assurément très-ingénieuse ; mais quelque louables que soient les efforts tentés pour trouver la raison des faits pathologiques encore inexpliqués, ce point de vue n’est qu’une hypothèse ; or toute hypothèse doit être exclue du domaine de l’anatomie.

Les dissections multipliées du corps calleux, faites par divers procédés, n'ont permis de reconnaître, en effet, l'existence d’un entrecroisement de chaque côté du bourrelet longitudinal; mais le mode de lentrecroisement diffère de celui adopté par M. Cruveilhier. Avant d'en donner l'explication, il est indispensable de montrer de quelle manière je considère le corps calleux.

Get organe est constitué par un plan de couches de fibres, superposées, horizontales, curvilignes, accolées les unes aux autres, dont le nombre est indéterminé. Ge plan de fibres devient, dans son pourtour, au niveau des couches optiques et des corps striés, le point de départ des fibres rayonnées dans toutes les directions. Les unes, ascendantes, se portent vers la convexité du cerveau ; les autres, descendantes, se dirigent vers la base. Enfin, les fibres intermédiaires, horizontales, se continuent et rayonnent en avant, en arrière et sur les côtés.

Il importe aussi de rappeler en peu de mots la disposition des fibres rayonnées pédonculaires. Toutes ces fibres traversent I’ épais— seur des couches optiques et des corps striés, en formant une lame dirigée obliquement de bas en haut, et de dedans en dehors, c’est-adire la couronne rayonnante. La face inférieure de cette lame adhère au noyau extra-ventriculaire auquel elle envoie des fibres blanchatres très-déliées ; sa face supérieure donne aussi des fibres très-ténues, qui pénètrent dans tous les sens le noyau intra-ventriculaire. Ces deux ordres de fibres se terminent dans les noyaux extra et intra-ventriculaires du corps strié. Indépendamment de ces fibres, d’autres plus externes et plus grosses, après avoir traversé le corps strié, sincurvent vers la face inférieure du corps calleux et semblent se réunir, en avant, aux fibres de la face inférieure de cet organe, dont les sépare dans le reste de leur étendue une espèce de raphé. Enfin, les fibres les plus grosses et les plus nombreuses montent en rayonnant vers la convexité, où elles constituent le noyau de chaque circonvolution. C’est entre ce dernier ordre de fibres pédonculaires, c’est-à-dire celles qui rayonnent vers la convexité, et les fibres rayonnées du corps calleux, que je place cet entrecroisement. Voici comment je l’explique.

A la base du cerveau, au niveau du côté externe du noyau extraventriculaire du corps strié, les fibres pédonculaires ascendantes s’entrecroisent avec les fibres descendantes du corps calleux ; parvenues à l'extrémité antérieure du noyau intraventriculaire du corps strié, les fibres pédonculaires antérieures rencontrent aussi les fibres transverses et obliques de la portion réfléchie de cet organe, et forment avec elles un entrecroisement; enfin, arrivées au niveau des bourrelets longitudinaux, les fibres pédonculaires s’entrecroisent de nouveau avec les fibres horizontales du corps calleux.

De ce qui précède je conclus :

4° Que le corps calleux est constitué par des fibres qui aboutissent aux circonvolutions ou qui en émanent ;

2° Que les fibres de la face inférieure semblent se continuer, de chaque côté, avec les fibres radiées pédonculaires ; mais que la continuité n’est pas directe, surtout en arrière, à cause de l’existence d'un raphé sur les limites de ces deux ordres de fibres ;

3° Qu'il existe un entrecroisement au niveau des bourrelets longitudinaux, mais que cet entrecroisement a lieu entre les fibres pédonculaires et les fibres correspondantes du corps calleux ;

4° Que les pédoncules cérébraux et le corps calleux envoient des

CERVEAU. 127 expansions fibreuses dans les circonvolutions pour en constituer le noyau ; ;

5° Que le corps calleux est une véritable commissure des hémisphères, et non pas, comme le veut M. Foville, une commissure des pédoncules cérébraux.

Quant aux préparations faites par cet anatomiste pour démontrer la réalité de son assertion, je pense qu elles étaient purement artificielles et le produit de la rupture des fibres médullaires qui du corps calleux se rendent aux lobes (hémisphéres). Ge reproche me paraît d'autant plus fondé qu'il lui a été déjà adressé par MM. de Blainville et Longet.

Extrémité ou côté antérieur du corps calleux. — Echancré dans son milieu, il présente sur les côtés deux cornes, dont la proéminence dans les lobes cérébraux antérieurs ferme en avant les ventricules latéraux. Recourbée de haut en bas, entre les deux lobules frontaux (pl. 17, fig. 3, et pl. 20, fig. 3), et de plus en plus mince, cette extrémité laisse voir à sa surface la terminaison des tractus blancs longitudinaux, et va se confondre au milieu avec la lame (lame susoptique) qui sort de la commissure des nerfs optiques, et, sur les côtés, avec les fibres qui réunissent entre elles les cornes frontales et sphénoidales du corps calleux.

D’après Vicq d’Azyr, la terminaison du corps calleux aurait lieu, en avant, par deux cordons blancs, ou tractus, qu'il appelle pédoncules du corps calleux, qui vont en divergeant jusqu'à la substance perforée, près de l’origine du nerf olfactif.

Ces tractus, que j'ai rencontrés souvent, sont reproduits dans les figures 3 des planches 17 et 20.

La courbure antérieure de cette extrémité est le genou, et la portion la plus mince qui la termine, le bec.

Nous avons vu plus haut que la partie moyenne du bec aboutit à la lame sus-optique, et que ses parties latérales s’épanouissent, de chaque côté, dans les lobules frontaux, et, en partie, dans le lobule du corps strié. Ces épanouissements latéraux sont les pédoncules du corps calleux.

Extrénuté ou côté postérieur. — Nommé bourrelet à cause de son renflement qui est considérable, il est échancré dans son milieu. Des parties latérales et inférieures de cette extrémité émergent quatre cornes. Deux se prolongent dans les lobules postérieurs, les deux autres dans les lobules moyens du cerveau. L’extrémité postérieure constitue le bord supérieur de la fente médiane (portion horizontale de la grande fente cérébrale de Bichat).

L’échancrure médiane postérieure du bourrelet est la terminaison même du sillon qui sépare les tractus blancs longitudinaux (voy. l’explication de la figure 1).

CIRCONVOLUTIONS ET ANFRACTUOSITÉS DU CERVEAU. (Praxcues XXIII et XXIV.)

Préparation de Ia planche XX, — Divisez l'encéphale en deux parties égales par une section verticale antéro-postérieure.

Préparation de la plamche XXE. — Ouvrez le crâne; enlevez le cerveau et dépouillez-le de ses méninges avec précaution pour respecter l’origine des nerfs.

Les circonvolutions (gyri, meandri, processus anteroidei) sont de nombreuses saillies oblongues et ondulées, placées à la surface des lobes cérébraux et séparées par des sillons diversement profonds qu’on nomme anfractuosités (sulci). Ni les unes ni les autres n’ont la même disposition sur ces deux lobes.

Le nombre des circonvolutions et des anfractuosités est beaucoup plus considérable chez l’homme que chez les animaux ; mais il ne saurait être déterminé d’une manière précise, parce que la terminaison entre deux circonvolutions voisines n’est qu'apparente et qu'elles se continuent toujours sur un point plus ou moins éloigné.

L’étendue des circonvolutions et des anfractuosités est variable dans tous les sens et se trouve toujours en rapport direct avec le développement général du cerveau, et par conséquent avec le volume et le poids de cet organe.

On admet des cérconvolutions et des anfractuosités constantes, des circonvolutions et des anfractuosités variables.

La direction variée et la continuité des circonvolutions les ont fait comparer par les anciens aux circonvolutions intestinales (2ntestinala cerebri).

Chaque circonvolution a deux faces, un bord adhérent et un bord libre. Les faces des circonvolutions correspondantes se moulent l’une sur l’autre et sont séparées par un double feuillet de la pie-mère.

Le bord adhérent (base) de chaque circonvolution est confondu avec le noyau médullaire des lobes cérébraux. Le bord libre, visible, en général, au dehors, forme avec celui de la circonvolution contiguë une petite dépression longitudinale. D’autres petites dépressions oblongues, d’une profondeur et d’une étendue variables, sillonnent

CERVEAU. 129 dans le même sens le bord libre des circonvolutions. Tantôt la forme de ces dépressions est anguleuse et rayonnée à trois ou quatre branches ; tantôt, au contraire, c’est une dépression superficielle ou un enfoncement profond et étroit, ou bien encore cette dépression n’est qu’une simple rainure.

La rencontre de trois circonvolutions forme toujours un espace triangulaire. Petits dans l’état normal, ces espaces s’agrandissent beaucoup par suite de l’atrophie des circonvolutions.

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